Chose promise chose due comme le veut l'adage ; Cette semaine nous tenions enfin l'auteur de la grosse claque Hip Hop avec laquelle on vous bassine depuis déjà quelques semaines (mais c'est pour votre bien) : John Doe était virtuellement dans les sous-sols (ouais par téléphone quoi) !! On s'offrait donc des extraits de la compilation "Return From Tomorow (Beyond and Back)" avant de retrouver notre américain en interview puis de profiter de la tape "Abduction Of The Times 6.66" signée Mr Dibbs et d'un mini mix par Chinn Chilla pour finir, tous deux membres du collectif de Cincinnati 1200 Hobos (dont son fondateur) ...
At last !! As we promised earlier, we finally got an interview of our biggest Hip Hop slap these days : the one and only (and unfortunately quite unknown) John Doe !! We listenned a few tracks from his oldies compilation "Return From Tomorow (Beyond and Back)" and had a phone chit chat with him before to enjoy in the second part Mr Dibbs' "Abduction Of The Times 6.66" and a pretty crazy mini mix by Chinn Chilla, both from the crew from Cincinnati 1200 Hobos ...
DJ Hip Hop remarquable et remarqué par Mr. Dibbs dès 1995, il aura fallu presque deux décennies à John Doe - et deux mixtapes catégorie Premium - pour faire enfin parler de lui. Normal me direz-vous avec un blase à ce point synonyme d'anonymat. Il était donc plus que temps pour Tales From The Crate de se pencher sur le cas de ce soldat inconnu de la culture turntabliste made in USA. Entretien.
(see below for english version)
Tales From The Crate -
Tu es l'auteur des mixtapes
« Popular Fallacies » et « The Last Amateur »
, deux des meilleurs mixs Hip Hop que j'ai entendu ces derniers mois,
et pourtant tu restes relativement inconnu. Comment l'expliques-tu ?
John Doe -
Beaucoup de gens ne connaissent pas mon travail en effet, mais c'est
dû en grande partie au fait que je me considère comme le Dernier
Amateur ! Je ne suis pas du tout un professionnel du deejaying.
Je n'ai jamais bénéficié du soutien d'un label et je ne suis
associé à aucun groupe sinon le collectif 1200 Hobos de Mr. Dibbs.
Dans ces conditions, je ne suis pas étonné que peu de gens me
connaissent.
TFTC
- Pourquoi ce surnom « The Last Amateur » ?
John Doe -
C'est un nom qui me va bien. J'ai commencé à me faire appeler ainsi
dès mes débuts et je continue. C'est une bonne définition de moi.
C'est vrai que je suis le dernier amateur : aujourd'hui, tout le
monde semble s'être professionnalisé sauf moi (rires) !
Je ne joue pas très souvent, j'ai peu de dates, je ne pars pas en
tournée et j'ai un autre emploi - crois-le ou nom mais je suis
chimiste. Comme je l'ai dit, je ne suis pas très connu, mais les
gens qui s'intéressent vraiment aux mixtapes Hip Hop, au Turntablism
ou au Scratch, ceux-là me connaissent.
TFTC - Quelles sont
tes racines musicales ? Qui t'a donné envie de passer derrière
les platines ?
John Doe - Le premier DJ à
m'avoir influencé a probablement été Mr. Mixx du 2 Live Crew. J'ai
vécu en Floride à l'époque du lycée. Tu sais peut-être que c'est
en Floride que le courant Miami Bass a connu son plus fort succès et
tous les DJ's là-bas avaient une manière de scratcher extrêmement
rapide, c'est vraiment ce qui m'a plu. Bien sûr j'adore Jazzy Jeff,
Mix Master Ice, Premier ... mais la première influence, ce sont ces
DJ's scratcheurs de Miami.
C'est peut-être difficile à croire
mais je n'étais pas tellement impliqué dans la culture Hip Hop
avant la sortie du « Paid In Full » de Eric B &
Rakim. C'est là que j'ai vraiment commencé à m'intéresser au Hip
Hop, au deejaying et à la manière d'associer des morceaux.
TFTC
- Le tracklist de tes mixtapes est si riche et complexe qu'il me
paraît évident que tu édites les morceaux que tu joues, pour les
jouer ensuite sur un système DVS ... et en même temps j'ai un
doute : alors comment travailles-tu ?
John
Doe - Je n'ai même pas
d'ordinateur dans mon studio. « The Last Amateur » et
« Popullar Fallacies » ont été enregistrés sans l'aide
d'aucun logiciel. J'enregistre en analogique, uniquement à l'aide de
disques vinyle. J'ai peut-être samplé ce qui me manquait depuis
quelques cassettes mais pour l'essentiel, j'utilise disons 98% de
vinyles. En fait je ne possède même pas de Serato. Je n'en ai
jamais utilisé. Et c'est peut-être là un point important :
pas le fait que j'utilise ou non un Serato, mais c'est la raison pour
laquelle je me fais appeler le dernier amateur : la plupart des
gens avaient l'habitude de mixer sur support analogique, puis ont
découvert le Serato est ses possibilités mais moi je ne jouait pas
vraiment de toute façon ! Je n'avais vraiment pas besoin de
changer pour le DVS. C'est peut-être aussi pour cela que la mixtape
« The Last Amateur » n'a pas reçu beaucoup d'attention,
les gens s'intéressaient plus aux trucs genre mash up, moins au
turntablism comme moi je l'aime et le pratique.
TFTC
- Veux-tu dire que ton travail est moins apprécié aux États-Unis ?
John Doe
- J'ai entendu dire qu'outre Atlantique, vous aimiez le Hip Hop d'une
manière différente, comme moi je l'aime. Je commence à croire que
c'est vrai.
TFTC - A l'écoute de ton
travail, on constate la vitesse à laquelle tu rentres et sors les
morceaux. Est-ce important pour toi ? Pourquoi ?
John
Doe - De mon point de
vue, si tu laisses les morceaux trop longtemps, ça donne
l'impression que ça se traîne, c'est ennuyeux, alors je préfère
jouer très vite, dire ce que j'ai à dire, montrer ce que j'ai à
montrer, et passer au chapitre suivant.
TFTC - A ce rythme là
n'as-tu pas peur de manquer de morceaux (rires) ? John
Doe - J'ai essayé de
faire les comptes une fois, je me suis arrêté aux alentours de 250
morceaux. Je n'ai pas la patience de m'asseoir ici et de compter
combien de disques j'utilise mais je ne crois pas qu'il faille
s'inquiéter ! J'ai assez de matériel inédit pour m'attaquer à
de nouveaux mixtapes comme mes deux précédentes, pourtant parfois
j'ai la sensation que le public s'en moque, que ça n'intéressera
personne. J'aimerai beaucoup m'atteler à un nouveau projet mais ma
manière de travailler est vraiment chronophage vu que j'ai un emploi
régulier. Ça prend du temps de sortir un CD.
TFTC
- Le deejaying est-il toujours une sorte de loisirs ? C'est
difficile à croire ...
John Doe -
Et pourtant oui, il y a de ça (rires) ! Même si ces
derniers mois, j'ai été pas mal contacté à propos de « The
Last Amateur » et de « Popular Fallacies ». C'est
étrange parce que « The Last Amateur » a plu de six
ans !! Je l'ai créé tout seul et j'ai fait du mieux que je
pouvais. Je ne comprends vraiment pas pourquoi ces derniers mois les
gens s'y sont intéressé à ce point. Parfois j'ai l'impression que
j'ai fait cette mixtape pour genre, cinq personnes dans le monde
(rires).
TFTC - Ta biographie
officielle débute avec ta rencontre avec Mr. Dibbs et le collectif
1200 Hobos. Peux-tu nous en parler ?
John Doe -
Étant donné que j'aime le Hip Hop, j'avais bien entendu parlé de
Mr. Dibbs et par chance, je l'ai rencontré. Il vit dans la même
ville que moi et je n'en avais même pas idée ! Il m'a invité
chez lui - j'avais du mal à y croire ! Je savais un peu
scratcher, il m'a vu faire, m'a écouter puis il m'a dit « ça
y est, tu es des nôtres, tu es un Hobo ». Moi j'étais genre
« Wahou ! Je fais partie du truc maintenant ».
C'était en 1995.
TFTC - Peux-tu nous parler aussi de
l'émission de radio que vous avez ensuite eu ensemble ?
John
Doe - C'était une
émission sur une radio associative. Nous jouions du Hip Hop
indépendant et parfois, on prenait les platines pour scratcher. Nous
avons fait ce show pendant trois ans et j'ai adoré voir Dibbs
derrière les platines, être au contact d'un bon DJ te rend
meilleur.
TFTC - C'était un genre de camp
d'entraînement pour toi
(rires) !? John
Doe - Oui (rires) !
Il y a du vrai dans ce que tu dis !! Beaucoup de gens sont venus
au studio, ça m'a appris à gérer le stress en face d'un public et
j'y ai amélioré mon scratch. Quand tu te retrouves à coté d'un DJ
doué, tu peux ressentir son énergie dans tes propres scratchs.
TFTC - Je crois savoir
que tu as aussi tenté l'aventure DMC ... c'est exact ?
John
Doe - Oui, j'ai participé
au championnat DMC ici, à Cincinnati en 1999. C'était ma première
battle. Je n'ai pas gagné mais c'était une bonne expérience. J'ai
rencontré des gens, j'ai pu me présenter, certaines personnes se
sont souvenues de moi par la suite. Ça m'a beaucoup aidé.
TFTC
- As-tu des vidéos de tes routines, en live ou à la maison ?
John
Doe - Je pense que j'ai
une cassette vidéo quelque part mais il faudrait la numériser. Mais
j'en ai une : mon deux minutes et mon six minutes. C'est là
quelque part au studio, attendant d'être numériser. Je le ferai
peut-être, je n'ai pas honte de mes routines même si c'était il y
a longtemps. Mais d'abord il faut retrouver la cassette (rires).
TFTC - Toujours à propos de
vidéo, j'ai découvert le clip de ton morceau « Nowhere To
Run » ...
John
Doe - Non ! Tu as vu
ça aussi (rires) !? C'est moi à l'usine. J'avais cette vidéo
en tête depuis longtemps, je l'avais imaginé dans le détail alors
quand j'ai eu l'occasion de la réaliser, je n'ai pas hésité. Et
voilà le résultat. TFTC - On
a déjà évoqué la vitesse à laquelle tu mixes mais il y a autre
chose qui m'a frappé dans tes travaux : c'est le souci d'offrir
une narration. Pourquoi est-ce important pour toi ?
John
Doe - Bien sûr que c'est
important. Si je peux revenir sur quelque chose dont nous parlions
plus tôt, j'aimerai ajouter qu'outre les DJ's, c'est le fait
d'écouter des mixtapes, tout spécialement celles qui fonctionnaient
pour moi. J'écoutais et je me demandais pourquoi le DJ faisait ci ou
ça, pourquoi il mixaient tel morceau avec tel autre. Quand j'ai eu
la chance d'enregistrer ma propre mixtape, j'ai repris toutes ces
idées que j'avais eu. J'ai lu quelque part qu'un bon DJ doit être
capable de raconter une histoire avec les disques qu'il joue. Ce
n'est pas tout à fait vrai. Je pense que si tu joues 25 morceaux, tu
ne racontes rien, si tu mixe comme j’essaie de le faire, là tu
racontes une histoire. Ça fait une grosse différence. TFTC
- Qu'est-ce qu'une performance live par John Doe ?
John
Doe - Just turntables and
records. Des platines et des vinyles. Ces deux dernières années, ma
seule date a été une sorte de mini showcase que j'ai fait pour mon
anniversaire. J'ai décidé de proposer un mix de vingt minutes où
je n'ai utiliser que du vinyle, j'y ai mis du beatjuggling, j'y ai
mis du scratch, j'y ai mis des body-tricks ... c'est comme ça que je
vois un DJ set live. Le truc c'est que si tu joues pour du public,
j'aime quand mon set ressemble à ce que je propose dans mes
mixtapes. Je n'aurai jamais la patience de simplement jouer des
morceaux quatre heures durant. C'est une particularité bizarre mais
quand je propose un showcase, je veux retrouver les sensations d'une
routine DMC : les disques sur les platines, des stickers
(repères autocollant servant de repères permettant au DJ
de retrouver certains sons sur le disque -ndlr),
pas besoin d'utiliser ton casque ... c'est comme ça que j'aime
ça ! Et si tu as bien écouter ma façon de mixer, cette
rapidité dans l'enchaînement des morceaux, c'est ce que j'attends
d'un DJ set. Tu sais, je fais peu de dates, j'ai mon emploi
quotidien même si j'essaye de consacrer le plus de temps possible au
deejaying, et puis parfois tu te dis que tu n'intéresses personne.
Peut-être que l'attention que j'ai reçu ces derniers mois
m'encouragera à persévérer. TFTC
- Peux-tu me donner des nouvelles des autres Hobos ?
John
Doe - Dibbs vit à
Cincinnati comme moi mais je le vois rarement. Les autres vivent tous
aux États-Unis je crois mais j'en connais en fait très peu. J'ai
presque toujours travaillé seul, c'est pourquoi on ne trouve pas de
collaborations avec les autres membres du collectif. Dibbs vit à
quelque chose comme vingt kilomètres et pourtant nous nous voyons
très peu. TFTC - Quelle est
la suite pour toi ? Des dates, des mixtapes, des projets ?
Et où peut-on suivre tout ça ?
John
Doe - Je
suis sur Bandcamp, je suis sur Facebook, vous pouvez me suivre sur
ces sites. Le prochain projet est une compilation de quelques
productions personnelles avec des rappeurs ou des scratchs que je
crois personne n'a encore entendu. Je commence à savoir ce que
je veux pour la prochaine mixtape, presque une « Popular
Fallacies » volume deux. Mais je n'ai pas travaillé dessus ces
derniers mois. J'ai toujours beaucoup de matière première pas
encore utilisée, beaucoup de choses que je n'ai pas pu inclure dans
les mixtapes précédentes. TFTC
- Merci du temps que tu nous a accordé ...
John
Doe - Pas de problème,
j’apprécie tous les soutiens. Vraiment. Je veux dire : jamais
je n'aurai imaginé ... sérieusement, quand « The Last
Amateur » est sorti, personne n'a semblé s'y intéresser. Je
me disais : « Ok, c'était marrant » et pas plus. Et
maintenant, je reçois des messages de partout à propos de mes
travaux, du coup je suppose que les gens me sont passé à coté lors
de la sortie des mixtapes et qu'ils y reviennent. Je suis heureux que
les gens s'y intéressent et j'aime bien me dire que c'est peut-être
mérité. Quoiqu'il en soit c'est une bonne leçon de vie.
Tales From The Crate - You're the guy who made two amazing mixtapes called « Popular Fallacies » and « The Last Amateur » but you're still pretty anonymous. How do you explain that ?
John Doe - A lot of people are unfamiliar with my material most likely because I am the « Last Amateur » ! I'm not a professional DJ by any means. I didn't get a big push because I wasn't signed on any label, I wasn't associated with any groups, except for Mr. Dibbs' 1200 Hobos so I'm not kind of surprised that a lot of people are not familiar with me.
TFTC - Why this nick name you gave yourself, « The Last Amateur » which is also the name of one of your mixtapes ?
John Doe - I felt that the last amateur was a good title for myself, I used it when I started and I kept it. It's a good way to describe myself. It's true that I'm The Last Amateur : everyone these days seems to have gone professional in some sense, except for me (laughs) ! I'm really not deejaying that much, I don't have a lot of gigs, I don't go on tour and I have a regular job - believe it or not, I'm a chemist. As I said, a lot of people aren't familiar with my work but people who really are into Hip Hop mixtapes, Turntablism, scratch and everything, they know me. TFTC - What's your musical roots ? Your first influence ? Who pushed you behind the decks ?
John Doe - I would say my very first influences as a DJ was probably Mr. Mixx from 2 Live Crew. I used to live in Florida when I was in high school. You maybe know that Florida was the place the Miami Bass became really big and all the DJ's down there were scratching really fast and that what cought me. Of course I love Jazzy Jeff, Mix Master Ice, Premier ... but my main influence is Miami's DJ's.
Believe it or not, I wasn't really involved into Hip Hop culture before, I mean I was definitely interested in Hip Hop but probably not until Eric B & Rakim's « Paid In Full » came out. That was when I really started to get interested in Hip Hop, in deejaying and thinking how I can put things together.
TFTC - Your mixtapes' tracklist is so rich and complex that it's sounding like you obviously make edits, playing it with digital vinyl system but ... I don't know, how are you working ?
John Doe - No, I don't even have a computer in my studio. « The Last Amateur » and « Popullar Fallacies » were recorded without using any kind of computer software. I recorded in analog, only with vinyl records. If I don't have something, I probably sampled it from a cassette but for the most part, I used maybe 98% vinyls.
I don't even own a Serato or something. I never used it. And that's the thing ! It's not about the fact I want use a Serato or not, but that's why I'm calling myself the last amateur : people used to play analog and then they discovered new way to play with Serato but I wasn't playing at all ! There were no need to me to move over to Serato. That's maybe a reason why « The Last Amateur » mixtape didn't get that much attention, because people are more intersted by mash up and things like that, than turntablism and things like I was doing.
TFTC - Do you mean that your work isn't appreciate so much in the US ?
John Doe - I heard someone saying that overseas, people like Hip Hop the way I like Hip Hop. And I think that's true, I really do.
TFTC - It seems very important for you to blend tracks in and out really fast. Why ?
John Doe - In my opinion, if you let anyone go too long, it just seems like it might be dragging, it's boring, so I want to play pretty fast, say what I wanna, show what I wanna show and move to the next chapter.
TFTC - Aren't you afraid to not have enough tracks to make the next mixtape (laughs) !
John Doe - I tried to count my records once, and I stopped before the end around 250 tracks, I won't have patience enough to sit here and count how many records I use but I think you don't have to be scared ! I still have enough material to do another project like those two mixtapes but sometimes I'm not really sure there are people who are looking for it. I would love to make another mixtape but the way I do things is so time consuming because it's not my regular job. It takes me quite a while to put a CD out. TFTC - Is deejaying still a kind of hobby ? It's hard to believe ...
John Doe - Yes, there is still a part of it (laughs) ! Even if whitin the last two or three months, people are really been contacted me about « The Last Amateur » and « Popular Fallacies ». It strange because « The Last Amateur » is six years old !! I putted it out by myself and I did the best I could. I don't really know why in the past few months, people asked me to speak about and seemed very intersted in. Sometimes I feel that I made that CD's for maybe five people in the wolrd (laughs).
TFTC - Your official biography begins by your meeting with Mr Dibbs and the crew 1200 Hobos. Could you tell us about ?
John Doe - Because I like Hip Hop, I heard about Mr. Dibbs of course and by chance I met him. He lives in the same city as me and I have no idea ! I was invited to his house - I couldn't believe it ! I knew how to scratch a little bit, he saw me scratching and said « you're in, you're a hobo ». I was like « Wah ! I'm part of it now ». I met him in 1995.
TFTC - Could you speak me about the radio show you did run with Mr. Dibbs and the other Hobos ? John Doe - It was a community radio show. Basically we played underground Hip Hop and sometimes we took the turntables to scratch. We did the show together for three years and I loved to see Dibbs on turntables because when you scratch with a good DJ, it makes you better.
TFTC - Could I say this show was a kind of training camp for you ?
John Doe - Yeah (laughs) ! I guess you're right !! Many people who were coming to the studio, it teached me to not being nervous in front of people and made my scratch better. When you're with another skilled DJ, you can feel his energy when you're scratching too.
TFTC - Is that right that you participated to the DMC world championship ?
John Doe - Yes, I did the DMC here in Cincinnati in 1999. That was my first big battle. I didn't win but it was a good experience. I met people and introduced myself, then people knew who I was. It helped me a lot. TFTC - Do you have some video from then or did you record your routine ? John Doe - I think I have a VHS video tape somewhere but I still have to digitise it. But I do have it : my two minutes and my six minutes. It's here in the studio, somewhere, waiting to be digitise. Maybe I'll do it, I'm not ashamed of my routines even if it was years ago, but I have to find the tape first (laughs).
TFTC - Speaking about video, I also found a clip for your track « Nowhere To Run » ...
John Doe - No ! You saw that too (laughs) !? That's me at my job. I had the idea for this video, I planned it out in my head for a long time so when I had time and everything I didn't hesitate. And that's the result. TFTC - We aready spoke about how fast you are to blend tracks in and out but there is something else I felt in your mixtapes, it is the will of narration. Is that important for you to tell stories in your works ?
John Doe - Of course yes. If I can back up a little bit, I would like to say that aside from DJ's, the biggest influence for me to make mixtapes was listenning mixtapes that worked very good. I mean when I was listenning mixtapes I asked myself « why did he do this ? Why did he do that ? Why did he mix this with that ? » When it was my chance to record mixtapes, I putted all these ideas I got before. I also read somewhere that a good DJ is able to tell a story with the records he plays. That's kind of true, that's kind of not true. I think that if you play twenty-five songs, that's really not telling a story, if you do the way I do, that's telling a story. There's a huge difference, you know. TFTC - What is a live performance by John Doe ?
John Doe - Just turntables and records. In the last couple of years, the only thing I did is a kind of short showcase for my birthday. I decided to do a twenty minutes set and I used only vinyls, I did juggle, I did scratch, I did body tricks ... that's the way I do live DJ set.
The thing is if I play out live, I like it to sound a little bit like my mixtapes. I don't think I have the patience to playing songs for four hours. I know it's a weird thing of mine but if I'm doing a showcase, I want to have the feel of a DMC routine : records on turntables, everything is marked, you don't use headphones ... that's what I like to do ! And if you listen my mixtapes and the way I play songs in and out so fast, that's the way I want to play a DJ set.
You know, I really don't do a lot of gigs, I have a regular job and even if I try to dedicate as much time as I can to deejaying, and sometimes I feel that the audience isn't there. Maybe all this attention I got the last couple of months will change how I feel about it. TFTC - Can I have some news from other Hobos ?
John Doe - Dibbs lives here in Cincinnati also but I see him very rarely. The other Hobos are living in the United States but I don't really know a lot of them. I pretty much record by myself all the time, that's why my mixtapes are most often just about me. Dibbs even live in the same city than me, there maybe only twenty miles between us but I don't see him very often. TFTC - What's next ? Gigs ? Project ? Next mixtapes ? And of course where could we find you on internet ?
John Doe - I'm on Bandcamp, I'm on Facebook, check me out there. Next project is a compilation of some things I did by myself, I actually produced a few songs with different MC's from here and with scratches I think people never heard me do. I have a kind of concept for another CD, almost a kind of « Popular Fallacies » number two. But I haven't really progressed with that in the last past months. There is still a lot of material I never used in my mixtapes, a lot of outtakes too.
TFTC - Thank you to give us a little bit of your time ...
John Doe - No problem, I appreciate all the support. Really I do. I mean, I wouldn't never tought ... Ok seriously, when « The Last Amateur » came out, no one seemed to be interested. I was like : « Ok, it was fun » nothing more. And now, I receive a lot of emails and a lot of contacts about it so I guess a lot of people missed it the first time around. It's amazing, I'm happy that people checked me out and I like to think it's maybe deserved. Anyway it's a lesson.
Thanks to John Doe for his smile, time and skillz.
Interview by Reverend D, by phone, April 21st 2013.
Une émission entièrement consacrée au DJ Grazzhoppa's DJ Big Band histoire de célébrer le dixième anniversaire du plus recommandable collectif de DJ's belges !! Nous prenions alors le temps de vous présenter le crew (pour peu que ce soit encore nécessaire) avec leur bien nommé "10 Yearz Anniversary mix" aux commandes duquel on trouve Boula One, Courtasock, Yzerbeat, Mix Monster Menno, J To The C et Optimus. Pour la suite, on jetait une oreille attentive à l'album "Back 2 Scratch", dernière pépite du collectif sortie en Février 2013.
A 100% DJ Grazzhoppa's DJ Big Band to celebrate the 10th anniversary of the most recommendable belgian DJ crew !! We took time to introduce you this project (in case you need it) with their "10 Yearz Anniversary mix" featuring Boula One, Courtasock, Yzerbeat, Mix Monster Menno, J To The C and Optimus. Then we get an earful of the brand new "Back 2 Scratch" album, released in February 2013.
C'est avec un plaisir non dissimulé que nous revenions cette semaine sur un DJ ricain dont nous avions parlé il y a quelques mois déjà, un anonyme bourré de talent qui mériterait de se faire un nom, j'ai nommé l'excellent John Doe et son "The Last Amateur", mixtape vieille de six ans - nous l'apprendrions plus tard lors d'une interview du garçon - et cascade Hip Hop à l'efficacité pourtant incroyable !
La suite s'inspirait de l'émission de la semaine passée avec un retour sur le label Strange Famous Records, tout spécialement le "Reverse Discourse" d'un autre américain, Joey Beats, ici sous pseudo The Joe Beats Conspiracy ...
What a pleasure to speak you about an american DJ we already introduced you a few months ago, the unfairly unknown John Doe. This week we talked about "The Last Amateur", a six years old mixtape - that's something we didn't know before to catch him in interview - and a so tasty Hip Hop storm !
Next stop was about chill out grooves with Strange Famous Records and Joey Beats' "Reverse Discourse", here under the name The Joe Beats Conspiracy ...
Cette semaine, Tales From The Crate s'intéressait à un artiste anglais passablement inclassable, un DJ, producteur et scratcheur qui n'a pas oublié que la platine vinyle est (surtout) un instrument de musique : j'ai nommé le surprenant Buddy Peace. L'exploration de son univers méritait largement qu'on s'y colle deux heures durant, d'abord avec la beat-tape "Hot Pudding" parue l'année passée, ensuite avec un boulot un peu plus ancien et un poil plus orienté mixouille, "Wolf Diesel Mountain" datant de 2007.
Tales From The Crate focused on a british artist pretty hard to classify, a DJ, a producer and a scratcheur who knows that a turntable is first a music instrument and a way to create sound landscape : Buddy Peace. Two hours weren't too much to discover his universe, first with his "Hot Pudding" beat-tape released last year, then with a older work called "Wolf Diesel Mountain" from 2007.
Fort d'un week-end passé à envoyer du gros Funk jusqu'aux petites heures du jour dans l'un des hauts lieux de la nuit bruxelloise aux cotés de notre camarade de jeu (et néanmoins gradé) Colonel Sweetback, le Tales From The Crate de cette semaine s'ouvrait sous l'influence des envies d'encore que nous avait laissé tout ça ... c'était donc funky funky style dans les sous-sols en première partie avec un set aussi jouissif que sa source est mal définie : "Funkastic mix vol.01", un nom un peu cliché pour une mixtape où personne ne semble manquer à l'appel, de James à Lyn et de Sharon à Marvin en passant par pas mal de petits nouveaux sur le marché du groove auquel on ne résiste pas. Tout ceci est vraisemblablement à attribuer à un certain Funk On Wax ... dont on n'a toujours pas compris s'il s'agissait d'un DJ ou d'une quelconque structure (si vous avez des infos).
Pour la suite, nous changions de décennie mais pas d'état d'esprit avec un excellent DJ set du magistral Cut Chemist, "Hip Hop lives (1985-1996)", performance live offerte à l'occasion d'une soirée Afex, organisateur parmi les plus réputés de la côte Ouest des États-Unis.
After having spent our week-end to drop Funk bombs alongside our friend Colonel Sweetback in a pretty well known night place in Brussels, we opened Tales From The Crate this week with a taste of a wishful come-back ... so let's get funky funky style to begin with a crazy Funk mix called "Funkastic mix vol.01". No one is missing and you'll meet there James, Lyn, Sharon, Frank, Marvin and some others legends but also many really cool newbies. This meeting seems to be organised by Funk On Wax but we still ignore if this is a DJ, a label or something (if you have any information, we're interested). Then, we changed the decade but not the groovy style when we played a pretty cool DJ set by the legendary Cut Chemist, "Hip Hop lives (1985-1996)" played live for an Apex party, one of the best Hip Hop parties in the west coast of the United States.
Depuis la nuit des temps du marketing vestimentaire, le bon moyen d'en économiser (du moyen) est de coller vos frusques sur le dos d'un pékin plus ou moins populaire pour vous associer à ses valeurs et donc, faire paraître vos textiles complètement sains, bios, voire contre la guerre et bons pour la santé. Ça marche toujours très fort avec le sportif ; faut dire qu'il est honnête le gars, pas le genre à gruger ni à vous refourguer de la sape made in China sous prétexte qu'on lui a collé un chèque à cinq zéros sous le nez.
Beaucoup plus récemment, le statut (relativement nouveau) du DJ star a fait du pousseur de galettes une cible privilégiée des marketeux. Le hic, c'est que s'offrir papa Guetta équivaut à allonger le PIB des deux Corée, et qu'avec tous ses détracteurs, on n'est même pas sûr de son retour sur investissement. Du coup des gros malins se sont intéressés à la culture de la Street - ouaich - et sont naturellement tombés sur un animal étrange qui acceptait d'être payé en tee-shirts : le DJ turntalist.
C'est le cas de Dephect ou de Redbull par exemple qui se sont historiquement acoquinés avec le milieu Hip Hop indépendant (entre autres), en n'offrant d'ailleurs que leur produit en échange de visibilité (un sacré bon calcul, réfléchissez). Cette semaine dans Tales From The Crate, on s'intéressait à un nouveau sur le marché du DJ Street Wear : Acrylik.
Le truc de ces californiens, c'est le turntablist pur et dur avec l'organisation de concerts, de battles et même d'une session scratch une fois l'an histoire de définitivement s'acheter une crédibilité. Normal donc que leur site web propose de la mixtape, et c'est là que ça devient intéressant parce que pas mal de bonnes choses se dissimulent dans le tas, et pas seulement des inconnus (on y croise tout de même J.Rocc, Spinna ou DJ Revolution). Dans les sous-sols, notre choix s’arrêtait sur le californien DJ Turbulence qui offrait avec son "Lissen Up" une rétrospective menée à bon rythme et bourrée ras la gueule de classiques Hip Hop.
La suite c'est le français DJ P qui nous l'offrait avec la deuxième partie de sa mixtape "You Must Learn", la bien nommé "Face B". On trouve d'ailleurs sur le soundcloud du garçon un mix démo pour un contest organisé par une marque de fringues américaine : Acrylik ! La boucle est bouclée, on est vraiment trop fort ...
You're a marketing guy who want to save his money ? The easiest way is to put your product on someone who's going to wear it everywhere, a kind of living advertisement. Choose a popular sport player for example, and your bullshit (clothes, drink, travel, anything) will become healthy and will work for worldwide peace. Nothing but magic.
For a few years, the brand new successful status of Star DJ's brought a new target in town. The only problem is that having daddy Guetta needs to spend twice the korean GPD. Not a very good deal. That's why a few brands looked to the Street Culture and found a crazy animal that nobody even expected : turntablist DJ. Dephect and Redbull were some kind of pioneers this way, associating themselves with the obviously incoruptible Hip Hop Culture. But some newbies still enter the game and this week, here was a new challenger : Acrylik.
The credo of this californian street wear brand is turntablism, real one, with lives, battles, even a yearly scratch session for the street credibility. So obviously, the website is full of mixtapes, and that's why all this marketing shit began to be interesting ! We found a lot of good stuffs there with works by J.Rocc, Spinna or DJ Revolution. In Tales From The Crate, we stopped to DJ Turbulence's "Lissen Up", a good classic mix, fast, well played and full of Hip Hop hits.
Our next destination this week was France to listen (at last) DJ P's "You Must Learn" second part, called "Face B". By the way, the french DJ participated to a contest by an american clothes company called ... Acrylik ! You can find the mix on his soundcloud.
Un Tales From The Crate tout comme on aime cette semaine avec une plongée dans l'histoire (et le catalogue) de Chopped Herring Records à l'occasion de la sortie du mix de DJ Woody "Fly Fishing", tout entier consacré à la structure de Manchester.
Nous revenions ainsi sur les faits d'armes de Chubby Grooves alias Pro-Celebrity Golf, DJ mancunien, véritable célébrité locale et fondateur du label anglais ; Un trop bref historique avec en point d'orgue le génial "Three Sinister Syllabes", DJ set à quatre mains réalisé aux cotés de Jay Glaze dans la plus pure tradition du Cut-Up ...
What a lovely Tales From The Crate this week ! We dived into the history (and the library) of Chopped Heering Records in connection with the release of DJ Woody's mix called "Fly Fishing" and all composed with tracks from this british label.
It was also time to speak about Chubby Grooves aka Pro-Celebrity Golf, DJ from Manchester, local Hip Hop celebrity and founder of Chopped Herring ; A too short history and a DJ Set to conclude the show, "Three Sinister Syllabes" by Chubby Grooves and Jay Glaze, amazing Cut-Up mix that we just had to share with you ...
Vous auriez tort de croire qu'il est forcément nécessaire de cavaler outre-Atlantique pour satisfaire vos besoin de mixtapes Hip Hop US tendance productions sombres et Rap velu ; Le vieux continent s'en sort très bien aussi !! Nouvelle démonstration cette semaine dans Tales From The Crate avec le dernier set de DJ Duke, soutient platines historique du groupe Assassin et manipulateur de microsillons plus que productif à en juger par sa page Bandcamp. "Winterz Hell" - c'est le nom de la bête - est sortie mi-Février en free download et colle 22 cartouches made in USA dans les gencives des amateurs de flots énervés ... dont nous sommes évidemment !
Histoire d'enfoncer le clou, nous partions ensuite à la découverte de DJ Daredevil, londonien s'étant brièvement illustré en championnat début 2000 qui nous offrait ici avec ses "The Classix vol.01 et 02" un aperçu hautement groove de son catalogue d'influences persos ...
Some people uses to believe that you have to across the ocean to find serious US Hip Hop mixtapes, with fat production and heavy lyrics. That's a wrong answer and our old Europe is pretty fully loaded with real Hip Hop DJ's. Our new proof is the last tape by DJ Duke, DJ for french Hip Hop group called Assassin and a pretty busy guy considering his Bandcamp profil. Released on February (it's a free download fellas), "Winterz Hell" - that's the name - is a 22 tracks bomb that you have to check if you like strong flow made in USA. Then we gone to London to focus on DJ Daredevil, a british DJ and producer that we seen a little bit on ITF and DMC championships around 2001, alone or with his team. Here was about his two "The Classix" mixes, personnal testimony of his own classic influences ...
Si je vous dis Trap Music, ça vous inspire quelque chose ? Et pourtant les arpèges Electro occupant la majorité de vos écoutes nocturnes de ces six derniers mois (les productions récentes de Diplo, Baauer ou TC) sont à attribuer au mouvement Trap 2.0, une explosion Dance Music qui prend ses bases du coté du Crunk et du Hip Hop Dirty South des années 2000.
Votre retard sur la branchitude à présent rattrapé, j'en arrive à notre sonore sujet du jour : la Belgique. Enfin presque. DJ Eb Kaito en fait, fier représentant du plat pays coté platines dont nous avons bien sûr déjà parlé à propos - entre autres - d'un furieux live set en première partie de Dilated People. Bref, le garçon est aussi producteur et après de nombreuses expérimentations disponibles sur son Soundcloud, sort aujourd'hui (littéralement) son "Titi-Twister", un EP trois titres à s'offrir sur un Bandcamp flambant neuf. La Trap Music débarque de Belgique. Toute résistance est futile.
Alors, il assure ou il assure ? Passez donc lui crier votre amour sur Facebook ou sur le site du collectif Pipolass ...