Rien de moins qu'un événement cette semaine dans les sous-sols avec l'un des maxis les plus attendus de ce début d'année, "Down the road", premier EP signé C2C, l'un des plus fameux collectifs turntablist de l'hexagone (quatre fois champion du monde DMC en équipe) !
Il y a tout juste une semaine, les DJ's Greem, Atom, Pfel et 20Syl nous offraient quelques mots entre deux répétitions générales de leur live en avant première de l'énorme tournée promo qui ne manquerait pas d'accompagner la sortie de leur EP (disponible depuis le 23 Janvier) ; Une interview que nous partagions évidemment bien volontiers avec les fidèles de Tales From The Crate, accompagnée d'une poignée d'extraits du sus-nommé six titres.
Mais la France n'était pas seule à étaler ses talents aux platines puisque nous retrouvions en première partie DJ Vajra et son set hautement groove "I live for the Funk" (comme on le comprend) et pour conclure la dernière mixtape signée Lean Rock (and friends), "Year of the Horse vol.01", des sonorités BBoy dont on peine décidément à se lasser sous les voûtes crypteuses ...
Nothing but a event this week with one of the most anticipated release in scratch music : "Down the road", first EP by french turntablit crew C2C (four times DMC world champion in the team category) !
DJ's Greem, Atom, Pfel and 20Syl gave us a few words (maybe the first in their crazy promotional tour) between two studio work session, an interview that we will proud to share with Tales From The Crate's fellas (look also to the text version - french only) with a few tracks from this first 12" single.
But France wasn't alone to play with vinyl records in our underground, first with DJ Vajra's funky live mix "I live for the Funk" (what a lovely title isn't it ?), then with the mixtape "Year of the Horse vol.01" from DJ Lean Rock (and friends), BBoy and DJ that we'll never be tired about ...
Méthodologie et pédagogie dans l'étude du DJ set. Ça pourrait faire à un (bon ?) thème de mémoire, ce ne sera que celui de Tales From The Crate cette semaine !
A l'occasion de la sortie de son passionnant mix CD "Cooking Balbud" (voir chronique), Mr. Viktor nous gratifiait de sa présence dans les sous-sols. Nous parlions de la leçon donnée par son effort de studio bien sûr mais plus largement de Traumateam, Scratch Science, des clubs parisiens et de son regard sur le tablism. Sans langue de bois.
Agilité vinylisque toujours lorsque notre homme DJ Odilon prenait le relai sans transition avec son dernier set groovy "Let the Funk do the talk", ballade décontractée sur des terres où le déhanché est une religion.
Scientific study of DJ set. It should be a (good ?) master's thesis subject but only was the Tales From The Crate's summary this week.
The release of his crazy CD mix "Cooking Balbud" (check the link there) was the occasion to welcome Mr. Viktor in our basements and speak about his amazing last work of course, but also Traumateam, Scratch Science, club scene in Paris and his point of vue about turntablism. No hackneyed phrases.
Still about skills behind the decks then with our man DJ Odilon and his last mixtape "Let the Funk do the talk", pretty cool journey to a country where groove is a religion.
Alors que leur très attendu premier EP “Down The Road” sera disponible
dès demain (lundi 23 Janvier), rencontre en avant première avec les membres du plus
célèbre quartet turntablist de l’hexagone : C2C.
Tales From The Crate : Comment se sent-on à la veille de la sortie d’un EP très attendu ? D’ailleurs pourquoi un maxi et non déjà l’album ?
20Syl : C’est vrai que ce n’est pas l’album mais le
EP qui compte cinq titres qui nous appartiennent vraiment, plus un
remix. L’album est prévu pour fin Mai. Ici c’est un petit avant goût …
Et on se sent plutôt bien ! Ce qui nous stresse peut-être plus c’est le
live car c’est un gros challenge. Nous sommes fiers de cette création et
il faut maintenant être à la hauteur mardi, à Paris, devant le public.
TFTC: Puisque tu parles
de l’album, est-il prévu de le voir décliner en maxis d’ici le mois de
Mai ou n’y aura-t-il que ces six titres pour patienter d’ici là ?
Atom : C’est plutôt prévu comme ça en effet.
Peut-être lâchera-t-on un ou deux titres en écoute ou en téléchargement
d’ici le mois de Mai mais pour l’instant la grosse actualité c’est le EP
puis ce sera l’album. Entre les deux rien n’est prévu.
TFTC : Et coté live : peut-on entendre des inédits qui ne paraîtront pas sur le EP ?
Atom : Oui, il y a quelques inédits qui ne sont pas sur le EP mais que l’on joue en live.
TFTC : Pour une grande partie du
public, C2C c’est avant tout vos sets des championnats DMC qui tournent
encore abondamment sur la toile via les réseaux sociaux. Dans ces
prestations on entend on entend un Hip Hop aux influences Jazz, Soul,
Blues voire musiques latines … Musicalement, à quoi doit-on s’attendre
dans ce maxi ?
20Syl : Avec ce EP l’idée était de prolonger ce
qu’on avait fait dans les DMC mais avec toute l’expérience qu’on a
accumulé grâce aux formations Hocus Pocus ou Beat Torrent. C’était
l’occasion d’affirmer notre identité musicale sur un format beaucoup
plus long que ce qu’on pouvait faire en championnat. Un seul morceau
ici fait trois, quatre ou cinq minutes alors que lors des DMC on
tournait sur des morceaux d’une minute ou une minute trente. C’est
l’occasion de développer le propos sur la longueur et de montrer un peu
plus notre grain de son. Même si on retrouve la particularité de C2C qui
est de mélanger beaucoup de choses, on a essayé d’affirmer un son qui
est vraiment personnel.
TFTC : Comment se répartissent les influences au
sein du groupe ? Certains amènent-ils la dimension Soul, d’autres les
sonorités Jazz etc. ou êtes-vous tous assez proches dans vos influences
musicales ?
Atom : Non, c’est quand même assez partagé. On vient
tous de la même base qu’est le Hip Hop, on a démarré le scratch et le
deejaying dans ce cadre là. Après on a tous des goûts qui vont plus ou
moins dévié et c’est vrai que dans C2C on essaye de réunir tout ça. Dans
Beat Torrent on trouve plus le versant électronique ou le coté énervé
du Rock, dans Hocus Pocus ce sera plus le versant Jazz et Soul mais on
essaye toujours de mélanger tout ça, ce n’est jamais aussi clairement
réparti.
TFTC : Avec ce maxi vous proposez enfin des
morceaux, presque 14 ans après la création du collectif (en 1998),
qu’est-ce qui explique cette attente : vos seuls emplois du temps
relatifs aux formations Beat Torrent (DJ Pfel et DJ Atom) et Hocus Pocus
(DJ Greem et 20Syl) ou une digestion nécessaire après l’euphorie et le
succès qu’ont pu amener les compétitions DMC ?
20Syl : Je pense que les deux l’expliquent. Hocus
Pocus a rencontré une belle réussite à côté de laquelle on ne pouvait
pas passer puis Beat Torrent se développant a aussi connu un super
succès. A coté de ça C2C n’était pas un projet qu’on avait envie de
bosser entre deux concerts d’Hocus ou de Beat Torrent donc forcément il
fallait qu’on fasse une grosse pause et qu’on puisse prendre le temps de
le développer comme on l’avait en tête. Je mettrai donc plutôt ça sur
le compte du planning.
TFTC : Il y a une phrase qui revient souvent dans
la communication autour de la sortie du EP, c’est l’idée de boucler la
boucle. Qu’est-ce que l’on doit y voir : un retour aux sources du projet
C2C ou la fin d’un cycle et d’un projet qui représente dix ans d’une
vie ?
Greem : Non, certainement pas ! Quand on parle de
boucler la boucle c’est dans l’idée d’aller au bout de notre kif en
faisant de vrais morceaux, en construisant un album. On était tous restés
un peu sur notre faim après les championnats tous ensemble parce qu’on
avait dû reprendre les groupes qui étaient en activité et bien s’en
occuper. Je pense qu’on voit ça dans le sens faire enfin cet album dont
on a envie depuis quatre ou cinq ans, peut-être même plus … c’est comme
ça qu’il faut l’interpréter.
TFTC: Sur le maxi il y a juste un remix mais sur
l’album allez-vous travailler en featuring ? Y a-t-il des envies de
faire venir des MC’s par exemple ou souhaitez vous garder cet esprit
100% scratch dans des compositions exclusivement à quatre ?
Atom : On a quelques morceaux avec des invités même
si c’est vrai que sur le EP on ne trouve que des compositions à nous
quatre. On a des collaborations avec des chanteurs, chanteuses ou MC’s
mais on essaye toujours d’amener ces invités dans notre univers malgré
le fait qu’on entende un chanteur et que le format soit peut-être un peu
plus chanson parfois. On veut toujours amener une originalité et
imprimer la marque du groupe sur ces morceaux, à travers le scratch
notamment.
20Syl : Il y a toujours cette étape de
réinterprétation de ce que le guest a pu nous offrir. Si un rappeur
vient faire un couplet sur un morceau à nous, on va toujours
re-scratcher ses voix ou faire quelque chose pour s’approprier ce
contenu. Dans l’optique du live il faut aussi qu’on puisse l’interpréter
sur scène et aux platines seulement.
Greem : Mais tu parlais du remix aussi. On a
d’autres artistes qui ont bossé sur des remixs et on aimerait bien
mettre à disposition des pistes pour que n’importe quel artiste puisse
proposer des remixs. On trouverait ça intéressant d’offrir sur
internet les pistes séparées de certains morceaux un peu comme des MC’s peuvent
lâcher un a cappella et voir ensuite ce que ça donne.
TFTC : C’est une idée qui pourrait voir le jour sous peu ou n’est-ce encore qu’un projet ?
Atom : Non, c’est juste une idée qu’on a. Comme nous
tu as du voir ça sur internet. J’ai beaucoup vu ça sur
Soundcloud, des artistes qui lâchent des pistes séparées, on pourrait
aussi proposer ça pour que si des gens ont envie de remixer nos
morceaux, ils puissent le faire …
TFTC : Petite parenthèse strictement compétition : c’est quelque chose que vous suivez toujours ? Les championnats DMC par exemple … ?
Greem : Oui plus ou moins. On regarde ça depuis le studio (rires) !
Atom : On est régulièrement sollicités pour juger. Dernièrement on a jugé les championnats en ligne (2011 DMC Online Championship -ndlr) et forcément on suit toujours un peu le truc même si on est peut-être moins à fond dedans qu’à une époque.
Greem : Par exemple on a pas forcément regardé les shows de Kireek (duo japonais cinq fois champion du monde DMC en équipe de 2007 à 2011 -ndlr).
On a regardé DJ Vajra parce qu’on le connaît et qu’on aime beaucoup ce
qu’il fait, on était donc curieux de voir ce qu’il avait pondu pour son
six minutes et on était vraiment content de sa victoire. Mais on ne
baigne plus autant dans la compétition qu’au début des années 2000.
TFTC : Puisque tu évoques Kireek justement, ils
viennent de vous voler la couronne : vos quatre titres DMC en équipe
d’affilée était le record à battre, c’est fait avec leur cinquième
victoire en cinq ans. Est-ce que ça ne vous titille pas quelque part ?
Un peu comme une provocation ?
Atom : Noooon ! Pas du tout (rires) ! Bien sûr, il y
a un petit truc, une espèce de petite fierté comme ça … mais
honnêtement ce n’est vraiment pas important et tant mieux pour eux, on
les a rencontrés plusieurs fois et ce sont de super types. On n’en est
plus à compter le nombre de fois où on a gagné le titre mondial dans le
sens où on s’intéresse plus à faire notre album, monter un live … Pfel : Et puis les records sont faits pour être battus (rires) !
TFTC : Reconnaissez tout de même qu’elle vous
colle à la peau cette image de DJ’s de compétitions turntablist, depuis
2006 et votre dernière victoire on ne vous voit presque qu’à travers les
captures vidéo de vos prestations aux DMC. Est-ce une étiquette qui
vous pèse un peu ? Vous avez envie de changer d’air par rapport à ça ?
Greem : On considère ça encore comme une carte de
visite et c’est ce qui nous a fait connaître. Maintenant il faut passer à
l’étape où on va commencer à faire parler pour notre travail sur
l’album et ça va être un tout autre boulot. Je crois qu’on a fait nos
preuves avec les championnats, il faut laisser aux gens le temps de
découvrir autre chose de C2C.
De gauche à droite : DJ Greem, DJ Pfel, 20Syl et DJ Atom
TFTC : Je profite que vous soyez tous là pour
prendre des nouvelles de vos travaux séparément : Hocus Pocus, Beat
Torrent, un breakbeat de DJ Greem, qu’en est-il de l’actualité de chacun
indépendamment de C2C ?
Atom : C’est un peu au ralenti depuis quelques mois
et puis ça va durer encore un peu. Pour parler de Beat Torrent, on a
quelques remixs réalisés dans les derniers mois qui ne sont pas encore
sortis et apparaîtront doucement dans les prochaines semaines. Après on
pense à un album de Beat Torrent mais on ne s’y mettra pas j’imagine
avant une bonne année … Là pour l’instant c’est C2C.
Pfel : A noter un remix de Toxic Avenger par Beat Torrent qui va sortir prochainement (au mois de Février -ndlr), un pour Gush, un pour Nasser et un pour Mani, un remix de son titre Bang Bang.
TFTC : Et du coté de Hocus Pocus ?
20Syl : Pour l’instant chaque membre du groupe
construit un peu son histoire personnelle. David, le guitariste, tourne
pas mal et commence à enregistrer des morceaux pour son album.
Différents musiciens ont rejoint d’autres formations notamment Hervé, le
bassiste, qui joue avec une chanteuse nantaise qui s’appelle Élodie Rama. Moi j’ai lancé un projet de remix, sans ambition particulière,
juste pour le plaisir de composer ; Des productions que je propose en écoute sur Soundcloud.
Greem : On peut aussi retrouver les musiciens
d’Hocus Pocus avec Gwen Delabar qui va tourner avec son nouvel album. De
mon coté j’aimerai bien sortir un nouveau breakbeat, je comptais
produire une trilogie mais j’ai pris un peu de retard pour le deuxième.
Enfin, avec Atom on pensait aussi à bosser sur un projet un peu plus
dans notre délire Hip Hop 90’s, inviter des MC’s et bien sûr y
incorporer pas mal de scratchs. Mais pour ça on va prendre notre temps,
on a juste commencé à travailler dessus.
TFTC : Quelque chose à ajouter ?
20Syl : Oui, j’aimerai faire une petite dédicace à
quelqu’un qui a travaillé dur pour le live et dont on va sans doute
entendre moins parler que nous qui sommes sur scène : Rémi Paoli. C’est
lui qui a conçu tous les graphismes que l’on scratch en live, un aspect
visuel qui constitue la grosse surprise du live. Il fait vraiment partie
du groupe pour les concerts puisque c’est à lui que l’on doit toutes
les images que l’on scratch en vidéo. J’encourage tout le monde à aller
visiter son site : http://cargocollective.com/remipaoli.
Le EP "Down The Road" sera disponible dès le 23 Janvier 2012.
Merci aux membres de C2C de nous avoir offert de leur temps entre deux répétitions.
Interview by Reverend D, by phone, Junary 21th 2012.
Une fois n'est pas coutume (j'adore ces formules de vieux), cette semaine on parle Dubstep dans Tales From The Crate. Quoi !? - entends-je déjà s'indigner les plus hardcore défenseurs de l'éventail Hip Hop - Cette musique de junkie neurasthénique sous anxiolytiques ? Cet écœurant culte d'une infrabasse qui tient plus du bruit marron que de la prouesse acoustique ? Celui-là même. Et en temps normal j'aurais du mal à vous contredire sans avoir les genoux qui tremblent.
Sauf que là, on a de sacrées cartouches à vous glisser ...
Mais avant ça il faut vous mettre en condition. Tales From The Crate ou l'art des préliminaires. On ouvrait donc avec les grooves inclassables du label Finest Ego dont certains savent déjà tout le bien que l'on pense, et de leur podcast mensuel. Ici c'est Jay Scarlett qui s'y colle pour l'édition de Novembre. Celle de Janvier sera disponible sous peu, à vos clics donc.
Puis lorsque les sonorités synthétiques vous avaient suffisamment caressé le pariétal dans le sens de l'hypophyse, nous chargions sans plus de sommation avec le "Indian Spice EP", excellent maxi à quatre titres et autant de mains signé Spankbass et Ratbeat. En exclu siouplait. Le duo passait même quelques minutes en notre téléphonique compagnie pour vendre leur bébé à deux jours de sa sortie.
Enfin et afin d'achever (de convaincre) les plus récalcitrants, on s'offrait des prolongations Bass Music avec le DJ canadien Freddy J dont le récent set "Emergence" ambitionne de faire la démonstration des possibilités mélodiques d'une musique réputée de bourrins … et y réussit plutôt bien.
D'ici à ce qu'on vous récupère dégoulinant devant un soundsystem chevelu …
This week was about Dubstep. You did read well. Dubstep. I know, save one's breath, I would agree crapping on this brown note for deaf and furred hippies … except that this time, we have pretty hard club weapons to bring you !
But first, we have to make you feel the good mood. So we begun with the sweet grooves from Finest Ego's monthly podcast. You should know how much we love this label and if you don't, you'll understand with Jay Scarlett, the DJ behind this November mix. Junary podcast should be available soon, get ready to click.
As soon as you dived yourself enough in these electronic beats, we dropped you in the amazing "Indian Spice EP", hot and hard new release by Spankbass & Ratbeat. The two french producers and DJ's were with us to speak about their work and gave us the complete EP to broadcast, exclusively of course.
Still about Bass Music to close with the canadian DJ Freddy J. With his last mix "Emergence", he tried to explore the melodic way of the club bass music ... and did it well !
Une émission bourrée d'actualités pour vous accompagner en ce début d'année. Il faut dire qu'entre les dernières cartouches de 2011 et les déjà nouveautés de 2012, Tales From The Crate a (Encore ? Toujours ?) de l'item dans son caddie !
La machine promotionnelle telle qu'on la pratique aujourd'hui a le culte du bonus. Ce n'est pas nouveau mais ça n'empêche pas les inédits ainsi exhumés de dégager parfois une fraîcheur plus printanière que les éjaculations brumeuses d'un Brise mural. Ici c'était le cas d'un extrait de la tournée mondiale 2005 de C2C dont l'album maintenu en stalles jusqu'au lancement mondial le 23 Janvier constitue l'une des sorties les plus attendues de ce premier trimestre platiniste. Et en attendant de savoir de quelle manière on saura vous causer de tout ça (trop de suspens dans cette phrase), on profitait du live.
Plus synthétique s'annonçait la suite avec un crochet par la dernière sortie de DJ Mace (alias Optimace soit son duo avec Optimus : "The future is not what it used to be part 01") chez nos voisins du label Fremdtunes avant de retrouver l'électronique tourmenté de Lorn & Dolor, psychanalyse de la boîte à rythme par deux producteurs parmi les plus sombres et cérébraux de la scène actuelle. Dantesque ou parfaitement indigeste selon les sensibilités, de toute façon incontournable.
For this first show in 2012, Tales From The Crate was somewhere between the last items from the last year and the pretty hot news already available for the new one. C2C's album is one of the most anticipated release of 2012 and before to know the way we gonna speak about, we brought you their 2005 world tour live tape, fresh turntables stuff from a year which doesn't know yet the DVS hegemony.
More electronic works to continue, first with the last mix from DJ Mace, 100% remix DJ set to welcome his last release (DJ Mace & Optimus aka Optimace's ""The future is not what it used to be part 01") on Fremdtunes, then the last piece (of mind) from Lorn & Dolor, tormented beat tape by producers from the most interesting (and dark) of the Brainfeeder crew. You'll love or hate, you'll remind the journey anyway.
C'était un honneur autant qu'un plaisir de recevoir DJ Cléon, l'un des plus importants représentants de la scène Breaks / Funk coté platines françaises.
Totalement absent des médias, nous brulions de vous faire découvrir l'homme et sa musique ... que celui qui n'a jamais bougé sa tête sur un battle nous lance la première phase.
Tales From The Crate - Ton premier contact avec la Culture Hip Hop ne s'est pas faite avec le deejaying mais à travers le graffiti, ce qui nous ramène au milieu des années 80 … ?
DJ Cléon - Exactement. Mes premiers pas dans cette Culture ça a été dans le graffiti, j'ai tagué pendant pas mal d'années mais plus dès la fin des années 80, 87 en particulier. Avec mon groupe on a pas mal sévi dans la banlieue Sud-Est de Paris (rires).
TFTC - Et c'est d'ailleurs de là que te viens ce nom : Cléon. Trouve-t-on encore des fresques de l'époque où tout a-t-il été nettoyé depuis le temps ?
DJ Cléon - Pour le nom c'est ça, oui. Et on trouve encore quelques restes sur la ligne du RER D. On trouve encore quelques petits trucs, des traces … TFTC - Tu mixes depuis 1997 mais déjà à la fin des années 80 tu étais déjà un gros collectionneur de vinyles, un digger … ?
DJ Cléon - Parallèlement au graffiti j'ai toujours baigné dans la musique, je me suis toujours intéressé à la musique de cette époque là. J'ai commencé à digger dans les magasins, aux puces de Clignancourt …
TFTC - C'est toujours quelque chose que tu fais ou manques-tu de temps pour ça aujourd'hui ?
DJ Cléon - Non, j'suis toujours très actif dans ce domaine là et même, au contraire, la passion a pris de l'ampleur et je passe de plus en plus de temps à digger, chercher des disques, que ce soit dans les brocantes, vides greniers, magasins, dans les conventions, sur le net, enfin partout où il y a possibilité de trouver des disques.
TFTC - C'est d'ailleurs l'une de tes particularités de vouloir rester 100% vinyle, est-ce toujours la cas ?
DJ Cléon - Oui. Enfin c'est vrai que il y a quelques années, j'ai fait le choix d'utiliser Serato pour jouer mes productions ou mes edits, mais plus en tant que complément. Je ne suis pas fermé à la technologie mais plus pour compléter, comme un outil complémentaire qui vient s'ajouter à ce que je pourrais jouer. C'est comme ça que je vois toutes les nouvelles technologies qui sont apparues depuis quelques années. Quoiqu'il en soit c'est toujours la manière dont on exploite tout ça qui compte.
TFTC - Dès le début, tu baignes dans la culture Funk et Hip Hop et assez rapidement tu vas être identifié comme un DJ de battle avec l'aspect technique qui va avec. C'était recherché ?
DJ Cléon - C'est vrai qu'on m'a collé cette étiquette même si avant de me lancer dans les battles et d'en faire pas mal, j'ai tourné avec des groupes de Rap, j'ai eu une activité musicale avant les battles et même parallèlement, je continue à faire des concerts. Donc ça ne s'est jamais limité au milieu de la danse.
TFTC - Quels sont justement ces groupes de Rap avec lesquels tu as commencé ? Je crois que tu as fait un peu de production aussi ?
DJ Cléon - Oui un petit peu, je ne suis pas un beatmaker, je ne me suis jamais auto-proclamé producteur mais j'ai fait quelques petites productions pour des groupes.
Mon groupe attitré c'était l'Exo7, des amis avec qui j'ai fait mes premiers pas dans le Hip Hop et avec qui on a créé ce groupe en 1996 … qui n'est plus d'actualité aujourd'hui (rires). On a fait un bout de chemin ensemble.
TFTC - Je reviens un peu sur cet aspect production. Est-ce toujours d'actualité ? Il y a assez peu de morceaux à ton nom, je veux dire comme on peut en entendre sur ton MySpace par exemple ? C'est quelque chose vers quoi tu tends ?
DJ Cléon - Oui vraiment. La première démarche c'est que dès que j'ai une idée en tête j'aime bien la mener à bien, la concrétiser. J'suis avec un ami, Jazzy PidJay avec qui on a sorti le dernier 45T.
TFTC - Encore récemment y'a eu du remix pour The Incredible Funk League aussi …
DJ Cléon - Ah, la Funk League ce sont des amis ! Ils nous ont en effet invité à faire un remix pour Sadat X.
TFTC - Un remix terrible ce On & On, très jazz ! C'est surprenant d'ailleurs comme influence, non ?
DJ Cléon - Non pas du tout, les influences que j'avais dans le Hip Hop ont toujours été très jazzy. D'ailleurs la seule mixtape que j'ai sorti en 2004 avec mon ami DJ Off, c'était une mixtape Hip Hop Jazz. J'ai toujours aimé ces touches Jazz, ça va donc dans la continuité de ce que je fais … enfin je crois (rires) !
Photo by Ray Demski
TFTC - Cette mixtape de 2004 c'est la seule qui soit sorti à ton nom officiellement. N'est-ce pas dans tes envies d’éditer et sortir plus de mixs ? C'est dommage … DJ Cléon - T'as raison, c'est le seul projet mixtape qui ait vu le jour. Ce n'est pas une faute de volonté de ma part mais une question de temps. Mes semaines sont tellement chargées que j'ai du mal à m'organiser pour devenir plus productif et le peu de temps qui me reste, je le consacre essentiellement à chercher des disques. Je comprends que ce soit regrettable, c'est peut-être un tort de ma part … il faut que j'essaye d'y remédier et de m'organiser (rires) !
TFTC - Donc Cléon, plutôt un DJ a voir en live du coup. En particulier encore récemment autour des événements du Battle Of The Year, en France ou en Belgique. Depuis quand es-tu en contact avec cette organisation du BOTY ?
DJ Cléon - Les premières fois où j'y suis intervenu c'était en Belgique justement. Quand on s'est croisé en Septembre c'était donc un peu un retour (DJ Cléon était l'un des DJ's aux platines pour le BOTY Benelux le 17 Septembre 2011 au KVS à Bruxelles). La première édition que j'ai faite en France c'était il y a quelques années mais pour les qualifications Nord, jamais pour le national. La seule fois où j'ai mixé lors des finales à Montpellier pour le Battle Of The Year France, c'est en 2010, l'année dernière donc c'est encore assez récent.
TFTC - Ça doit faire vraiment plaisir de te retrouver au cœur d'un événement aussi important dans le monde de la danse Hip Hop dans la mesure où, bien qu'on t'ait collé un peu vite l'étiquette DJ de battle comme tu l'as dit tout à l'heure, tu as quand même toujours eu une certaine inclinaison pour le monde des battles ? Quelles sont tes sensations d'ailleurs quand tu fais danser les BBoys par rapport à un mix dans une soirée par exemple ?
DJ Cléon - Suivant ce que je joue j'essaye de m'imaginer ce que les danseurs peuvent ressentir même si les goûts peuvent varier, il n'y a pas une uniformité musicale dans ce domaine et tous ont plus ou moins des influences différentes. Mais j'essaye de mettre des sons qui, pour moi, sont susceptibles d'emporter les danseurs. Je suis toujours dans cette démarche, dans cette dynamique. Quand ils arrivent, il faut qu'ils se laissent emporter par la musique, qu'une alchimie s'installe. C'est simplement ça.
TFTC - C'est plus fort que dans une « simple soirée » ?
DJ Cléon - Je ne sais pas si c'est plus fort, je crois que c'est différent. Dans une simple soirée il s'agit d'un état d'esprit plus festif, plus détendu. La démarche n'est pas la même dans un battle, on reste dans un contexte de compétition donc l'état d'esprit est totalement différent. C'est tout aussi intéressant, on vient simplement pour autre chose. Ce sont forcément deux univers différents.
TFTC - C'est une pression supplémentaire aussi ?
DJ Cléon - Carrément ! Quelque part on a pas le droit à l'erreur en tant que DJ. On est là pour accompagner des danseurs qui ont travaillé dur pour en arriver là. On ne peut pas se permettre d'écart ou d'erreur dans le rôle qu'on nous a confié et ruiner les efforts de gens qui ont bossé des mois voire des années pour être là. On se doit de donner le meilleur dans ce contexte là. TFTC - C'est quoi la suite pour DJ Cléon ? Quels sont les projets ?
DJ Cléon - Je suis toujours sur un nouveau projet 7'', un petit 45 tours avec mon ami Jazzy PidJay qui devrait voir le jour si tout va bien d'ici la fin de l'année. Sinon, pas mal de battles dans les prochaines semaines, quelques soirées aussi, en France essentiellement, un peu partout en France. Pas mal de choses qui arrivent …
TFTC - Y a-t-il une page, un site internet où on peut retrouver tes prochaines dates, ton agenda à venir ?
DJ Cléon - Je suis pas très organisé alors euh … (rires). Au niveau de la communication j'ai pas mal de travail à faire, je suis pas très structuré à ce niveau là et c'est un tort. Ça me dessert mais vraiment je n'y arrive pas (rires). J'avais un MySpace mais ça fait plusieurs mois que je l'ai laissé à l'abandon, il n'est plus vraiment d'actualité le pauvre et je ne suis pas sûr qu'il serve encore à grand chose (rires) ! Mais je crois qu'il est toujours en place … Il faut que je me mette à la page sur tout ça, ce sont de bons outils, il faut que je m'y mette.
It was a honour and a great pleasure to be with DJ Cleon in Tales From The Crate, one of the most important Breaks / Funk DJ made in France.
We was so happy to make you discover both the man and the music.
Tales From The Crate - I heard that your first contact with Hip Hop Culture did not be with turntables but with graffiti, in the middle of the 80's. Is that correct ?
DJ Cleon - Yes, absolutely. I begun with graffiti, I did it for several years in the late 80's, from 1987. Me and my crew had plagued a few in South East suburbs of Paris (laughs).
TFTC - And that is where you got this name from : Cléon. Can we still see your works from these days now or is everything cleaned today ?
DJ Cleon - You're right about the name. And yes, there are still some stuffs you can see there, on the suburbs rail network, around RER D.
TFTC - You're DJ since 1997, was you already interested by music in the late 80's ?
DJ Cleon - Yes, in the same time I did graffiti, I always was in music, I always was interrested by the music of these days. I begun to look after vinyl records in shops or flea markets, in Clignacourt for example.
TFTC - Is it still the same today ? Do you find time enough ?
DJ Cleon - Yes, I'm still spending a lot of time in crate digging, looking after records. I think that the passion grew up. I'm always looking for records : in shops, flea markets, conventions, on the internet, anywhere I can find find vinyl records. TFTC - The point is that you're 100% vinyl records … ? DJ Cleon - Yes, I used to be. I have to confess that a few years ago I begun to use Serato digital system. I made the choice to use Serato to play my own edits or my own tracks, but more as an additionnal tool. I'm not against technology you know but to complete my work, something to make stuffs I can't do without. That's my point of vue about all these new technologies appeared in the last decade. Anyway, it's only your work which is important, not your tools.
TFTC - Since the beginning you was into Hip Hop and funk culture and soon, you'll be identified with the BBoy battle scene, skillz included. Was it something you was looking for ?
DJ Cleon - That's true, I was labeled as a battle Dj even if I was mixing before that, I was part of a Rap bands and made live performances with them. I had a musical existence before breakdance battles and beside of, I still make concerts. It never was all about the dance circle, you know, battles and everything.
TFTC - Who were the Rap groups that you was into and begun with ? Did you produce them ?
DJ Cleon - Yes, a little bit, I never called myself a beatmaker or a producer, but I made my first beats for these bands.
My real crew was the Exo7, there were old friends, we begun in Hip Hop together and we started a band in 1996 … which don't exist anymore (laughs). But we walked part of the way together.
TFTC - One more thing about production, do you still work on it ? You didn't release a lot, I mean there are not too many tracks available by DJ Cléon, on MySpace for example. Is it something you're still interested by ?
DJ Cleon - Yes, really ! The first step is that as soon as I have an idea in my mind, I have to work on it, to fulfil it. I use to work with a friend, Jazzy PidJay, I released the 12'' with him.
TFTC - You did a crazy remix for The Incedible Funk League together, On & On …
DJ Cleon - Yes, The funk League, there are good friends of us ! They invited us to do the remix for Sadat X.
TFTC - A really hot remix by the way, really jazzy ! Isn't this Jazz influence surprising from you ?
DJ Cleon - Not at all, my influences in Hip Hop always were really jazzy. Besides, the only mixtape I made in 2004 with my friend DJ Off was a Jazzy Hip Hop mixtape. I always loved these Jazz sounds, it's the following suite … I guess (laughs) !
TFTC - This mixtape you talk about, is the only official one which was released. Do you like theis kind of work ? It's a shame for us, I swear ! DJ Cleon - You right, that's the only mixtape I made. It's not a question of what I want to do, it's a matter of time. I use to have pretty crazy weeks and big problems when I have to organise myself to be more efficient ! I spend all my time free looking for vinyl records. I understand that people regrets to not hear more from me, maybe I'm wrong … I have to organise myself (laughs) !
TFTC - So we have to catch you in live, for example around Battle Of The Year events, in France or Belgium. Since when are you in relation with BOTY organisation ?
DJ Cleon - The funny thing is that the first time I did mix for the BOTY, it was in Belgium. When I seen you in September (DJ Cléon was behind the decks for the last Benelux BOTY final, September 17th in the KVS theater, Brussels -ed), it was a kind of … you know, I was back ! The first time in France was a few years ago for the regionals in the North, never for the nationals. I did mix only once for the finals in Montpellier, the Battle Of The Year France, it was in 2010.
TFTC - It should be a real pleasure to be called for one of the most important event in Hip Hop dance culture for a DJ like you who seems to have a special ability to make BBoys moving ! What are your fellings when during a battle,in comparison with a party mix for example ?
DJ Cleon - When I'm playing, I try to imagine what the dancers are feeling, even if our taste should be differents, there isn't only one thing to play and every BBoys have various influences. But I try to mix sounds which, for me, are able to bring them something good. I'm always thinking this way. When they're coming, they have to be gone with the music, to feel a kind of alchemy. That's all.
TFTC - Is it a stronger feeling that a party mix ?
DJ Cleon - I don't know if it's stronger, I think it's just different. In a party, it's more about have a good time. We can't forget that a battle is a championship, it's a completely different state of mind. Both are interesting but the goal is not the same. There are two very different worlds.
TFTC - Is that a different kind a pressure too ?
DJ Cleon - Of course ! You don't have the right to make a mistake as a DJ. We're here to follow dancers who worked hard to be there. You can't screw your mix and ruin the efforts of someone who worked for months, maybe years to stand here on stage. You have to give our best in a battle, nothing less.
TFTC - What's next for DJ Cleon ?
DJ Cleon - I'm working for a new 7'' with my friend Jazzy PidJay. It should be available before 2012, if everything is running good. A lot of battles in the next weeks, a few parties too, in France only. A few things to do, I'm still prettty busy …
TFTC - Is there a website where we find you next gigs, tracks, anything ?
DJ Cleon - I'm not really good about that as I said so … (laughs). I have a lot to learn about communication, I'm disorganized and it's a bad thing. But I really can't man (laughs) ! I used to be on MySpace but I didn't check it for months so I don't think it's still usefull to watch it. I even don't know if it's online anymore (laughs) ! I have to work on this, internet is a good tool, I really have to.
Thanks a lot to DJ Cleon for his time, smile, and skillz ... and exclusive set !
Interview by Reverend D, by phone, November 2nd 2011.