jeudi 31 mai 2012

Deejay Irie's interview (Tales From The Crate #125)

Deejay Irie était dans les sous-sols il y a une paire de semaines pour la sortie de son "Hectic Eclectic" troisième du nom. L'occasion d'échanger avec ce futur juré de la Beat4Battle Belgium Scratch Cup des considérations parfois éloignées de son seul univers musical ...



(See below for the english version)

Tales From The Crate - Irie, tu étais booké à Bruxelles il y a quelques jours, comment est-ce que s'est passé cette soirée ?

Deejay Irie - En effet, je suis passé Bruxelles pour jouer dans une soirée organisée par un ami à moi, mais pour être honnête c'était plus une soirée Zumba et Reggaeton et j'ai vite senti que je n'avais pas grand chose à faire sur le line up (rires) ! J'étais supposé être la tête d'affiche mais je leur ai dit franchement que si je jouait je risquais de casser la soirée dans la mesure où je n'ai ni Zumba ni autre truc du genre ...
Comme je l'ai dit c'est un très bon ami qui organisait cela et j'ai passé un excellent week-end en sa compagnie mais c'est le genre de soirée où je n'ai pas envie de remettre les pieds (rires) !!

TFTC - On te reçois dans Tales From The Crate à l'occasion de la sortie de ta nouvelle mixtape, le troisième volume de ta série "Hectic Eclectic", disponible en ligne, est-ce que tu peux nous parler de cette série, en particulier de ce nouvel opus ?

Deejay Irie - C'est une suite à mes deux mixs précédents nommés "Hectic Eclectic". Le premier date de 2008. C'était un mix que je jouait en live dans les soirées, une quarantaine de minutes 100% vinyle. Ça marchait toujours assez bien en live et j'ai donc décidé de l'enregistrer.
C'est à peu près la même histoire pour le deuxième sinon que j'ai beaucoup fréquenter les magasins de disques pour le construire. J'étais aux États-Unis avec ma copine, un voyage pour fêter nos dix ans de relation et j'ai passé la majorité du séjour chez les disquaires. Ça ne lui a pas trop plu d'ailleurs (rires) ...
Enfin pour le troisième, ça a commencé par un set que j'avais travaillé pour une prestation dans une radio, sauf que le jour où j'étais supposé jouer je n'ai eu aucune nouvelle des responsables de l'émission. Je me suis vraiment demandé ce qu'il se passait ... En tout cas ça ne s'est pas fait mais j'avais toujours ce mix d'une heure que j'avais monté et je le trouvais plutôt bon, j'ai donc décidé d'en faire un nouveau volume de "Hectic Eclectic". Tous les mixs de cette série sont d'abord des sets live auquel je rajoute quelques éléments en production ensuite pour les rendre meilleurs.

TFTC - Le premier mix faisait 1/2 heure, le deuxième plutôt 45 minutes, le nouveau une heure ... à ce rythme là le volume douze sera un mix de quatre heures !

Deejay Irie - Je ne sais pas, peut-être (rires) !! A un moment, le mix faisait presque deux heures mais j'ai pensé, non, gardons ça pour un volume ... six !?

TFTC - Au départ ces mixs sont tous réalisables sur scène, c'est important pour toi d'être capable de les jouer en vrai ?

Deejay Irie - Oui, je crois que c'est important. Le Deejaying correspond à une culture pour moi et j'ai travaillé dur pour arriver à mon niveau. Je vois plein de gens tricher dans leurs mixs. Il y a plein d'excellentes mixtapes qui sortent mais quand tu vois le gars jouer en live c'est tout pourri. Ce n'est pas honnête pour le public !
Et puis c'est un meilleur challenge pour moi. C'est bien quand tu as une mixtape avec dix pistes de scratch complètement folles qui rendent le truc très complexe mais tu dois avant tout être capable de le reproduire sur scène. C'est quelque chose que je prends très au sérieux.

TFTC - C'est une façon de penser qui résonne comme un écho de la culture Hip Hop classique, est-ce que tu te sens proche de la philosophie Old School, du 100% vinyle par exemple ?

Deejay Irie - Ce n'est pas qu'une question de support ou de culture du vinyle. Mes mixs "Hectic Eclectic" sont construits ainsi mais je joue aussi du Dubstep par exemple et là je n'ai aucun disque, ce n'est que du support digital. Donc oui, j'aime défendre ça mais d'un autre coté je ne suis pas un puriste. Au fond je crois que je vieillis tout simplement (rires) ! Je vais avoir 33 ans cette année et je viens donc de cette époque où il fallait travailler dur pour être créatif, il n'y avait pas toutes les possibilités qu'on a maintenant. C'est ce que je veux continuer de représenter.

TFTC - Voilà une quinzaine d'année que tu es DJ, ton parcours contient quelques titres dans les compétitions turntablistes, quelques belles dates aussi, depuis 2006 tu travailles avec une compagnie de théâtre (Ish) tu développes depuis quelques temps un projet avec de la vidéo ... est-ce important pour toi d'être plus qu'un DJ ? Une manière de faire la différence ?

Deejay Irie - Je crois, oui. Mais ça s'est fait comme ça. Dans la soirée dont on a parlé tout à l'heure, il y avait de très bons DJ's, mais ils étaient seulement des DJ's. Dans ma famille il y a toujours eu des artistes : ma mère est peintre, mon père aussi, il est également sculpteur. J'ai grandi entouré de gens créatifs. Ce qui compte pour moi c'est moins le résultat que le développement du projet, c'est tendre vers quelque chose de différent ou d'inédit. Je me souviens d'une interview de DJ Cash Money où il s'interrogeait sur comment réussir à être différent. Je crois que j'y pense aussi beaucoup. Parfois c'est synonyme du fait que des gens n'aiment pas ce que je fais, mais ça me va. Tant mieux si tu aimes mon travail mais sinon, c'est juste que je ne suis pas ton genre, point.

TFTC - Selon toi, n'est-ce pas suffisant d'être DJ en 2012 ?

Deejay Irie - Je suppose que ça peut suffire, mais ce n'est pas ce que je veux. Je trouve que ce n'est pas un défi suffisant. Il y a déjà assez d'excellents DJ's en activité, sans compter que ton petit voisin de cinq ans peut devenir DJ. Ou le gamin de 17 ans, là, au coin de la rue, il a deux platines CD et lui aussi est DJ. Tout le monde est DJ ! Moi même je m'appelle comme ainsi parce qu'il n'y a pas d'autre nom pour ça mais j'utilise ma platine dans un cadre bien plus artistique, avec beaucoup plus d'idées derrière ...

TFTC - Je formule ça autrement alors : n'est-ce pas suffisant d'être un bon DJ en 2012 ?

Deejay Irie - Si tu es un bon DJ, très bien, mais tu as aussi besoin d'avoir un bon réseau, ce genre de trucs. En 2012 tu dois aussi savoir comment faire ta promotion, rester indépendant, travailler avec d'autres artistes ... Sur le plan créatif être un bon DJ, ça peut suffire, malheureusement le talent ne correspond pas avec le succès. Pour un propriétaire de club, si tu n'es pas très bon aux platines mais que tu as de bonnes réactions de la part du public, si les gens te connaissent, si tu es populaire, alors il va te booker toi et pas un autre DJ pourtant bien meilleur.
Donc pour répondre à ta question : non, ça ne suffit pas d'être un bon DJ en 2012.


TFTC - Pourrais-tu nous parler de ton nouveau projet, un mix à la fois musical et vidéo ?

Deejay Irie - J'utilise le système Serato Vidéo. C'est la même chose que le Serato classique, Traktor ou n'importe quel autre logiciel DVS (Digital Vinyl System -ndlr) qui permet d'utiliser des vinyle digitaux. Ce système permet donc de manipuler des vidéos avec des platines. Chaque mouvement du disque, en avant, en arrière etc. sera reproduit à l'image.
Quand j'ai découvert ça, j'avais un peu perdu mon intérêt pour les activités de DJ et là j'avais à nouveau des possibilités incroyables à explorer, je me sentais comme un gosse !
Pour être plus précis sur ce que je fais avec tout ça, je travaille sur de prestations mixées, des showcases, pour lesquels je réfléchis à la fois sur le son et l'image. Je réalise ainsi des montages avec des extraits de films, des captures depuis Youtube ou la télévision ... ça donne des routines où je scratche à la fois la musique et la vidéo, simultanément. Mon but avec ce projet, même si c'est assez difficile à faire pour l'instant, est de raconter des histoires, de réaliser des collages avec ces extraits de culture Pop.

TFTC - Pour ce que j'en ai vu c'est moins Pop que Hip Hop !

Deejay Irie - J'ai réalisé des trucs très Pop ! Mais au final je suis mes envies qui m'entraînent vers ce que j'aime le plus et avant que je m'en aperçoive je suis en train de mixer les images du film "Wild Style" ou ce genre de choses. Mais encore une fois je ne tente pas de plaire à tout le monde ! Il y a beaucoup de DJ's vidéo aujourd'hui, ils jouent tous des trucs à la Guetta ou du même style. C'est très bien pour eux. Je ne veux pas juger mais je ne veux pas devenir ce genre de gars ...

TFTC - Qu'est-ce que tu veux devenir alors avec ce projet là ?

Deejay Irie - Une idée qui me préoccupe c'est le fait que les gens ne réfléchissent peut-être pas assez. A travers le projet vidéo, si je deviens bon et si j'arrive à bien le développer, mon objectif sera d'offrir un message fort. Après ça peut porter sur différents sujets. Par exemple j'ai fait un show en Pologne l'année dernière, c'était à propos de religion. J'ai travaillé sur la voix de George Carlin, un comédien de Stand Up qui a écrit un sketch très fort sur la religion. Je l'ai remixé, j'y ai ajouté de la musique, des images, je l'ai scratché en live ... Les réactions ont été incroyables ! J'étais super inquiet de l'accueil qu'ont allait me réserver et j'ai eu droit à une standing ovation (rires) !! Le public a adoré et j'ai réalisé alors que le public recherchait des artistes qui essayent de dire la vérité.

TFTC - C'est une posture militante que tu adoptes et c'est rare de trouver quelqu'un qui tente de faire passer un message depuis les platines, d'autant plus au delà du seul univers musical. Quel est le but que tu poursuis à travers ce genre de démarches ?

Deejay Irie - C'est vraiment une bonne question (rires) ! Peut-être l'une des plus dures qu'on m'ait posé jusqu'alors !! Donc oui, je veux profiter de mon travail pour faire passer un message mais d'un autre coté mes ambitions ne sont pas toujours tout à fait claires pour moi. Cela dépend en fait beaucoup des samples que je trouve, un peu comme un beatmaker. De temps en temps je tombe sur quelque chose et je réalise que ça correspond exactement à ce que je veux exprimer. Je suis toujours à la recherche de samples et de messages forts et c'est assez difficile de dire ce que le futur m'apportera. Je crois fermement que les gens ont envies d'entendre la vérité. Il y a trop de trucs stupides qui se disent dans les médias, ce qu'on entend à la radio ou ce qu'on voit dans les films. Hollywood produit une quantité de très mauvais films, tellement mercantiles. Il y a un public qui se nourrit de ça je suppose mais j'aimerai bien toucher ces gens et leur apporter quelque chose d'autre.
En fait je crois qu'il faudrait que j'y réfléchisse encore, c'est vraiment une question difficile (rires) ! Je ne sais pas précisément vers quoi je me dirige. Par exemple je démarre une nouvelle tournée avec la compagnie de théâtre Ish en Septembre et la pièce traite de la fin du monde, puisqu'on est en 2012 et qu'il paraît que tout doit se terminer cette année. J'ai déjà collecté tout un tas de samples autour de cette idée mais mon travail évolue sans cesse.
Parfois nous croyions que les humains sont parfaitement développés mais d'un autre coté nous sommes si facilement manipulables. Les masses sont dirigées comme des moutons et c'est assez difficile de se détacher de ces messages là dans la mesure où je fais moi-même partie de cette société. J'essaye simplement de ne pas m'arrêter de penser et d'entretenir un regard critique. Au fond les gens devraient simplement essayer de réfléchir un peu plus, c'est ce qui me semble le plus important.

TFTC - Pour revenir à des choses plus terre à terre, quelles sont les prochaines étapes pour toi ? Les prochaines dates, les prochaines sorties etc. ?

Deejay Irie - Évidemment la sortie de ma mixtape "Hectic Eclectic" vol.03, ça c'est ma grosse actualité. En Juin, je commence à travailler sur le nouveau spectacle avec Ish. Je suis très impatient. On s'est déjà revu pour en parler mais là ça deviendra sérieux ! C'est un énorme projet qui concerne une trentaine de personnes, quinze danseurs, des techniciens ... Nous sommes dans la phase de développement, c'est toujours une période passionnante mais ça me prend tout mon temps.
Je suis aussi en train de discuter avec des gens en Allemagne pour organiser des dates par là-bas même si ce n'est pas encore très concret. J'essaye vraiment de sortir des Pays-Bas ces temps-ci et d'aller jouer dans d'autres pays. C'est pour ça que je suis très heureux de ce que tu fais pour moi à Bruxelles, ça m'aide à faire partager mon travail à travers le monde. Quand j'ai entendu que tu avais joué mes précédents mixs "Hectic Eclectic" j'en ai étais très fier ! Aux Pays-Bas c'est assez difficile de trouver des gens qui s'intéressent à ce que je fais. J'ignore si c'est de ma faute ou si c'est la culture par ici mais bon, il doit bien y avoir quelqu'un quelque part dans le monde qui aime mon travail (rires) ! C'est ce qui me fait persévérer : se dire que ça plaît à certaines personnes me permet de me raccrocher à quelque chose de concret, à l'idée que je ne suis pas complètement à coté de la plaque, c'est pour ça que je suis très reconnaissant quand les gens s'intéressent ... mais ce n'était pas du tout ta question (rires) !!


Tales From The Crate - Irie, you were in Brussels a few weeks days, how was the party you played for ?

Deejay Irie - Yes, I was there a few days ago. To be honnest, it was a friend of mine who did organize the party. He's an african guy from Angola and it was more like a Zumba and Reggaeton kind of party so I felt definitely out of place (laughs) !!
He asked me to be the main DJ but I told him something like "Hey guys, if I play I gonna fuck up your party because people here don't like what I play". I don't have Zumba music or shit, you know, no Reggaeton neither. As I told you it was a very good friend of mine who organized and I had a good time with him but that's the kind of party I don't want to go anymore (laughs).

TFTC - You're with us to talk about you new mixtape, "Hectic Eclectic vol.03" so what about this serie of mixes and what about this new one ?

Deejay Irie - It's a sequel of my "Hectic Eclectic" serie which started in 2008. The first one was a 40 minutes mix I used to play live and 100% vinyl records. It worked very well live and I decided to record it.
For the second one, it was pretty much the same except that I bought a lot of new records. My girlfriend and I went to the United States for a 10 years anniversary, you know what it is, and I went to the records stores all over the place ... and she didn't like it (laughs) !!
The third one was a set for a dutch radio station, and the day when I was supposed to go there and play, they didn't call me or anything. I was really like "what's going on with these guys ?". Anyway I didn't go to the radio show but I still had a one hour set that I felt pretty good and I thought that it should be a new "Hectic Eclectic" mix.
It's important to see that my "Hectic Eclectic" mixtapes are first live mixes that I recorded making a few studio stuffs on to make them better.
TFTC - The first mix was one hour long, the second was about 45 minutes, the third one is about an hour long ... if you continue the twelfth volume will be about four hour long !?

Deejay Irie - I don't know, maybe (laughs) !! When I was working on the new mix, I had almost two hours of music but I thought that it should be good to keep it for a volume ... six !?

TFTC - As you said, all the "Hectic Eclectic" mixes are played on stage, is it important to be able to play them live ?

Deejay Irie - Yes I think it's important. I believe that Deejaying is a culture, at least for me. I worked hard to get to the level where I am and I see a lot of people faking with their recorded mixes or works. There are a lot of really cool mixtapes but when you see the guy playing live he sucks shit, you know. That's not honnest for the audience.
I think it's also challenging for myself. It's cool if you're recording a mixtape and can have something like ten different type of scratch stuffs, one on the top of another, mixing it together and make it really complicated ... but I think you have to be able to bring it live. I take that very seriously.

TFTC - Are you near from the old school way to think, using 100% vinyl records for example ?

Deejay Irie - It's not only about the vinyl culture. That's what I done with « Hectic Eclectic » mixes, but I also play Dubstep but I don't have any Dubstep vinyl record at all, it's only digital stuffs. Seriously I'm not a purist or anything like that, I'm not against the new support. I'm getting a little old you know (laughs). I'm getting 33 years old this year so I come from that era when you had to be creative and work hard to do something, with the same record than everybody else. That's what I want to represent right now.

TFTC - You're DJ from 15 years, you won a few titles in turntablist championships, you had pretty good gigs too, since 2006 you're working with a theatre company called « Ish », your new project is about video ... is it important to you to be more than a DJ ?

Deejay Irie - I think so. But I didn't make this obviously. As I told you, in this party I was in Brussels, there were really good DJ's but there are only DJ's. There are many artists in my family : my mother is a painter, my dad too and he's in sculpture and stuffs like that ... so I always grew up with creative people around me.
It's not about being something more than a DJ. I just wanna do something different. I heard DJ Cash Money once saying that he just tried to be different than the rest and that the question was about how you gonna try to do it. That's what I'm always searching for. I guess sometimes it means that some people don't like what I do but that's OK, if you like my work, that's cool, and if you don't I'm just not your guy and that's it.

TFTC - Isn't it enough to be DJ in 2012 ?

Deejay Irie - It could be but I guess that's not what I want. I think that's not challenging enough to be just a DJ. There already are really good DJ's and sometimes you're little five years old neighbour may be a DJ and the seventeen years old guy living at your street corner, he have two CD players and he's a DJ ... I can call myself a DJ because there isn't any other name for it but I try to use my turntable in a more artistic way. That's the idea behid it.

TFTC - So let's try again : isn't it enough to be a good DJ in 2012 ?

Deejay Irie - If you're a good DJ, that's cool, but you must also have a good network and stuffs like that. In 2012, you have to know how to promote yourself, be independant, maybe work with other guys or something like that ... In a creative way, it's okay for me to be a good DJ but I don't think that the best DJ will get the best gigs. For club owners, if you're not an interesting guy behind the decks but if a lot of people know you, if you're popular and if you know how to have good crowd reactions or whatever, they gonna book you ! They won't book the better DJ. So, to answer to your question : no, it's not enough to be a good DJ in 2012.


TFTC - Could you tell us more about your new project mixing music and video ?

Deejay Irie - I use a system called Serato Video. It's the same stuffs than Traktor or any DVS (Digital Vinyl System -ed) system, with digital vinyl records. Serato developped a software to play video with your turntables. So every video you have can be manipulated with your records, back and forward, and basically, that's what I'm doing.
When I started to work on this, I had lost my interest to be a regular DJ and this brought me a brand new dimension that I had no idea about. I felt like a little kid with fresh and new stuffs!
I do video shows where I put a lot of different samples from movies, television, Youtube, sometimes I record my own video, and I make kind of battle records that I can scratch like a routine with video and audio. My main goal, even if it's really hard to do, is also to tell a story with these samples, to do a real collage (in french -ed) of Pop culture ...

TFTC - What I seen and heard was less Pop than Hip Hop !!

Deejay Irie - I did some really poppy stuffs but at the end I just follow my feelings and what I like the most so before I knew I'm working with samples from the movie "Wild Style" or something like that ...
I would say again that I'm not trying to do something for the all world, if you don't like my work that's OK for me because they are a lot of video DJ's nowadays and they all ply like David Guetta and all that mess. That's OK for them, I don't want to judge or anything but I don't want to be that kind of guy.

TFTC - And what do you want to be with this project ?

Deejay Irie - I guess the main thing I'm always worry about is the lack of people thinking. If I do it well and if it grow up, I would have a good strong message, a good strong story. It's not about one subject and it could be about anything. I have this little piece I played in Poland last year, it was about religion. I did scratch with the voice of George Carlin, a Stand Up comedian who have a serious piece about religion ! I remixed it, I put some beats on it, I did some live scratching and turntablist stuffs ... and the reaction was amazing !! I was so afraid to do it and I had a standing ovation and everything (laughs) !! People really loved it. That made me realize that audience are looking for artists who tell the truth.

TFTC - It look like you're fighting something being an artist, not only as a DJ, with your video or theatre projects too. What's your goal, the deep stuff you're looking for ?

Deejay Irie - It's a really good question (laughs) ! Maybe one of best I had for a long time to be honest. So yeah, I try to have a message but what I wanna say is not always very clear for me. You know, I'm also heavily depending on samples I found, like a beatmaker. Sometimes I just stop on something and realize that what I want to tell ! I'm always looking for people and video with something to say so it's hard to say what the future is going to bring me.
I really believe that people wanna hear the truth because there is too much bullshit all over the place, almost everything you hear on the radio, what you see on movies or television ... there are some people who are feed up with this I guess but I think we have to try to speak to those people and that's what I'm trying to do.
I still have to think about it you know, but it's a good question ! I don't know where I'm really going but I'm sure to have to. I'm starting a new theatre show with Ish in September and we're talking about the end of the world. It's gonna end in 2012, that's right ? That's what they said ? So we'll talk about. I'm still collecting a lot of samples from movies ... so my point is I'm always developping my work, it's not something I really talk about clearly.
Sometimes we feel that humans are very well developped but on the other hand we so easily manipulated. Big masses are manipulated all the time and I'm probably manipulated myself because I'm living in the same society with everybody else. I'm just trying to think a little bit and people should think a little more.

TFTC - Back to Earth now : what's the next steps for you ? Next gigs or next releases ?

Deejay Irie - The new "Hectic Eclectic" of course !! In June I'll start to work on the new Ish's show. I'm pretty excited by. We already had a meeting with everybody and it's quite a large project with thirty people involved ! Fifteen dancers, a lot of technicians ... I'm working with the writers, we're still developping it at the moment and it's so interesting for me. But it takes almost all of my time.
I'm also talking with people in Germany to get more gigs there. There is nothing concrete yet, I have a show in June and it's cool, but I really try to get out from the Netherlands. That's what I'm glad to what you're doing for me, to get my work across the world. When I heard that you played my previous « Hectic Eclectic » mixes I was very happy because it's very hard for me to find someone who's interested by my work here, in Holland. I don't know if it's my mistake or if it's just about the culture over here ... but there must be someone somewhere in the world who like stuffs I do (laughs) !! That's this kind of idea which make me keep going and don't feel like I'm floating somewhere in space with no one to share my point of vue. That's why I'm very grateful of what you do ... but that wasn't your question at all (laughs) !?


Thanks to Deejay Irie for his time, smile and skillz ...

Interview by Reverend D, by phone, May 6th 2012.

lundi 28 mai 2012

#126 - Tribute to Grandmaster Roc Raida

Sans le high kick de la mort (justement) encaissé en Septembre 2009, Grandmaster Roc Raida aurait eu 40 ans ce mois-ci. L'occasion d'un double constat : 1. ne s'improvise pas David Carradine qui veut et 2. le maître manque cruellement au peuple turntabliste tout entier. Cette semaine était donc l'occasion pour Tales From The Crate de revenir sur les talents de ce demi Dieu de la platine vinyle et sur la préhistoire du Scratch contemporain avec le tribute "Roc for Raida" (vous avez saisi le brillant jeu de mots ?) réalisé en Mars par Rob Swift et rassemblant la crème de ses frères d'armes X-Ecutioners. Une saveur Old School indescriptible et un style un peu oublié ... mais pas chez nous.
Paléontologues d'un soir, nous exhumions ensuite la rarissime pépite "Next Stop Brooklyn", signée du maître disparu aux cotés de DJ The Boy et sortie en cassette à une époque que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître ...
Ce soir plus que jamais : R.I.P. Anthony Williams.




In September 2009, Grandmaster Roc Raida was kicking to death during a sport trainning. For his 40th anniversary (May, 18th 1972), there are two things to say : 1. being David Carradine is a full time job and 2. turntablist people is missing the master. So this week, Tales From The Crate was back to the skills of one of gods of turntables with the tribute "Roc for Raida" by DJ Rob Swift and a few X-Ecutioners. An Old School taste almost disappeared that people seems to have forgotten ... maybe everybody but us.
Still in a paleontologist way, we dug a really rare gems in second part : "Next Stop Brooklyn" by our Grandmaster alongside DJ The Boy, released in tape (I swear) and came from a time that people under 20 years old can't know ...
Tonight more than ever : R.I.P. Anthony Williams.

lundi 21 mai 2012

#125 - Deejay Irie, Lean Rock & Skeme Richards

Trois semaines après vous avoir briefé sur le travail de DJ Irie avec les deux premiers "Hectic Eclectic", voici que surgissait déjà le troisième opus de cette excellente série de mixtapes ... et en avant première dans les sous-sols s'il vous plait ! Et c'est avec un sens de l'hospitalité désormais légendaire que nous l'accueillions pour une interview dans les formes (et la langue de Shakespeare : Nelson Montfort syyyle !), l'occasion de parler musique bien sûr, deejaying et ... fin du monde.
Nous terminions l'émission avec les participations de Lean Rock (que j'adore définitivement pour ceux qui ne s'en seraient pas - encore - rendu compte) et Skeme Richards à la mixtape "Dream, Mobilize, Execute" disponible depuis quelques jours.

Three weeks after having introduce you DJ Irie and his two first "Hectic Eclectic" mixes, we were back this week with the brand new third opus of this excellent serie of mixtapes ... exclusively for Tales From The Crate ! Our hospitality is now legendary so you won't be surprised if I tell you that we took time to bring you an pretty cool chit chat with Irie, an interview about music of course, deejaying and ... end of the world.
Then we finished the show with Lean Rock's (I'm a real fan if you didn't understand yet) and Skeme Richards' parts of the mixtape "Dream, Mobilize, Execute" which is available online for a few days.

dimanche 13 mai 2012

#124 - Project Mooncircle, Unlog & Sur Le Beat

Cette semaine Tales From The Crate relançait ton activité cérébrale avec deux heures de ballades synthétiques oscillant entre Hip Hop, Glitch et beats plus franchement Electro. Un bal du neurone qui s'ouvrait avec la mixtape "Man On The Moon" signé Gordon Gieseking alias Gordon of Project Mooncircle, DJ, graphiste et fondateur de l'excellent label basé à Berlin. Suivaient les expériences électroniques d'un certain Archibald Singleton, un nom inédit dans les sous-sols, responsable d'un mix Unlog placé sous le signe de l'échange avec la structure Sur Le Beat dont nous prolongions l'exploration avec le tout premier podcast de ce blog canadien, toujours réalisé par Singleton, à la fois membre actif et co-créateur de cette nouvelle destination en ligne ...

Tales From The Crate woke up your brain this week with a two hours journey between Hip Hop, Glitch and Electro including "Man On The Moon" mixtape by Gordon Gieseking aka Gordon of Project Mooncircle, DJ, graphic artist and founder of this amazing Berlin based label ; And Unlog vs Sur Le Beat mix by Archibald Singleton, a new name for a new online destination (a canadian blog) that we did continue to explore with the very first podcast, produced by Singleton ...

lundi 7 mai 2012

#123 - Keor Meteor & DJ Dominiak

Cette semaine, nous n'étions pas peu fier de revenir dans ses sous-sols sur le Hip Hop du trop discret Keor Meteor ! Malgré quelques coups de projecteurs ici ou là, le producteur parisien n'avait semble-t-il jamais trouvé l'occasion de s'exprimer sur sa musique, Tales From The Crate redressait le tir avec une interview dans les règles et un set exclusif histoire de revenir sur la genèse d'une production instrumentale parmi les plus excitante du moment.
Hip Hop toujours en seconde partie avec une bonne surprise venue du bruxellois DJ Dominiak, frère d'arme d'Odilon au sein du projet Houstakerz, qui se penchait sur une sélection très Golden Era  pour son set "Hip Hop 4 Health" là où il non avait plutôt habitué à un catalogue House. Il y prenait visiblement un plaisir non dissimulé, et nous avec ...


This week we was proud to come back to the Hip Hop sound of Keor Meteor ! A few website already spoke about this french producer but anybody seems to find time to let him talk about his music. We tried to change that with an interview (the very first one ?) and an exclusive DJ set to know more about one of the most interesting instrumental production that we did hear these times.
Still Hip Hop then with a surprise by DJ Dominiak from Brussels, Odilon's partner in crime in Housetakerz project. Much more known for House mixes, he dove himself in a pretty sweet Golden Era selection with his set "Hip Hop 4 Health", a good work enjoyed by both him and us ...

samedi 5 mai 2012

Keor Meteor's interview (Tales From The Crate #123)

Bien qu'une poignée de blogs et autres sites Internet se soient déjà pencher sur le cas Keor Meteor, rien ni personne n'avait jusque là permis à ce producteur Hip Hop parisien au catalogue déjà pléthorique de s'exprimer sur sa musique. Une première dont on n'est pas peu fier dans Tales From The Crate, rencontre avec un beatmaker inspiré et vraisemblablement tombé très jeune dans un chaudron bouillant de microsillons en devenir ...


Tales From The Crate - Indispensable chapitre d'introduction pour commencer : depuis combien de temps baignes-tu dans le son et depuis combien de temps en produis-tu toi-même ?

Keor Meteor - J'écoute du Rap français principalement depuis la fin des 90's, la période qu'on a appelé l'âge d'or du Rap français, par la suite j'ai un peu élargi le champs d'intérêt en me tournant aussi vers le Hip Hop américain.
J'ai vraiment commencé la production en 2005. A la base j'étais plutôt dans le délire de créer des instrumentaux pour les rappeurs, j'ai alors bossé avec quelques artistes locaux. Et puis dans la mesure où je pense que les beatmakers doivent se construire un univers au même titre que les rappeurs, la meilleure façon de le faire c'était de travailler seul, en 2010 est donc venu le temps des beat-tapes, j'ai commencé à sortir des EP's instrumentaux avec des messages sous formes de samples de voix.
Dans le Rap le MC prend quand même toute la place et je n'étais pas certain de vouloir faire passer tel message avec telle instru, du coup j'ai préféré travailler tout seul.

TFTC - Entre tes débuts en 2005 et 2010 où tes premiers travaux personnels apparaissent sur le net, sur quoi et avec qui as-tu travaillé ?

Keor Meteor - J'ai travaillé avec des rappeurs français, entre autres avec Nill Ness pour qui j'ai réalisé entièrement l'album "Vision Urbaine" en 2007 qui s'est distribué dans la rue de la main à la main, avec Drag One en 2008, avec Lezma en 2009 ...
En fait j'ai produit plein de morceaux pour du Rap français jusqu'au moment où, ce n'est pas que ça m'a saoulé, mais j'ai préféré prendre de la distance face aux demandes des rappeurs au niveau des instrus. Les mentalités ont beaucoup évolué par rapport au Rap français disons classique, les MC's veulent des grosses rythmiques, des gros synthés, des instrus plus lourdes, presque moins musicales dans le sens où c'est vraiment du bruit maintenant (rires) !
Je voulais garder un son plus Jazz, un peu Soul, dans l'esprit du Wu-Tang, ça c'est vraiment ma came ! Ça participe au fait que le son arrive plus facilement à voyager dans le temps, un type qui aura tapé un sample vieillira mieux selon moi que des compos ... pas foireuses parce qu'il y a des bon strucs là dedans, c'est clair, mais plus électroniques.
Après ce sont les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas !

TFTC - Pour quelqu'un qui veut s'émanciper de l’ingrédient MC, tes productions sont tout de même très bavardes ! Pour ceux qui n'auraient jamais entendu ta musique, disons que si tu te passes du rappeur c'est pour glisser dans tes morceaux un tas d'enregistrements, de voix de reportages etc. Au fond tout ça reste très militant !

Keor Meteor - Oui, c'est comme ça que j'aime le Hip Hop ! C'est une culture qui se doit d'être revendicative même si ça part de plus en plus en sucette sur des trucs festifs, l'essentiel c'est pour moi de partager un message à travers tes morceaux. Étant donné que je n'arrivais pas à trouver des MC's qui pouvaient véhiculer ce type de message, soit parce que c'était trop sérieux, soit parce qu'ils se prenaient la tête, j'ai samplé ce dont j'avais besoin par moi-même. Après ça plaît, ça déplaît, peu importe, ça permet de ne pas être neutre face aux morceaux, moi j'aime quand c'est participatif, quand ça provoque des réactions ...

TFTC - A propos de réaction justement, dans la mesure où tu es extrêmement productif, à raison d'une sortie tous les deux mois voire tous les mois, tu semble vouloir bosser sur une actualité toujours immédiate. Par exemple sur "Soft Space", la première sortie de 2012, on trouvait un morceaux sur le thème de la fermeture de MegaUpload ... Est-ce important pour toi cette instantanéité dans le propos ?

Keor Meteor - C'était un événement la fermeture de MegaUpload (rires) !! Et ça véhicule tout un tas de messages alentours tu vois, tout ce qui concerne le droit de copyright sur Internet, l'argent, qu'est-ce qu'on doit payer, qu'est-ce qu'on ne doit pas payer etc. Ça soulevait un peu tout les débats, même autour des ventes de disques : est-ce qu'on continue à vendre des disques physiques ou les artistes doivent-ils se démerder pour toucher leurs droits directement et sans intermédiaire, ce qui me paraîtrait plus normal ?
Le délire des grosses maisons de disques a complètement vidé les artistes. Quand tu vois qu'un type touche péniblement 10 ou 15% sur la vente des son album c'est scandaleux ! Et ça s'applique dans tous les domaines, pour tous les gens qui créent quelque chose.

TFTC - A ce propos est-ce que la distribution de quasiment tous tes travaux en Free Download correspond à ce point de vue là ?

Keor Meteor - Ben ouais (rires) ! Aujourd'hui si tu es un auditeur passionné, il y a tellement de choix sur Internet, des types connus, d'autres pas connus du tout ... Je pense que c'est au mec qui télécharge ton album de se dire : bon j'suis plutôt à l'aise en ce moment, j'ai des thunes, j'vais investir un peu, j'vais me faire plaisir et j'vais surtout faire plaisir à des types qui se donnent du mal quoi ! Et puis celui qui n'a pas d'argent, qui bouffe des pâtes tous les jours mais qui a quand même de remplir son Ipod puisse avoir l'album aussi. L'essentiel c'est que le message passe, après gratuit ou payant ...
Il faut pas se voiler la face : je fais du sampling ! Je ne compose que mes batteries et ne paye aucun de mes samples, je ne vais pas m'approprier le droit d'autrui pour me faire de l'argent !! Il y a tout un raisonnement derrière, il faut rester logique.


TFTC - Il faut que le message passe comme tu dis, pourtant tu n'utilises que des voix anglophones alors que ne serait-ce qu'en ce moment avec la période que vit la France et les messages télévisuels qui touchent à l'absurde à un degré rarement atteint, il y aurait matière à développer ! Pourquoi ce choix de la langue de Shakespeare ? Est-ce que ça te tente d'aller sampler du français ?

Keor Meteor - Pour être franc c'est comme ça que le délire a commencé. J'ouvrais tout mes beats sur une introduction en français un peu à la manière de ce qu'on entend dans le Zapping, des faits très brefs mais qui permettent d'avoir un thème. Et puis j'ai remarqué que les français était moins friands de ça, ça les saoule un peu, la politique, le social ... c'est dommage étant donné que les rappeurs à mon sens doivent quand même véhiculé un message social, mais bon.
En travaillant avec des samples en anglais, j'ai remarqué non seulement que ça touchait plus de monde, forcément, mais que le public adhérait aussi beaucoup plus ! Mais tu sais, j'ai l'impression d'être beaucoup plus suivi par des américains, des canadiens ou des anglais que par des français, des belges ou des suisses.

TFTC - Est-ce que ça ne vient pas plus du type de Hip Hop que tu produis que de la langue que tu utilises ?La France baignant énormément dans une production plus électronique, Glitch, Dubstep etc. Alors que tu recherches un son Jazzy, rond, sonnant un peu Madlib ...

Keor Meteor - Peut-être. J'ai l'impression que la nostalgie du Old School commence un peu à fatiguer tout le monde, les mecs veulent avancer, bon ... On trouve d'ailleurs d'excellents trucs dans le Glitch, le Dubstep. Moi ce n'est pas ma came et puis c'est tout. J'ai essayé de produire des trucs dans ce genre mais je ne suis pas dedans, je n'y crois pas et ça sonne moins bien que chez d'autres producteurs.
J'ai toujours aimé écouter de la musique pendant des heures, chercher des échantillons, ça fait vraiment partie du boulot ! C'est ce qui fait la différence entre des mecs qui composent et des mecs qui font plutôt dans le sample : tu ne fais pas que sampler le morceau, tu samples l'époque, tu revisites la musique par la même occasion, ça enrichit ta culture, ça t'apporte des vibrations et à ta musique aussi par conséquent. C'est pour ça aussi que j'aime ajouter des voix, ça permet de faire ressentir cette dimension, ça participe à une ambiance globale.

TFTC - Coté collaborations ça commence à décoller un peu pour toi. Qui sont les gens avec lesquels tu travailles, MC's ou producteurs ?

Keor Meteor - En fait le site Soundcloud m'a beaucoup apporté. Tu es vraiment dans une communauté où il y a un niveau de fou ! Tu y trouves des mecs trop forts !! J'ai fait des sons avec des canadiens, des anglais, et toujours au feeling. J'essaye d'écouter beaucoup d'artistes présents sur cette plate-forme, des débutants comme des artistes confirmés, et toute cette effervescence donne des bons trucs. Par exemple je suis sur un projet avec un mec de Londres, Confucius MC, on s'était connecté sur MySpace il y a 2 ou 3 ans et puis plus rien, jusqu'à ce qu'il m’envoie douze titres énormes qu'il est en train de faire masteriser et j'attends la sortie avec impatience, ça devrait sortir bientôt.
J'ai aussi organisé un genre de concours de freestyle, j'avais plein de beats qui traînaient et j'ai invité des mecs à kicker dessus. J'ai reçu des quantités de réponses et ça n'a pas été facile de trier mais au final, je vais produire un maxi à chacun des artistes sélectionnés. Je recommencerai sûrement dans quelques mois, il faudra surveiller ça.
Mais tout ça se joue naturellement, tu m'envoies un message, je te réponds, normal. J'évite de me prendre la tête (rires) !


TFTC - Tu es un vrai bourreau de travail ! Combien de sorties as-tu à ton actif ?

Keor Meteor - Onze sorties en solo et un album, "Frozen Ennemies", avec Phorsus et CPrim3, deux MC's respectivement américain et canadien. Parallèlement à ça j'ai gagné un concours de remix pour Youssoupha, ce qui m'avait bien surpris étant donné le caractère des productions en France d'être sélectionné avec un son un peu Funky !

TFTC - Pour finir, est-ce qu'on a une chance de te voir un jour en live ou est-ce un aspect de la production qui ne t'intéresse pas pour l'instant ?

Keor Meteor - Pas pour l'instant. C'est un tout, il faudrait que je trouve quelqu'un pour m'aider à développer l'aspect visuel. J'aimerai bien proposer un aspect vidéo un peu expérimental. Je travaille déjà avec des skatters et des snowboarders, j’essaye déjà de mettre des images sur ma musique. Le live ça viendra forcément quand j'aurai trouvé un ou une bon acolyte qui comprenne ce que je recherche du coté visuel. Ça permettra de vraiment accentuer la valeur évocatrice en concert.
Je ne me vois pas tout seul sur une scène, non je ne me vois pas, vraiment ... (rires) ! Le live pour un beatmaker c'est trop souvent un truc d'initiés voire d'experts, j'aimerai bien toucher un public plus large, au delà du seul aspect technique des prestations.


Merci à Keor Meteor pour son temps, son sourire et son talent ...

Interview by Reverend D, by phone, April 30th 2012.