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jeudi 9 avril 2015

Tales From The Crate is BACK !! Episode #01 w/ Netik

Welcome les gens !! Voilà un cri qui n'avait pas retenti depuis bien (trop) longtemps ! Presque deux ans se sont écoulés depuis nos derniers échanges radiophoniques et nous n'avons pas donné grand signe de vie depuis ... un abandon que vous nous pardonnerez je l'espère aujourd'hui que sort le (nouveau) premier épisode de Tales From The Crate : nouvelle formule, nouveau format, bref, une recette enrichie avec de gros morceaux de groove et d'interview dedans.
En 2015, l'équipe ose même quitter le confort de ses sous-sols puisque chaque numéro de ces capsules sera l'occasion d'aller rencontrer un DJ / producteur / scratcheur dans son milieu naturel : studio ou domicile. Pour cette première, on ne s'est pas moqué du monde en invitant "ze ouane ande onlie" DJ Netik à se confier à nous. Rendez-vous le mois prochain pour l'épisode deux ; Nous, on sait déjà avec qui on le passera, vous, il vous faudra patienter encore un peu et d'ici là ... "abonne-toi" comme disent les jeunes !


mardi 4 juin 2013

#164 - Cuts of Culture & Mr. Thing

A l'approche de la déjà fin de saison, Tales From The Crate dégainait de la cartouche (très) haut de gamme cette semaine puisqu'on vous donnait rendez-vous dans les sous-sols avec une petite tranche d'histoire turntabliste, la bien nommée compilation "Cuts of Culture" sortie en Novembre 2005 sur le label Eclectic Breaks (structure liée à la société qui développa le Pro-X-Fade, peut-être le plus célèbre crossfader de notre univers platinesque) et doublement parrainée par l'excellent DJ 2Tall et Turntable Radio.
Référence indispensable de votre discothèque, ce "Cuts of Culture" est un instantané du paysage tabliste de son époque et un résumé de la longue liste d'invités de 2Tall sur Turntable Radio. Inutile de vous dire qu'elle vous vendra du rêve : A-Trak, C2C, Grazzhoppa, D-Styles, Daredevil, 2Tall, Damented, Lamont et j'en passe ...
Sans transition aucune, nous plongions ensuite dans de vieux mixs signés Mr. Thing des Scratch Perverts, l'un réalisé pour l'émission de John Peel sur la BBC et datant de 1997, l'autre célébrant en 2004 l'anniversaire d'un illustre équipementier sportif à trois bandes.



A few weeks only before the end of our fourth season, we dropped a legendary cartridge, a part of the turntablist history called "Cuts of Culture" and released in November 2005 on Eclectic Breaks (linked to the society which gave us the Pro-X-Fade crossfader), a project sponsored by both DJ 2Tall and Turntable Radio.
Absolute must have in your collection, this "Cuts of Culture" is a landscape of turntablism from the first half of the 2000 decade and a summary of the biggest guests came in the 2Tall's show on Turntable Radio. So many men so little time ! Have a look : A-Trak, C2C, Grazzhoppa, D-Styles, Daredevil, 2Tall, Damented, Lamont and many more ...
Without transition, we dove into two old mixes by Mr. Thing (from the Scratch Perverts) that I listenned a lot these days : one for the John Peel's BBC show from 1997 and the other to celebrate in 2004 the birthday of a famous sportwear brand (with a three lines logo).

mercredi 15 mai 2013

#162 - DJ Unkut & DJ Fly

Un Tales From The Crate plutôt futuriste cette semaine en compagnie de deux des meilleurs DJ's du monde !! Commençons avec la dernière (vraie - J'veux direqui dépasse les 20 minutes) mixtape de DJ Unkut, "Canine Madness". Le tout premier champion DMC online nous entraîne dans un voyage fou et foisonnant à travers Hip Hop, Glitch, Electronica et Dance music fantomatique ; Une pépite pleine de surprises, déconcertante mais groovy.
Puis allons danser sur le dernier set signé DJ Fly, "Warm Up Show", un mix de début de soirée entre Glitch Hop et beats électroniques à déguster entre amis, un verre à la main et sur la plus ensoleillée des terrasses de la ville ...

A pretty futuristic Tales From The Crate this week with two DJ's from the very top !! Let's begin with the last (real, - I mean more than 20 minutes long) mixtape from DJ Unkut, "Canine Madness". The very first DMC online champ brings us with him in a crazy journey trought Electro Hip Hop, Glitch, Electronica and liquid Dance music ; A really surprising mix master work, puzzling and groovy.
Then, let's dance to the new DJ Fly's mix, "Warm Up Show" which is ... a warm up as you can imagine, between Glitch Hop and electronic beats, and a great job to listen with a drink, with friends and on the sunnier terrace in town ...

mardi 1 janvier 2013

#143 - The very first mixtape of RJD2 and the last one of Mr. Freeze

Pour la dernière émission de 2012, c'est une véritable pépite qu'a exhumé Tales From The Crate ! Bien qu'il semble que la fin du monde ait finalement été ajournée, nous ne pouvions pas risquer une catastrophe sans vous avoir joué "Your Face or Your Kneecaps", toute première mixtape signée RJD2, sortie en 2001 mais plus probablement enregistrée aux alentours de 1997 et plongée dans les influences Funk et Jazz de celui qui se cache derrière "Deadringer".
Mais le changement d'année nous poussait aussi à regarder vers l'avenir, un futur où nous trouvions le dernier mix de l'ami Mr. Freeze alias Freezy The Beats qui offre avec ce "Just the time for a quick smuck" un voyage électronique étrange mais chaleureux comme il est semble-t-il l'un des rares à connaître la recette.
Enfin nous terminions avec une poignée de tracks signés Fabot, par copinage, oui, mais aussi parce qu'ils sont juste terribles.




For the last show of 2012, Tales From The Crate dug you nothing but a gems ! Even if the doomsday seemed to be put off, we had to play "Your Face or Your Kneecaps", the very first mixtape by RJD2 released in 2001 but most likely recorded around 1997, an incredible dive in the Funk and Soul influences behind "Deadringer".
The upcoming change of year also made us look to the future, where we found the last mix by our belgian friend Mr. Freeze aka Freezy The Beats who give with this "Just the time for a quick smuck" a moving and hot electronic journey as he seems to be the only one to drive to ...
Still electronic stuffs to end the show with a few tracks by Fabot that we wanted to make you listen.

lundi 10 décembre 2012

Odezenne's interview

Coincé dans les ruelles bruxelloises d'un quartier où on s'emmerde ferme, l'Atelier 210 n'a jamais été un incontournable des nuits Hip Hop de la capitale belge. La surprise n'en était que plus grande d'y croiser tout à la fois le toujours crépusculaire Veence Hanao, Mochélan, toujours aussi entraînant qu'intelligent, et les excellents frenchy Odezenne ... qu'on m'a en plus autorisé à aller chatouiller en loges micro à la main. Rencontre avec ces quatre bordelais d'adoption.


Tales From The Crate - Odezenne, Veence Hanao et Mochelan : ce soir c'est un peu la soirée Rap des gens qui n'écoutent pas de Rap. Au gré des sorties on vous accorde justement une étiquette 100% Hip Hop puis pas du tout ... est-ce que ça vous gonfle ce jeu des tiroirs où le public et la presse cherchent à vous ranger ?

Alix (MC) - A nos yeux c'est plutôt bon signe d'être difficile à catégoriser. Mais pour Odezenne ce serait plutôt le problème inverse puisqu'on nous a mis d'office dans la case Hip Hop. Dans pas mal de magasines on a eu droit à « la relève », « la renaissance », ce genre de conneries ... et c'est plutôt nous qui refusons ça parce qu'on prétend faire autre chose. Comme toutes les étiquettes c'est chiant.

TFTC - La France a-t-elle un problème avec le rap français ? Elle a Le Sept, Grems, Soklak, Fuzati, Oxmo Puccino, Rocé, Vicelow, La Fronce ... et s'entête à ne parler que d'Orelsan et du nouveau Booba.
Alix - Il y a un cap média qui est un peu compliqué à passer parce qu'effectivement les couvertures sont réservées à d'autres gens. Mais pour tous les noms que tu as cité, tout comme pour nous, avec ou sans couverture, on fait notre musique, on fait des tournées et on en vit plutôt. On n'a pas à se plaindre, il y a des gens qui nous suivent ! On vient à Bruxelles ce soir et on attend au moins 200 personnes (il y en aura finalement beaucoup plus -ndlr). Il y a de la musique qui est faite pour plaire tout de suite et à beaucoup de monde, et puis de l'autre coté du spectre il y a des choses peut-être moins accessible mais ...

Mathia (producteur et guitariste)
- ... qui plaît plus mais à moins de monde.

Alix
- Bien vu ! Mais ça nous va comme ça, on ne cherche pas à remplir les stades, sinon il nous faut faire autre chose (rires).

TFTC - Pour terminer avec les ponts ou les comparaisons sur l'échiquier Rap hexagonal, vous m'avez parfois fait penser à un autre bordelais : Grems, autant dans certains textes que dans votre approche du jeu artistique. Est-ce quelqu'un que vous connaissez ? Que vous appréciez ? Peut-être même quelqu'un qui vous a influencé ?

Alix
- On n'est pas de Bordeaux mais on y habite. Disons que le groupe Odezenne existe depuis le premier concert à Bordeaux en Avril 2007, date à laquelle on s'est tous retrouvé là-bas bien que l'on soit tous d'ici et d'ailleurs.
On ne peut pas dire que Grems nous ait inspiré, tout simplement parce qu'on n'a jamais beaucoup écouté ce qu'il faisait jusqu'à récemment même si on surveillait de loin ... enfin je dis "on" mais je devrai dire "je" : ni Mathia ni Jaco ne connaissaient. Et puis je trouve qu'on n'a pas du tout la même manière de rapper. Il est super rapide et très technique, c'est un gros performer. A part sur les morceaux « Saxophone » et « Tu Pu Du Cu » où on partage un peu sa façon de jouer avec les mots ... mais bon on a fait quarante titres et sur les quarante on en trouve deux qui font penser à ce genre d'exercice de style mais il y en a trente-huit qui n'ont rien à voir. Tu comprends donc qu'on ne puisse pas te dire que Grems nous a influencé, d'autant qu'on ne le connaissait pas trop. Par contre on l'a rencontré il y a un mois à Nîmes sur un plateau en commun et on s'est hyper bien entendu. On l'a invité à venir ce soir, on le fait également jouer lors de notre grosse soirée à Bordeaux le 15 décembre, ce qu'il a accepté. C'est une belle rencontre et quelqu'un qu'on apprécie. Je suis vraiment admiratif de sa productivité, de sa façon de faire, de simplicité et de son éthique ... après ce n'est qu'une première impression, je ne le connais pas très bien.


Mathia (à gauche) et Jaco
TFTC - Sans vouloir insister, Grems est connu pour baigner à la fois dans la musique et le graphisme (il est graffeur, illustrateur et graphiste -ndlr), c'est là encore un trait commun puisque vous entretenez des collaborations assez fidèles avec des artistes venus d'autres disciplines : Romain Winkler pour les vidéo clips, Edouard Nardon pour vos visuels ... Est-ce important de constituer ce genre de famille aux compétences variées ?

Alix
- C'est une question qu'on nous pose souvent alors qu'on est étonné que ce ne soit pas ça la règle. Quand on défend une musique on est amené à passer par des supports promo mais nous n'avons pas d'équipe marketing ou de gens chargés de la communication qui bossent pour nous. Par contre, on est entouré de plein de gens très créatifs avec qui de temps en temps on va imaginer d'investir tel ou tel support. L'image, le texte, les clips, le CD, la pochette, tout devient un espace de création.

Jaco (MC)
- Tu es obligé de faire des clips, tu es obligé d'avoir une pochette, tu es obligé de faire des flyers, tu es obligé de faire des affiches ... et plutôt que de tout charter comme tout le monde, parce qu'on estime que les gens ne regardent plus ces affiches qui se ressemblent toutes, on prend le parti de s'amuser : tu mets un chien qui te fait coucou avec un ciel bleu et un soleil derrière, les gens ne savent pas qui tu es mais ça les intriguent et ça peut même être rafraîchissant pour eux, leur décrocher un sourire.

TFTC - Depuis la sortie de l'album « OVNI » vous rencontrez un certain succès pourtant on en sait toujours assez peu sur votre biographie : pourriez vous me raconter les débuts d'Odezenne ?

Mathia
- En gros, j'étais à la Fac, je devais avoir vingt ans, Alix rentrait d'Angleterre et m'a dit « ce serait bien qu'on fasse du Rap ». On s'était connu à quinze piges et à l'époque je faisais du Rock, beaucoup d'Electro et je n'avais jamais écouté un seul disque de Rap. Donc il m'a fallu m'adapter, leur moyen d'expression passe par cette musique là et j'ai donc essayé d'en comprendre les codes mais on a toujours pensé que ces barrières étaient là pour être élargies voire cassées, d'autant plus que ce n'était pas ma vision musicale ... et au final eux ne se limitent pas à ça non plus. On a donc commencé à faire des morceaux, puis Lodjeez (le DJ -ndlr) a très vite rejoint l'écurie.


TFTC - Justement, la formation live qui casse l’éternel binôme Hip Hop scénique à savoir un DJ et un ou des MC's, est-ce volontaire de votre part ou les choses se sont-elles juste imposées comme ça ?

Jaco
- On n'a pas le choix !

Mathia -
Je suis musicien avant d'être producteur. En fait je ne me considère même pas comme producteur. Il y a la musique et les textes dans notre groupe et tout ça doit être joué, plus comme un groupe de Rock que comme du Rap. Tu parlais tout à l'heure de se positionner par rapport à l'étiquette Rap mais je me pose souvent la question suivante : si les rappeurs mettaient de la mélodie dans leur couplets, juste une pointe de mélodie, un truc à la Gainsbourg qui rappait presque, alors qu'est-ce que ce serait comme musique ? Comment l'appellerait-on ? Ce n'est pas parce que quelqu'un chante que le morceau devient une chanson. Et quand bien même, je n'ai jamais vu de bac chanson dans un magasin de disques.

Alix
- C'est un peu étrange cette question - qu'on nous pose souvent - sur la volonté de se démarquer, comme si tu pouvais avoir conscience d'un code ou d'une posture musicale, comme s'il y avait un bouquin pour t'expliquer la définition de tel ou tel genre. Il faudrait déjà avoir conscience de ce que tu veux produire, ce qui me paraît une position hyper prétentieuse, comme si tu avais un contrôle sur ta création. On est juste des potes, on fait notre truc entre nous et on n'a pas de livre de chevet qui nous dit comment faire les choses ou plutôt dans le cas présent comment ne pas les faire pour sortir du cadre.
On n'a jamais prétendu faire du Rap, on n'a jamais prétendu à quoique ce soit d'ailleurs. On a un mec qui joue de la musique, alors il joue sur scène. Lodjeez fait du scratch ? Bien. Et puis avec le temps il assume de nouveaux rôles, très bien ! Et plus ça ira, plus il fera de choses. Jaco et moi peut-être qu'un jour on se mettra à chanter ... je ne sais pas ! On n'a pas une approche à priori et surtout on n'a aucun recul sur ce que l'on fait.


Mathia
- Notre vie est un coup d'essai. C'est tenter de passer du temps en réalisant des choses, de préférence du bon temps. Pour l'instant tout ça nous paraît efficace à vivre. Pour l'instant ça vaut plus le coup de faire ça qu'autre chose. On ne gagne peut-être pas notre vie avec mais ça nous prend déjà une bonne moitié de notre journée de vingt quatre heures.

Alix
- Avant de savoir ce qu'il faut faire pour être différent ou je ne sais quoi, on fait surtout ce qu'on peut, avec ce qu'on a. Il n'y a pas plus d'ambition que ça à ce stade.

Jaco
- Tu vois, il y a une recette de la Blanquette. Tous les cuistots utilise la même. Et nous on va y mettre du bœuf, juste parce qu'on préfère le bœuf. Alors ça ne va pas avoir le même goût, ça va plaire à des gens et à d'autres pas ... Mais au final on s'en tape, parce qu'on préfère manger de la Blanquette au bœuf, parce qu'on aime ça.

Mathia
- Ça va même au delà : on ne va même pas faire de la Blanquette, on va ouvrir le frigo, mélanger des ingrédients qui nous font envie et voir ce que ça donne ... et si c'est bon on garde, que ça ressemble ou non à une recette connue.

Jaco (à gauche) et Alix
TFTC - Est-ce que c'est parce que vous êtes encore dans cette phase instinctive et expérimentale que vous proposez si peu voire pas du tout de collaborations, de « featuring » qui est un jeu auquel on se prête assez facilement dans le milieu Hip Hop ? Ou ce type de proposition ne vous intéresse-t-il juste pas ?

Jaco
- Il y a une troisième possibilité que tu oublies, c'est que personne ne nous appelle pour une collaboration, sauf certains gars avec qui on fait de l'image.

Alix
- Il a raison, on a pas tellement de propositions de ce genre mais c'est quand même arrivé et là on était un peu genre « ouais, on s'appelle mais là c'est un peu chaud en ce moment » (rires) ! On veut bien collaborer avec des gens mais il faut qu'ils comprennent l'approche qu'on a. S'ils commencent par « tiens, on va faire un morceaux de rap » c'est mort. S'ils commencent par « tiens, on va faire un morceau de rap différent » c'est encore plus mort. Tu vois ça restreint le cadre ... Si on vient nous voir avec une proposition du genre « viens, on va faire un clip où on va marcher dans la rue avec nos potes, on va faire les oufs devant la caméra en récitant des lyrics super vite » là aussi c'est mort. Du coup la question c'est avec qui on pourrait avoir envie de ça ? Avec Veence Hanao, peut-être qu'un jour on fera quelque chose parce qu'on aime bien sa façon d'écrire, que c'est un mec ouvert et qu'il n'a pas l'air tellement sûr de lui. Ça, ça nous plaît parce que nous non plus.

TFTC - Si je suis votre logique, il faudrait alors plus s'attendre à un featuring instrumental, voire un remix ...

Alix
- Pour ça il faudrait que Mathia laisse sa place, c'est pas gagné non plus (rires) ...

Mathia
- C'est clair ! Tu vois, on est tous relou (rires) ... avec un DJ plutôt.

Lodjeez
(DJ) - Non, ça m'énerverait.

Mathia
- C'est une question qui revient parce qu'on nous place d'office dans un univers Hip Hop mais ça se voit très peu dans le Rock, ou alors pour des concerts. On a quand même plus une démarche de groupe de Rock en fait. Comme Alix l' dit, on pourrait le faire avec Veence Hanao mais naturellement ni l'un ni l'autre on ne se l'ait proposé alors qu'on apprécie son travail et réciproquement. On se cherche déjà tellement. C'est dur de nous plaire à nous. Quand tu écoute la grande musique, les grands paroliers, il y a quelque chose qui se passe et quand tu fais de la musique c'est pour essayer de retrouver ce que tu as vécu et compris à travers ça. Il faut que ça nous donne le même frisson sinon c'est raté. Du coup tu avoueras qu'on est loin de la démarche « j'vais faire un feat avec lui, ce sera super ».

Alix
- Il ne faut pas oublier qu'à la base, ces histoires de featuring ou de collaborations ont été inventé par des mecs dans des bureaux marketing pour des plans stratégiques et pour aller croiser les publics de deux artistes. Ce sont des mauvaises raisons. Concrètement, les vrais duos, les vraies rencontres musicales, se comptent sur les doigts de la main dans une carrière. Un jour on aura naturellement envie de ça mais c'est aussi normal qu'on en ponde pas à tout bout de champs. On n'a pas d'objectif de vente, de rentabilité, on n'a pas envie d'aller séduire des gens en allant draguer tel ou tel interprète, parce que c'est de ça dont il s'agit ! Tu prends deux mecs qui font un vague buzz chacun de leur coté, ils ont 20% de public en commun et tu les fais chanter ensemble pour vendre un maximum. Ce sont juste des décisions stratégiques. On a rencontré un directeur artistique chez Columbia et le mec nous expliquait que si on voulait montrer qu'on était plutôt orienté chanson, on pouvait envisager un featuring avec Camille ... non mais sans déconner, il faut arrêter le délire, on fait de la musique, c'est tout.


TFTC - Rayon potins : vous avez démarré sous le pseudo O2zen avant de devenir Odezenne en toutes lettres ... pourquoi ?

Alix
- Odezenne, c'était le nom d'une dame. Elle s'appelait madame Odezenne, comme on l'écrit actuellement. Entre temps on a eu ce petit écart de mauvais goût, ce jeu de mot merdique comme font tous les coiffeurs ou les esthéticiennes tu vois : « Épile et face » et O2zen, même combat (rires) ...

Mathia
- On s'est repris juste à temps avant la sortie de l'album, après ça aurait été trop tard.

TFTC - Vous êtes presque au bout de votre tournée qui dure depuis des mois. La suite pour vous, c'est quoi ?

Alix
- La fin de la tournée d'abord, on fait attention à chaque concert. Ce soir c'est Bruxelles et ça nous paraît super étrange. T'as beau savoir que t'es plus ou moins tête d'affiche et que la plupart des gens dans la salle ont sorti leurs dix balles pour te voir toi, ça reste bizarre de se dire que si loin de chez toi tu fais déplacer 200, peut-être 300 personnes. Donc on va essayer de faire ça bien. Ensuite il reste Grenoble, Lyon puis notre grosse soirée à Bordeaux le 15 décembre qui s'appelle OVNI Orgie Party pour laquelle on invite tous les gens avec qui on a bossé depuis deux ans : les photographes, les réalisateurs, les peintres ... ça va être une grosse soirée, de 19H à 5H du matin dans un centre culturel qui est énorme et peut accueillir jusqu'à 1500 personnes. On mise beaucoup sur cette soirée, on a passé beaucoup de temps à l'organiser.
Et après ça c'est création : retour à l'écriture, à la composition ... Bon d'abord c'est quatre mois de pause, j'annonce qu'on ne prendra aucune date pendant tout ce temps. On essaye de se vider un peu la tête, se reposer et retrouver assez de jus pour écrire. L'avantage de la façon dont on fait les choses c'est qu'on est très libre. L'inconvénient c'est qu'on dépense beaucoup d'énergie à autre chose qu'à la création.


Merci à Alix, Jaco, Mathia et Logis pour leur temps, leur bonne humeur et ... leur live !

Interview by Reverend D, Atelier 210 (Brussels), December 8th 2012.

lundi 3 décembre 2012

#139 - 100% DJ Perplex

Tout est dans le titre ! Direction les antipodes à la rencontre de l'australien DJ Perplex en mix et en interview (dont la version texte se retrouve ICI).


We headed to Australia this week to discover DJ Perplex both in the mix and in interview (that you can find in a text version HERE).

mercredi 28 novembre 2012

DJ Perplex's interview (Tales From The Crate #139)

Tales From The Crate plus fort que Thomas Cook ou comment effleurer les dancefloors australiens sans décoller ses miches du canapé : interview garantie 100% steak de kangourou en compagnie de DJ Perplex, l’une des paires de mains les plus titrées des antipodes …


(see below for english version)

Tales From The Crate - Commençons par le commencement : peux-tu nous parler de tes débuts en tant que DJ : quand, comment, les raisons, les influences ?

DJ Perplex - Bien sûr, je suis très doué pour parler de moi, tout comme la plupart des gens (rires) ! Je mixais déjà vers la fin des années 90 mais j'ai vraiment commencé en tant que turntabliste, je veux dire avec une vraie installation pour le Turntablism, en 2001. Le deejaying connaissait alors un succès sans précédent, un genre de super explosion de la discipline, c'était énorme à l'époque. Ce phénomène a eu une très grande influence sur moi. J'étais assez jeune à ce moment-là et affamé de rentrer dans ce cercle, en particulier dans l'univers Hip Hop. J'étais passionné par le graffiti jusqu'à ce que je passe au deejaying, il faut dire que pour être un DJ turntabliste, il faut s'impliquer 24 heures par jour et 7 jours sur 7. Dès le début c'est devenu une passion, j'étais totalement concentré sur l'aspect battle de la discipline, plus que sur le mix en clubs ou n'importe quel autre cadre. Je dois dire aussi que j'ai eu de la chance dans la ville d'où je viens, Melbourne en Australie, nous avons eu énormément de très bons DJ's, tout spécialement à l'époque. Tu as peut-être entendu parler de DJ Dexter, il vient de Melbourne et a beaucoup influencé la scène locale. DJ J Red, Select, Ransom, tous ces gens ont été autant de sources d'inspiration pour moi. Quand tu es jeune, le petit nouveau de cette scène, tu passes ton temps dans les clubs où ils se produisent pour écouter leurs techniques sur de vrais disques vinyle. Ils font tous partie de la forte culture Hip Hop qui baignait la ville où j'ai grandi et ce sont eux qui m'ont influencés quand j'ai commencé le deejaying.

Tales From The Crate - La question peut te paraître étrange mais c'est quelque chose dont il est difficile de se rendre compte depuis l'autre coté du monde ; Qu'en est-il de la culture Hip Hop en Australie ?

DJ Perplex - Il y a une très forte culture Hip Hop en Australie, au présent et par le passé. L'aspect historique est très important car nous avons connu une belle scene Hip Hop old school. Certains pays ont eu la leur, d'autres pas, pourtant c'est très important dans la mesure où c'est cette scène old school qui construit année après année une culture moderne plus forte. Le breakdance était particulièrement important autour de 1984 - ce qui date de bien avant mon époque : je suis né en 1983. Le milieu des années 80 a été un tournant majeur pour le Hip Hop australien, en particulier concernant le breakdance et le graffiti. Il y avait beaucoup de DJ's qui baignaient également dans les autres disciplines de la culture Hip Hop : ils rappaient, graffaient, dansaient et mixaient. Et j'adore cet esprit B-Boy hérité des 80's. Comme je le disais, il y avait quelques gars vraiment doués comme DJ Ransom, une grosse influence à Melbourne. C'était un roi, une pointure en graffiti qui peignait des trains et s'impliquait dans tout un tas de projets avant de devenir un DJ Hip Hop génial en clubs. Ce n'est pas le seul bien sûr mais il y a trop de noms à citer.

Melbourne est un peu le carrefour culturel de l'Australie. C'est un peu le New York australien je suppose (rires), à cause de l'atmosphère qui y règne et la richesse de son histoire culturelle. Il a fallu qu'on se construise au sommet de tout cet héritage, c'est peut-être ça qui explique l'émergence d'autant de bons DJ's quand moi-même je commençais, bien avant Youtube et Internet. Nous n'avions que les cassettes et n'entendions des DJ's que sur quelques radios ou sur les disques. C'est comme ça que ça marchait. Et dans le même temps, voir tout ça en vrai est une toute autre expérience, assister aux prestations de tous ces DJ's live, en chair et en os, les voir faire tous ces trucs de dingue en direct alors que je n'étais encore qu'un gosse, c'était grandiose pour moi et c'est sans doute ce qui m'a donné le feu sacré pour m'y mettre moi aussi et devenir le meilleur derrière les platines.


Tales From The Crate - Puis vinrent les premières battles ... avec un certain succès d'ailleurs !

DJ Perplex - C'est ça, j'ai participé à ma première battle en 2004, après quelques années à m'entraîner sur mon installation maison. J'ai attendu d'être suffisamment bon aux platines. Pour prétendre directement au titre de champion, il fallait que je sois vraiment prêt et ma première compétition a été le DMC ... que j'ai remporté ce qui m'a donné assez d'énergie pour continuer à concourir à la fois sur le circuit DMC et ITF. En 2005 j'ai gagné le championnat ITF dans les catégories équipe et beat juggling ainsi que le championnat DMC australien. J'ai représenté mon pays à Londres pour les finales internationales du DMC en 2006, 2007 et 2008. J'ai également participé à l'IDA world en Pologne en 2009. Il y a eu quelques autres battles ici et là, le Redbull Thre3 Styles plus récemment ... donc oui, j'ai obtenu quelques uns de ces titres magiques (rires) !

Tales From The Crate - Je suis toujours assez curieux concernant le Redbull Thre3 Styles que j'ai un peu découvert grâce à toi pour être honnête. Peux-tu nous en dire un peu plus sur cette compétition ? Comment est-ce que ça fonctionne et quelles sont les différences avec les championnats classiques que sont le DMC et l'IDA, coté compétition autant que concernant tes sensations en tant que participant ?

DJ Perplex - La principale différence entre les battles Hip Hop traditionnelles, le DMC et autres, et le Redbull Thre3 Styles réside dans le fait que le Thre3 Styles est orienté vers le club, c'est plus comme une soirée. Je suppose que toutes les compétitions de DJ peuvent être considérée comme des soirées mais là il s'agit vraiment de mettre le feu au public avec un format dancefloor. Les prestations sont aussi plus longues que dans les autres championnats puisque tu as quinze minutes pour faire tes preuves. Concrètement, tu dois être le meilleur à faire décoller la soirée, le jugement est très largement axé sur la réaction de la foule. Il y a aussi d'autres critères proches de ceux du DMC : la technique, l'attitude derrière les platines, la sélection des morceaux ... mais tu dois foutre le feu avant tout ! Tu ne peux pas parier que sur tes capacités techniques ce qui offre une dynamique très différente. J'y ai participé trois fois et j'ai gagné en 2010 et 2011. Le Thre3 Styles est vraiment différent du DMC. On y rencontre des DJ's aux styles plus variés qui pour beaucoup ne viennent pas du tout de l'univers Hip Hop. C'est plus une compétition sur le thème du mash-up pour sacrer le roi du mélange d'influences. Tu enrichis ton set d'un peu de scratch - même si la plupart des gens que j'y ai vu ne savent pas poser un scratch ou un beat juggling - un peu comme si tu intégrais l'approche du DMC à l'optique d'un mix en club ce qui ressemble assez à ma façon de faire : fusionner mes capacités aux platines avec l'idée de secouer le public, de maintenir l'attention de la foule. Je me suis donc bien éclaté avec le Redbull Thre3 Style, en particulier lors de la finale internationale à Vancouver l'année dernière, j'avais ramené de grosses influences Hip Hop mélangées à des grands classiques. J'ai sans doute intégré trop de scratch pour mon propre bien (rires), mais je me devais de représenter les scratcheurs de la compétition et plus largement tous les turntablistes.

C'est une toute jeune compétition, à peine trois ou quatre ans maintenant. Le DMC est 25 plus vieux et le Thre3 Styles doit encore trouver sa voie, se développer et définir une identité propre. Je pense que ça va devenir encore meilleur avec les années, ce n'est que le début. Mais ce sera de toute façon très différent des battles Hip Hop traditionnelles.
 



Tales From The Crate - A ton avis, ce genre de compétition plus orientée vers le club apporte-t-il un vent nouveau sur le monde des battles DJ ?

DJ Perplex - Oui, c'est bien de vouloir mélanger ainsi ces deux univers. C'est déjà la direction que j'essayais de prendre de toute façon : moins focalisée sur les routines super techniques. Je travaille toujours sur des routines mais je cherche à les rendre plus accessibles pour le public avec des éléments sur lesquels on puisse vraiment danser, même si tout ça reste très découpé et travaillé. Il faut tendre vers le mix de ces deux composantes - le scratch hardcore et les choses plus orientées vers les pistes de danses - et peut-être revenir quelques étapes en arrière. Si tu regardes les images des DMC de ces deux dernières années, tu verras des trucs d'un niveau jamais atteint, le scratch de la planète Mars. Le Thre3 Styles revient sur Terre et tente de rendre tout ça plus accessible pour la foule. Il ne s'agit plus d’assommer les gens avec des compétences techniques qu'ils ne sont pas capables de seulement comprendre, c'est un genre de battle plus fun, les gens dansent, suivent le battle ou passent juste une bonne soirée sans se soucier de la compétition. Il y en a pour tout le monde.

Au départ, les DJ's Hip Hop au sein de la scène turntabliste, les gars qui faisaient des battles dans les années 80 ou 90, c'étaient des DJ's scratcheurs et des gens à la technique formidable mais ils étaient tout autant capable d'animer une soirée avec des sets géniaux. Je pense aux Beat Junkies et à toutes les stars américaines dans le même genre. Ils participaient aux battles mais ils proposaient des mix de dingues en soirées ! Ils étaient des DJ's absolus. Ça a été comme ça jusqu'à la fin des années 90 mais au cours de la dernière décennie, on a vu des gars qui ne savaient que scratcher, même pas fichus d’enchaîner deux disques. Je crois que ça dévie franchement de ce qu'on devrait appeler un DJ. C'est important de savoir gérer une fête en jouant de la bonne musique dans laquelle les gens peuvent plonger. C'est ça le deejaying. Tu ne peux pas ignorer le fait que le deejaying c'est avant tout l'art de distraire le public. Aujourd'hui, le DJ doit se diversifier. Tu ne peux plus proposer des shows purement turntablistes dans les clubs, je ne pense pas que tu puisses survivre ainsi en tant que DJ contemporain, même si tu es au top niveau, champion du monde ou quoique ce soit. Tu dois pouvoir faire sérieusement bouger le public. C'est primordial d'aller vers la fusion de ces deux approches. Aujourd'hui plus que jamais.


Tales From The Crate - Y a-t-il une position que tu préfères malgré tout ?

DJ Perplex - J'adore la battle, mec ! Juste ... boum (rires) ! Il y a quelques années je t'aurais sans doute dit que c'est ce que je préférais mais aujourd'hui, j'aime la combinaison des deux. Tu peux vérifier dans mes mixtapes ou lors de mes dates en clubs : il y a toujours de gros éléments turntablistes qui surgissent soudainement, pour accompagner ou souligner le mix. C'est la fusion un peu sournoise d'un style club et du Turntablism. Je travaille de cette façon depuis longtemps maintenant. Tout ce que je fais dois être funky, les gens doivent pouvoir danser dessus.


Tales From The Crate - Depuis quelques mois tu travailles sur une série de mixtapes appelées Fatape. Il en sort un nouveau volume presque tous les mois, était-ce un challenge pour toi de te contraindre ainsi à sortir quelque chose une fois par mois ? Est-ce une question de visibilité en ligne, de nécessite à avoir une actualité aussi régulière que possible ?

DJ Perplex - Je ne joue pas les marathoniens avec ce projet (rires), l'idée est plus de me fixer un but, de me structurer et de travailler au moins un mix par mois. Mais oui, c'était un genre de défi de sortir ainsi une nouvelle mixtapes tous les mois, pour les congés scolaires, les jours de fêtes ou les célébrations internationales : la Saint Valentin, la fête de l'indépendance, l'anniversaire de la reine d'Angleterre - c'était quelque chose d'important ici, Halloween ... Il faut le prendre comme un showcase qui contiendrait tous les genres de musique que j'aime, beaucoup de vieux disques que j'écoute à la recherche de samples, des trucs Hip Hop et un mélange d'influences modernes. Ça a été un voyage intéressant pour moi. Tu sais, ce ne sont pas des mix live, enregistrés en une prise et c'est bon. Ces mixtapes me demandent beaucoup de travail : edits, multipistes, effets, ce genre de choses. C'est un bon processus dont on peut écouter le résultat sur le site de Fat Kids : www.iamfatterthanyou.com
J'en suis au numéro 33
(au moment de l'interview, le 34ème vient de sortir -ndlr), ça commence à devenir sérieux !

Tales From The Crate - Est-ce que le choix de ces jours de fêtes était un moyen de donner un sens supplémentaire à ton travail de DJ ? Certaines limites ou un cadre thématique avec lequel jouer ?

DJ Perplex - Je vois ce que tu veux dire mais ... non, pas vraiment. Évidemment, pour la mixtape de la Saint Patrick, j'ai utilisé pas mal de musique irlandaise (rires). Pour certaines, j'ai travaillé avec le thème. La tape du jour de l'indépendance américaine ne contenait que de la musique américaine, des trucs Trap et du scratch. J'essaye de jouer avec les thèmes mais ce n'est pas un priorité. Il s'agit plus de proposer un show avec mes différents goûts musicaux.  



Tales From The Crate - Comme tu l'as évoqué, la quasi totalité des morceaux que tu utilises sont édités, remontés. Qu'en est-il de la production originale ? Est-ce quelque chose que tu as déjà envisagé ? Quelque chose qui t'intéresse ? 

DJ Perplex - Oui, je travaille sur ma production propre depuis des années. Ce n'est pas quelque chose de facile pour moi. C'est de plus en plus dur de devenir producteur, le niveau est toujours plus haut et il me faut sans cesse améliorer la qualité de ma production, je me trouve dix fois moins bon que la plupart des gens. J'ai lentement développé mon propre style mais avant de proposer quoique ce soit de ce coté, je dois rester concentrer sur mes edits, remixs et autres. Je n'ai presque jamais sorti ce que j'ai fait jusqu'à aujourd'hui. Je travaille actuellement sur des gros trucs que j'aime bien et je pense que ça sortira sous un format tel que la beat tape, quelque chose dans ce goût-là. C'est le bon espace pour moi : pas vraiment un album, juste une compilation de beats ou de brouillons, de bonnes instus qui tapent bien, avec bien sûr de nombreux scratchs. J'ai aussi produit des beats pour des MC's australiens. En tant que DJ, je pense que la production est un peu l'ultime destination. Jouer la musique des autres te pousse forcément à vouloir réaliser la tienne.  

Tales From The Crate - Tout à l'heure tu parlais du site internet de Fat Kids, y a-t-il d'autres adresses où on peut te retrouver en ligne ?

DJ Perplex - Bien sûr, on me retrouve sur Soundcloud, c'est la bonne adresse pour écouter mes mixes ou mes beats. L'autre bon coin c'est comme tu l'as dit le site de Fat Kids. Après, Google est ton ami (rires) ! 

Tales From The Crate - Quelle est la suite pour toi ? Des dates ? Des battles ? Peut-être un peu de production ? 

DJ Perplex - Je ne crois pas que je participerai à nouveau à des compétitions dans l'immédiat. Je tiens à me focaliser sur ma musique. Il y a aussi des collaborations à venir avec d'autres artistes : des rappeurs ou des DJ's. Un des mes amis proches, DJ B2, vient tout juste de remporter le DMC en Australie cette année et je l'ai aidé à mettre son set en place, j'ai adoré ça. C'était comme si j'utilisais des choses que j'aurai voulu faire moi-même mais parce que je suis un peu retiré de la compétition, je les lui ai proposé. Et il a tout tué ! C'était super de l'aider à monter son set. Je ne participerai pas à un battle de sitôt mais je continuerai à travailler sur des routines, plus axées sur la musicalité, afin de continuer à creuser mon sillon, à approfondir ce que le DMC m'a appris et à pousser ma musique aux platines plus loin. Ce qui est sûr c'est qu'il y aura de la vidéo dans les mois qui viennent, gardez un œil sur cette perspective.





Tales From The Crate - Let's begin at the beginning : could you tell us how you started, when, why and maybe influenced by who ?

DJ Perplex - For sure man, I'm really good talking about myself, as most of the people are (laughs) ! I was deejaying since the late 90's but I started to be a turntablist DJ, I mean with a real turntablist set up, in 2001. Deejaying was really at a peak, a kind of super blow up, it was so big back then. This phenomena had a huge influence on me, I was pretty young at this time and really hungry to get into it, into the Hip Hop stuff especially. I was enjoying graffiti a lot until I switched up for deejaying because for a good turntablist DJ, it's about 24/7. It's a real passion from the beginning, really focused on the battling aspect, more than on the club mix or any other situation you could know as a DJ. I'm also very lucky that in the city I'm living in, Melbourne in Australia, we have a bunch of amazing DJ's, especially back then. You may have heard a few about DJ Dexter, he's from Melbourne and he was a big influence on the local scene. DJ J Red, Select, Ransom, all this kind of guys, were big influence on me. When you're a young guy, just getting into this game, you go to see them in clubs all the time, to listen them cutting and using real records. They're all part of the strong Hip Hop culture of the city I'm from and they were my influences when I was coming up and starting deejaying.

Tales From The Crate - My question should seem strange for you but it's something kind of hard to realize from this side of the world ; So is there a Hip Hop culture in Australia ? And what about it ?

DJPerplex - There is a very strong Hip Hop culture in Australia, now and back in the days. The back in the days aspect is really important because we had an old school Hip Hop scene here. Some countries have and some countries haven't but having an old school listenning built years after years forge a stronger culture for the present day. Back in the days, people used to breakdance, it was a big thing around 1984 - which is a way before my time : I'm born in 1983. Mid 80's were huge in Hip Hop in Australia, especially for breakdancing and graffiti culture. There were a lot of crazy DJ's who were doing like everything from the Hip Hop culture : rapping, making graffiti, deejaying and breakdancing. And I love this B-Boy spirit from the 80's. As I said, there were a couple of really strong guys like DJ Ransom, an amazing influence in Melbourne. He was like a king, a graffiti ruler, painting trains and involved in all kind of crazy business. He became a really strong Hip Hop club DJ. He's not the only one but there are too many to name.

Melbourne use to be the cultural hub of Australia in general. It's like the New York of Australia, I guess (laughs), for the atmosphere you take from there and the rich cultural history. We had to build on the top of that over the years and a lot of talented DJ's came out from here, when I was coming up, before Youtube and before the Internet. We only had tapes and we were listenning DJ's on a few radios and records. That's how we did. But beside that, to see in the flesh is another thing and seeing a lot of DJ's doing a lot of crazy stuffs live when I was a kid basically, it was huge for me and gave me this mad fire to step up and want to be the best behind the turntables myself.


Tales From The Crate - And came your first DJ championships ... pretty succesfully !

DJ Perplex - Yeah, the first DJ battle I entered was in 2004, after having my DJ set up for a few years. I waited to be good on turntables. To be champion straight away I had to be real good and the first battle I entered was the DMC. I won that so it gave me a lot of passion to keep battling to both DMC and ITF. In 2005 I won ITF's beat juggling and team category and DMC australian finals. So I represented my country in London to the DMC world championship in 2006, 2007 and 2008. I also did the IDA world battles in Poland in 2009. I did some other battles here and there, the Redbull Thr3e Styles more recently ... so yes, I got some of these magic titles (laughs) ! 

Tales From The Crate - I'm still pretty curious about the Redbull Thre3 Styles that I discovered two years ago because of you to be honnest. Could you explain it a little bit ? How it's working and what are the differences between this newbie and the classical championnships which are DMC and ITF ? I mean both for the competition and the feelings you can have as a DJ ...

DJ Perplex - The most major difference between traditionnal Hip Hop battles, DMC or whatever, and the Redbull Thre3 Styles is that the Thre3 Styles is a party battle. I guess that you can call every DJ competition a party battle but this one is really judged by how you rock the crowd in a party format. It's also longer than the other battles because you have got fifteen minutes to do a set. Basically you have to rock the party the best and it's very heavily judged on the crowd response. There are some other judging criterion as well, similar to DMC's : technical ability, stage presence, tracks selection ... but you really have to rock it ! You can't bet only on technicality and it's a really different dynamic. I have done it three times now, I won in 2010 and 2011. Thre3 Styles is quiet a different battle. You get a lot more diverse Dj's entering, it's not only about Hip Hop cast and the music is also very diverse. It's basically like a mash-up battle to know who's the king of the blend. You just flavour the set with a little bit scratching - even if most of the guys I saw there couldn't juggle or scratch - as if you took the DMC's approach and brough to the party battle wich is kind of my thing in general : fusing turntables skills with party rocking, keeping your audience engaged. So the Thr3e Styles was kind of my thing, especially doing the world finals in Vancouver last year, bringing heavy Hip Hop elements and mashing up some classic stuffs. I probably brought in too much scrathing stuffs for my own good (laughs) but I had to represent my men who are really scratching in that competition, doing tricks and representing for all the turntablists there.

It's a very new competition, about three or four years old now. The DMC is 25 years older and the Redbull battle is still defining itself, developing and finding its own identity. I think it will get better because we're still in the early days of it. But it will be very different of the traditionnal Hip Hop battles.



Tales From The Crate - In your opinion, does this kind of mix competition, a little bit more club oriented, bring a fresh wind through the world of turntablist battles ?

DJ Perplex - Yes, it's good to fuse both worlds like that. I already was kind of moving that direction anyway, you know : less on the supertechnical battle routines. I still do routines but make them more accessible for the crowd, some stuffs you can really dance to even if it's still cutted up or something. It's good to fuse that worlds - I mean hardcore scratch and club oriented stuffs - and maybe take it back a couple of steps. If you watch the footages from the last couple of years, you'll see that's some next level business, it's like scratching from the planet Mars. The Thre3 Styles is bringing back a couple of steps, making it more acceptable for the crowd. It's not about drilling people's head with crazy skills that they can't understand, it's a pretty funnier kind of battle, people can dance, check the battle or just have a good party. It's something for everybody.

Originally, Hip Hop DJ's in Turntablism, guys who were doing battles in the 80's and 90's were scratch DJ's and technical guys but they can also rock a party. I think to the Beat Junkies and all the american stars DJ's like this. They were battling but they were able to make crazy sets for parties. They were well-rounded DJ's. It was true until the late 90's but in the last decade, there were dudes who were only scratch DJ's and don't even mix records. I think it can distract a little bit from what you call a DJ. It's important to rock a party and play cool music that people can get into. That's what deejaying is about. You can't never leave that fact behind : deejaying is about entertaining people. Nowadays, a DJ have to diversify himself, really. He can't just go into a strictly turntablist showcase in a club, I don't think you can survive as a modern DJ this way, even if you're at the top level, world champion or anything. You've got to be able to rock a crowd strongly. It's really important to fuse these two ways. More today than ever.


Tales From The Crate - Is there a situation that you prefer between being in a club and battling for a competition or do you feel that every Dj should make both ?

DJ Perplex - I love to battle, man ! Just ... boom (laughs) ! I used to love battling most of all a few years ago but now, I like the combination of both. You can check me up, with club gigs or with my mixtapes : there are always heavy turntablist elements which are coming like sudden stuffs, just to underline the mix. It's a fusion of club style and Turntablism in a very sneaky way ! I'm working this way for a long time now. Everything I do have to be pretty funky, people have to move on dancefloors.


Tales From The Crate - For a few months you're working on a mixtape serie called Fatape. There is a new one almost every month, was it a challenge for you to force you to produce something once a month ? Is it something about being present online, having some news as often as possible ?

DJ Perplex - I'm not like a marathon man about that (laughs), it's more about fixing myself a goal and drop a new mixtape every month. But, yes I think it's was a kind of challenge this year to make a new mixtape every month, for public holidays or celebration days around the world : valentine's day, independance day, queen's birthday - it was something big here, Halloween ... It's a showcase with all kind of music that I listen to, a lot of older records that I listen looking for sampling, Hip Hop stuffs and a bunch of modern music. It's been a fine journey I did. You know, I don't just drop tapes like live mixes, one take and it's done. I put a lot of work in my mixtapes : edits, multitracks, crazy FX, things like that. It was a cool process. You can listen it on the Fat Kids website : www.iamfatterthanyou.com
It's the number 33 now
(at the time we did the interview, now the 34th is released -ed), it begins to be strong !

Tales From The Crate - Are you choosing some public days to bring an additional meaning in your DJ work ? Maybe some limits and a background to play with ?

DJ Perplex - I know what you mean but ... no, not so much. Obviously for the mixtape I did for St Patrick's day, I used a lot of irish jig music (laughs). For some I work a little bit with the themes. The Independance day tape was all about american music, with Trap stuffs and scratching. I try to thematise but not heavily. It's more like a showcase of all the different musical taste I have. 

Tales From The Crate - As you said almost every tracks you're playing are edited. What about original production ? Did you already think to produce your own tracks ? Is it something you're interested by ? 

DJ Perplex - Yes, I've been working on my own production for years now. It's not something I find easy. The game is getting harder and harder and I have to improve my production skills, everybody else is like ten times better than I feel like. I've slowly been developing an original style but before I feel dropping original music I have to keep focus on edits, remixes, this kind of things. I haven't put out most of the stuffs I made yet. I'm actually working on some strong stuffs that I like and I think I'll put it out on a format like a beat tape or beat album, something like that. It's a cool situation : not like a full album, just a kind of showcase with some beat sketches, cool beats that knocking around, of course with some cuts, some blend of scratch tracks. I also produced a few beats for some rapper here, in Australia. As a DJ, I think production is like the ultimate destination, really. To play other people music naturally drives you to want make your own.

Tales From The Crate - You talked earlier about the Fat Kids website, are there other links to catch you online ?

DJ Perplex - Yes, check me out on Soundcloud, it's a good place to listen my mixes or my beats. Another good spot as you said is the Fat Kids website and ... just google me bitches (laughs) ! 

Tales From The Crate - What's next ? Some gigs ? Some battles ? Maybe some releases ?

DJ Perplex
- I don't think I'll do anymore competition in the forthcoming future. I really want to focus on doing my original music. There are also some collaborations with others artists coming : rappers or DJ's. A good friend of mine, DJ B2, just won the DMC this year in Australia and I helped him to work on his set, that was cool. It was like I used some stuffs I would like to do but because I'm kind of retired from battling, so I left it to him. And he killed it ! It was really fine helping him to make his set together.
I don't think I'll do any battling any time soon. I'll do some more routines but more focused on musicality, to continue down this path, to study with my DMC stuffs and push my turntablist music forward. I'll definitely put out some video in the next couple of months, just look out for that.


Thanks to DJ Perplex for his time, smile and skillz.

Interview by Reverend D, by phone, September 13th 2012.

lundi 29 octobre 2012

#134 - United States of Audio & DJ Lean Rock

Entre un légende (Kid Koala la semaine passée) et une autre (DJ Format la semaine prochaine), on se la coulait douce dans les sous-sols avec une émission 100% Hip Hop électronique. Non, pas Glitch. Non, pas Neuro non plus. Non, pas abstract ... non mais diantre !! C'est quoi cette obsession de l'étiquette à tout prix !? Hip Hop électronique disais-je, avec des artistes un peu inclassable qui eux, s'en tartine le pourtour des classifications de forums, et ça vous ferait pas de mal d'en faire autant !
Un anglais au doux blase de United States of Audio a récemment retenu notre attention avec son "Scratch Mix" jadis (ouais, enfin en 2003) diffusé sur la très recommandable "Solid Steel radio" soit le show du label Ninja Tune (admirez au passage le sens virtuose de la transition d'une émission à l'autre), un DJ set ouvert sur un nombre impressionnant d'influences mêlées ici avec brio.
La suite, c'est l'excellent Lean Rock qui nous l'assurait avec une facette de son travail encore inédite entre nos murs, son penchant pour un Hip Hop synthétique, illustré par sa série de mixs "Headnod" et tout à fait propre à vous faire shaker le booty en syncope ...

From a legend (Kid Koala, last week) to another (DJ Format will be our guest in the next show), this week we were taking time to chill with some electronic Hip Hop sounds. No, it's not about Glitch. No, it's not about Neuro neither. No, it's not about abstract ... goddamn it !! Why are you so obsessed by putting label on things !? Electronic Hip Hop I said, nothing more, with artists that don't seems to share this love for musical classifications and you maybe should learn about it ...
An english guy called United State of Audio (what a name isn't it ?) catch our attention a few days ago with his pretty old "Scratch Mix" played in 2003 by "Solid Steel radio", the Ninja Tune's radio show (do you see our amazing talent for transition between our shows ?), a DJ mix open minded to an impressive number of influences.
Then, we looked (yeah, again, but this guy really deserves it) to the US and DJ Lean Rock, to discover a side of his work that we didn't speak about yet : his taste for electronic Hip Hop production and his mixes serie called "Headnod" quiet good to make your brain dance on strange rhythms ...

lundi 15 octobre 2012

#132 - 100% DJ Prosper

Cette semaine, Tales From The Crate s'offrait la présence de DJ Prosper dans les sous-sols. Le DJ et producteur français - et grand ambassadeur du col pelle à tarte et de la chemise à motif léopard - venait, entre autre nous parler de son tout premier album : "The Great Conjunction", sorti sur Breakbeat Paradise il y a quelques semaines. Nous parlions de ses débuts, de son travail, de ses projets et de ses envies avant de plonger dans son "Bogdanoffthewall" mix - hommage autoproclamé à Michael Jackson et aux frères Bogdanoff - pour compléter cette introduction à l'univers musical du garçon.


This week, DJ Prosper was our guest. The french DJ and producer came to present his very first album : "The Great Conjunction", released on Breakbeat Paradise a few weeks ago. We spoke about his life, work and feelings about making music, and he gave us a mix - "Bogdanoffthewall", a self proclaimed tribute to MJ and the Bogdanoff brothers - to complete this introduction his crazy world where anything could happen ... behind the decks I mean !!

jeudi 11 octobre 2012

DJ Prosper's interview (Tales From The Crate #132)

DJ à l’éclectisme remarquable, lauréat du Tales From The Crate Moustache Award 2012 (à l'unanimité) et prix spécial du jury pour une garde robe à l'épreuve des modes (depuis 1977), l'excellent DJ Prosper avait récemment rencard dans les sous-sols pour une interview dans les grandes largeurs. L'occasion de parler de son premier album "The Great Conjunction", de ses débuts, de ses potes et de son film de chevet : "Flash Gordon", ceci expliquant peut-être cela ...


(no time yet for an english version, I'm really sorry fellas)

Tales From The Crate - Prosper, DJ et producteur. Doit-on dire français ? Parisien ? Comment tu te définirais ?

DJ Prosper - Je suis français, d'origine belge je tiens à le préciser. Je ne suis pas vraiment parisien. J'habite à une heure de Paris ce qui me permet d'évoluer dans un environnement assez rural tout en étant très proche de la capitale. C'est ma petite bulle de décompression quand le week-end je joue sur Paris ou ailleurs, ça me permet de me ressourcer et de travailler sur ma musique en toute tranquillité en semaine.

TFTC - Ce que tu es en train de nous dire c'est que tu vis à Melun quoi (rires) !

DJ Prosper - Ouais quasiment (rires) ! Je vis dans un patelin à 80 kilomètres de Paris. C'est une distance de sécurité très agréable et en même temps, en étant très proche de la capitale, je peux facilement m'adonner à tous les plaisirs des nuits parisiennes !


Crédit Photo : David Morganti
TFTC - Évidemment je n’insiste pas sur ton adresse postale gratuitement tant il est vrai qu'on t'identifie plutôt à l'univers nocturne parisien duquel tu fais partie depuis quelques années maintenant. On te voit beaucoup jouer à des adresses parfois assez prestigieuses : le Batofar, le Rex Club ...

DJ Prosper - Paris m'a subi, c'est vrai et va me subir encore quelques années. Il faut dire que c'est une des villes en France qui offre le plus de possibilités. Du coup j'exploite le filon, bien sûr.

TFTC - Coté production le début c'est en 2005, ça c'est la partie facile parce que c'est datable, par ailleurs sur feu le très bon label Breakbeat français Lab-Rok, sur lequel officiait aussi l'une de tes camarades de jeu régulières pour ce que j'en sait : Flore ...

DJ Prosper - Absolument ! T'es du genre renseigné (rires). Flore avec qui je continue d'organiser des soirées au Batofar une fois tous les deux mois. C'est non seulement une partenaire musicale mais aussi une amie. Voilà une bonne dizaine d'année qu'on se connaît et nos rapport sont toujours au beau fixe, nous sommes toujours sur la même longueur d'ondes. Chacun a sa spécificité musicale, elle est plutôt dans l'Electro tropical et moi c'est toujours un joyeux bordel entre Electro, Rock, Breakbeat ... on ne sait plus vraiment au bout d'un moment ! Tant que la musique est bonne ...

TFTC - Coté production donc, on a vu mais coté DJ, ça commence quand, ça commence comment ?

DJ Prosper - Ça commence il y a une vingtaine d'année. A l'époque la techno commençait sérieusement à émerger et à gagner la France et je n'étais pas forcément attiré par toute la scène Free Party mais plutôt par des artistes comme les Chemical Brothers, Fatboy Slim ou Prodigy soient des gens qui avaient déjà un peu intégré la culture Club à la scène Rock ou la scène Hip Hop. Des le débuts j'ai surfé sur des courants assez larges, en mélangeant les genres musicaux, en additionnant les choses, en les métissant. Après comme tout DJ j'ai commencé devant vingt potes, les vingt qui deviennent cinquante, puis deux-cent et puis ça finit par se lancer : des dates à Paris, en province, à l'étranger, quelques disques à suivre. Une carrière qui a finalement trouvé une bonne vitesse de croisière. Je suis occupé tous les week-ends sur des soirées assez différentes ce qui permet de ne pas tourner toujours avec le même set en connaissant mes enchaînements par cœur. Il y a toujours une part de conquête, de remise en cause, c'est comme ça que je construit et du coup j'ai toujours un peu de mal à définir le style musical dans lequel j'évolue. Comme j'ai emmagasiné des années d'écoute de musique, d'artistes, d'albums, j'essaye de tout régurgiter avec panache !

J'ai une petite phrase d'accroche qui dit ''Tout mais pas n'importe quoi''. J'ai grandi avec des parents qui écoutaient pas mal de rock anglo-saxon. Ensuite au lycée j'ai glissé sur la musique black, le Hip Hop ou la Funk. Et puis l'Electro s'est imposé d'elle-même avec des groupes de rock anglais qui venaient des clubs. Aujourd'hui c'est difficile de définir en quelques mots ce que je fais. Par exemple dans une soirée Electro, si je joue deux heures, je vais faire 1h30 d'Electro autoroute, entre guillemets hein, des choses que j'aime bien mais classiques - ça c'est ce que les gens veulent – et la dernière demi heure ça part en freestyle ! Avec un certaine cohérence quand même, il ne s'agit pas de faire n'importe quoi d'autant qu'avec les années j'ai acquis une certaine expérience technique pour éviter ça. L'idée est alors de garder une idée intergénérationnelle de la musique. Je suis quelqu'un qui approche de la quarantaine, je joue devant des gens qui ont entre 10 et 15 ans de moins que moi, donc je me dois de les contenter et de me faire un peu plaisir aussi en mélangeant le rétro et le moderne, avec ma touche et avec mes goûts. Je pense que c'est aussi une part de la prestation. Il s'agit de montrer aux gens qu'on s'amuse, surtout quand c'est vrai, et qu'on est pas là pour pousser les disques. Les surprendre mais pas les malmener.


TFTC - Pig Balls, Bombastic Jam, Big M, Manmade ... voilà quelques uns des labels sur lesquels tu es apparu comme producteur, en solo ou en collaboration avec d'autres artistes parfois. Tous ces noms sonnent particulièrement Funky Breaks. Est-ce que c'est un vrai choix de ta part en tant que producteur d'être identifié à une scène ? Ça contredit un peu ce que tu viens d'expliquer, non ?

DJ Prosper - Ce n'est pas vraiment un choix, pas une ambition non plus ... plutôt une inspiration. Il y a des jours où je me réveille en ayant envie de faire des choses plutôt Electro, en pensant au dancefloor et aux clubs. Et puis d'autres fois, je me sens plus dans une ambiance apéritif, barbecue, plutôt convivial, même si je garde toujours une dose de Funk dans mes productions les plus technoïdes. Au fond j'ai fait le choix de ne pas faire de choix. Je ne suis pas vraiment identifiable : pour des labels européens je suis un producteur de Nu Funk quand pour certains clubs parisiens je suis un producteur d'Electro. Le fait que je puisse passer d'une scène à l'autre avec la même aisance et le même entrain, c'est ce qui fait ma diversité. Je ne peux pas me limiter à un seul style de musique. 

TFTC - ''Diversité'' résume assez bien le contenu de ton premier album, ''The Great Conjunction'' (sorti sur le label Breakbeat Paradise en Juillet 2012 -ndlr). On y trouve du Hip Hop, de l'Electro, des influences Dub ou Reggae, du Breakbeat, de la Techno ... est-ce une carte de visite que tu cherchais à réaliser avec ce premier long ?

DJ Prosper - On peut dire ça (rires) ! C'est le premier disque que je voulais que mes parents écoutent. J'ai un peu essayé de retranscrire tous mes goûts musicaux à travers le Hip Hop, le Reggae, l'Electro, la Funk ... Je me suis débarrassé de la contrainte du dancefloor. Je n'avais pas besoin ici de faire ce que j'ai fait jusqu'alors : des maxis où les gens dansent pendant six minutes. Il y a peut-être un coté plus élaboré dans le sens où on peut l'écouter en dandinant du popotin, mais on peut aussi se le mettre en faisant la vaisselle ...

TFTC - Mince c'est une constante le coup de la vaisselle (rires) !! En Janvier c'est Mr. Viktor qui faisait le teaser de son ''Cooking Balbud'' sur la même idée, c'est assez flippant comme mouvement social ...

DJ Prosper - Viktor n'a pas tort (rires) ! D'ailleurs, je crois bien qu'il a posé quelques scratchs sur un de mes morceaux il y a des années. En tout cas je partage tout à fait son point de vue. Il y a quelques morceaux de cet album que j'ai commencé il y a une bonne dizaine d'années, en les mettant dans un coin de mon ordinateur et en me demandant ce que j'allais bien pouvoir en faire sachant que c'étaient des trucs qui étaient plutôt fait pour écouter peinard dans son canapé. Je pensais clairement qu'aucun label ne prendrait ça. Et puis je me suis mis en tête de regrouper certains de ces morceaux accumulés au fur et à mesure du temps et finalement, c'est le genre d'album que j'aimerai bien avoir plus souvent entre les mains. Ce n'est pas une révolution musicale mais ça a le mérite de s'écouter de bout en bout sans lassitude ni sans redondance. C'était plutôt ça le but de la manœuvre. C'est un peu difficile à expliquer avec des mots, ça fait partie du processus de création et c'est finalement assez subjectif mais au bout d'un moment les choses s'enchaînent logiquement, sans qu'on s'interroge plus.
J'ai aussi fait participer plein d'amis sur autant de collaborations. C'est une carte de remerciements par rapport à des gens qui m'ont accompagné et puis quelques nouveaux venus. Le mot d'ordre c'est le partage.

TFTC - Question qui gratte un peu mais ça me semble indispensable : est-ce que la pluralité de tes influences ne crée pas le risque de s'éparpiller ? D'autant plus face à un public qui se trouve quand même plus à l'aise avec les étiquettes ...

DJ Prosper - C'est vrai que certains potes producteurs ou DJ's ont besoin de moins de mots pour définir leur travail. Mais je pense que je suis arrivé à ce que voulais. Au début bien sûr c'était très compliqué d'expliquer ce que je faisais mais aujourd'hui mon style c'est moi (rires). Et le fait de jouer tous les week-ends me conforte dans l'idée que ça fonctionne assez bien. Alors bien sûr, je ne vais pas jouer à Ibiza pour des milliers d'euros mais ce n'est pas grave parce que les gens sortent de soirées plutôt content et les organisateurs aussi.

Tu soulèves un problème qui relève un peu du marketing quelque part et je comprends tout à fait ce que tu veux dire. Mais pour être honnête, je n'ai pas franchement cette préoccupation quand je fais de la musique. Il faut que je réfléchisse à comment définir le morceau, quelles sont ses influences et quel label ça peut intéresser mais ces questions ne vont jamais justifier le fait de le retoucher. Quand je fais un morceau, je ne le pense pas pour une étiquette et pour un label. Ça vient plus tard, quand il s'agit de le sortir. Des fois je suis obligé de forcer un peu les portes pour voir ...
Je ne peux pas supporter cinq heures de la même musique, peut importe quelle musique ! A un moment j'ai besoin qu'on me propose un truc différent pour renouveler mon intérêt et susciter ma curiosité. Les gens qui ne veulent pas réfléchir plus loin qu'une étiquette musicale, ce n'est pas forcément à eux que je m'adresse en fait et j'essaye un peu de péter les barrières. La musique, ça reste la musique. Tout est lié. Il n'y a pas des genres bien rangés dans des cases. Voilà ma philosophie de la chose. Je suis conscient que des fois ça peut me fermer des portes mais ça m'en ouvre tellement à coté que finalement je vais continuer comme ça.

Crédit Photo : Ruhlmann Renaud
TFTC - Il y a un nom qui revient beaucoup dans tes collaborations, que ce soit dans ton album ou sur maxis : alors qui est Rory Hoy ?

DJ Prosper - Je ne l'ai jamais rencontré en vrai. C'est un anglais qui m'a été présenté virtuellement par Freddy Fresh qui m'a dit : tu vas voir c'est un vrai génie, il a des talents musicaux exceptionnels ... et précoces ! Son père était musicien et il a grandi dans un studio, entouré d'instruments, donc déjà il a quelques facilités avec la musique. Personnellement je n'ai jamais joué du moindre instrument et il m'a fallu du temps pour former mon oreille. Avec Rory ce qui est amusant c'est qu'on a tout de suite eu les mêmes goûts musicaux, mais d'une génération que lui n'avait pas forcément connu aussi bien que moi, c'est-à-dire les premières productions de Fatboy Slim, des Chemical Brothers, de The Wiseguys ou de labels comme Skint et Wall of Sound. Et pour quelqu'un qui a quinze ans de moins qui moi ça me paraissait effectivement étrange de connaître et d'apprécier autant cette scène là sans avoir dansé dessus en clubs. Il est assez old-school en étant un petit jeune !
C'est quelqu'un qui travaille en plus avec une rapidité et une efficacité assez déconcertante. A coté de lui je suis vraiment une feignasse (rires) ! Il est capable de faire, du début à la fin, un morceau par jour. Il me surprend énormément et je pense que c'est quelqu'un avec qui je travaillerai encore beaucoup parce qu'il a une source d'inspiration infinie. Il est toujours motivé et intéressé par tous les projets et puis les résultats sont là ! Du coup c'est un petit gars que je ne connais pas depuis très longtemps mais nous sommes vraiment sur la même longueur d'onde.
Rory Hoy c'est du coup le nom qui apparaît sur le plus de collaborations de l'album ''The Great Conjunction'' et je pense qu'il y aura encore beaucoup d'autres projets ensemble dans le futur. On a fait des remixs aussi qui ne sont pas encore sortis pour des artistes français comme Rubin Steiner. Quand j'ai besoin de cette touche un peu old-school, je vais voir Rory et je sais qu'il va comprendre tout de suite la démarche. Et ça va groover (rires) !! Je pense qu'on va vraiment entendre parler de lui dans les dix prochaines années. En Angleterre il est obligatoire qu'il explose. Il est vraiment surprenant.

TFTC - Un mot sur les autres invités de cet album : Wapi Wap, le taulier du label Chateau Bruyant, AdamPolo, Olaf Hund ...

DJ Prosper - Alors Wapi Wap c'est quelqu'un que je connais depuis longtemps. On s'est connu au Glaz'Art à Paris où il était régisseur il y a de ça 12 ou 13 ans. Je savais qu'il faisait le rappeur de temps en temps et qu'il prenait le micro sur des sets Drum'n'Bass mais je ne l'avais jamais vraiment écouté, pour moi c'était un pote. Et il est arrivé il y a quelques années avec un projet qui s'appelle Comic Strip dans lequel il faisait des morceaux avec l'une des moitiés de Tambour Battant qui est un groupe Electro français que j'aime beaucoup et c'est là que j'ai pris une claque. Autant on était bon pour boire des coups et refaire le monde, autant on n'avait jamais vraiment confronté nos univers musicaux. Au bout de quelques temps je l'ai fait jouer dans une soirée et je me suis dit : mais il est super bon ! En plus il a monté son label sur lequel il a signé des bons potes à moi. Wapi c'est quelqu'un que j'admire vraiment sur la scène Electro française. Son label marche bien et il y a développé une vraie identité musicale et son catalogue est excellent, très novateur. Et puis ce type est génial, super drôle, ses textes sont intéressants, très ironiques.
Je ne suis pas un gros fan de Rap français en général. J'aime bien NTM, quelques morceaux d'IAM mais je ne m'intéresse pas du tout à la nouvelle scène. Et lui m'a un peu réconcilié avec ça. Il prend la relève de TTC, mais avec moins de foutage de gueule. Un truc un peu plus conscient mais en faisant passer le message de manière ludique et avec finesse. Il ne s'agit pas d’assommer en parlant de problème sociaux ce qui à mon sens correspond à s'enfermer dans une sorte de ghetto. Le joyeux bordel et le coté Punk de Stupeflip ou des Svinkels, je retrouve ça chez Wapi.

Après, Adam Polo que tu as cité, c'est une jeune recrue que j'ai rencontré il y a quatre ans dans une soirée au Rex Club. Il a monté un label qui s'appelle Formule Records et qui est orienté Electro et House, un son assez bien réfléchi, très mature. Adam Polo c'est un petit gars qui écoutait Daft Punk à l'époque du premier album, Cassius ou Motorbass et qui a réussi à récurgiter tout ça aujourd'hui en ne travaillant que sur des machines Hardware, sans logiciel.
Je suis amené à collaborer assez souvent avec lui, notamment pour Olaf Hund, donc je rebondis ...

TFTC - Quel talent ...

DJ Prosper - Ah non mais tu peux partir, hein. Je termine l'interview tout seul, pas de problème, va faire tes courses, ce que tu veux (rires) ...
Olaf est quelqu'un que je voyais déchirer ses synthétiseurs et sa guitare sur scène il y a quelques années. Je l'ai rencontré dans une soirée. Il avait bien aimé le coté fou mais pas décousu de ce que je faisais et il m'a proposé de faire un remix sur son album sur lequel il travaillait à ce moment là. Évidemment j'ai dit oui tout de suite et plutôt que de s'embrouiller pour des histoires de cachets ou de feuilles SACEM, on a convenu que puisqu'on était tous les deux en train de faire un album, je lui faisais un remix et je lui demanderais de participer à un de mes morceaux. J'avais un texte, j'avais un morceau qui demandait un chanteur à la voix un peu grave façon Iggy Pop plus quelques coups de guitare et j'ai donc passé quelques après-midi chez lui à enregistrer. Ça a été un échange de bons procédés et c'est très agréable parce qu'il faisait partie des gens que je suivais de loin et que me frotter à son talent, ça tire vers le haut.

Après dans la liste d'invités de cet album il y a aussi des japonais, que je n'ai pas rencontré pour de vrai là encore mais que j'ai contacté par Internet : Phoebus. J'ai toujours aimé des choses comme DJ Krush et tout ce qui était morceau de Hip Hop chanté en japonais, pour moi c'était le rap de l'espace. Je n'en comprenais pas le sens mais ça a une musicalité inclassable, avec des mots et des syllabes qui s'affrontent mais qui en même temps vont dans le sens du Hip Hop. J'avais cette instru que j'ai élaboré avec Azaxx, un truc au son complètement saturé et industriel et il nous fallait quelque chose de spécial pour aller avec. On allait clairement pas faire chanter un brésilien dessus, il nous fallait du japonais, quelque chose d'hybride, un truc mutant. Ces gars là m'ont contacté sur MySpace et je leur ai dit : bougez pas, je vais vous faire écouter un truc et vous allez poser dessus. Les japonais ont la réputation d'être méticuleux et appliqués et effectivement il m'ont pondu un truc parfait en une prise avec les refrains, il n'y a rien qui dépassait, c'était pile poil sur la structure du morceau ...
Ça fait partie des choses qui m'ont touché pendant l'élaboration de l'album, d'abord parce qu'ils étaient très honorés de participer à un disque français. Ensuite parce qu'ils en ont quand même un peu chié là-bas pendant une certaine période - ce n'est pas vraiment fini d'ailleurs - et malgré la grosse bombe qu'ils ont pris sur la tronche, ils arrivaient encore à s'intéresser au disque, me demandant quand il sortait ... Mois je leur demandais des nouvelles de leurs familles, si tout allait bien en pensant qu'ils avaient sans doute autre chose à gérer et il m'ont fait comprendre que cette sortie était vraiment une bulle d'oxygène pour eux. Même si ce ne sont pas des paroles militantes ou écologistes et ça peut même paraître anodin, pour moi ce morceau a vraiment pris une signification particulière.

Je veux aussi te parler de Azaxx justement, qui est un des mecs avec qui j'ai commencé vraiment à faire de la musique. C'est le premier DJ qui me sortait derrière les platines les Beastie Boys ou des trucs du label Mo'Wax, des productions Trip Hop alors qu'à l'époque je pensais que quand on avait des platines on ne mixait que de la Trance. Depuis on s'est toujours suivi. Aujourd'hui il est sur le label de Quantic donc il est plutôt bien en place le petit et il m'a présenté plein de gens qui m'ont mis le pied à l'étrier. Et puis humainement c'est juste une crème donc c'était essentiel qu'il soit présent sur mon album.
Qui est-ce que je n'ai pas cité encore ?

TFTC - Squid.

DJ Prosper - Squid, je l'ai rencontré à Paris. Je l'entendais rappé en anglais et j'étais complètement abasourdi de le voir gommer son accent français comme il le faisait pour faire autre chose que du yahourt. On a rapidement discuté de projet musicaux d'autant qu'on partageait à l'époque la même passion pour Horace Andy que lui avait rencontré en Angleterre. Du coup on s'est enfermé dans son studio et on a fait deux morceaux qui arrivent à m'arracher des émotions pop du plus profond de mon être (rires), des choses que seul un vrai musicien est capable de créer. Alors que j'avais plutôt le regard du DJ et de l'efficacité, là je me suis confronté à quelqu'un qui avait vraiment le sens des notes et de l'émotion musicale que l'on laisse parfois de coté de peur de tomber dans la guimauve ou le pathos. Et Squid a cette capacité de toucher juste, quelque part à mi-chemin entre l'émotion et le coté groovy.

Pour finir il y a OP9 dont je n'ai pas encore parlé. C'est l'archétype du musicien de studio. Il a grandi dans un studio, a suivi des études de musique dans des écoles et ce n'est pas quelqu'un qui sortait beaucoup le soir. C'est vraiment le guide de studio, il est très bon pour trouver des accords, des arrangements, pour faire sonner les morceaux. Mais c'est quelqu'un de très timide et de très réservé ce qui est plutôt bien en ce qui me concerne puisque ça s'équilibrait bien avec mon caractère plus exubérant et plus pauvre musicalement. Ça s'est très bien additionné et on est arrivé à des résultats très satisfaisants. Il m'a apporté beaucoup de choses auxquelles je n'aurais pas pensé. D'ailleurs pour l'anecdote, OP9 et Squid ne se connaissaient pas avant de travailler sur mon album et du coup se sont contacté et jouent ensemble à présent sur le nouveau projet de Squid. Ça doit être ça la magie des rencontres musicales !


TFTC - Je vais essayer d'interrompre cette liste de remerciements avant d'attaquer la famille et les amis (rires) ...

DJ Prosper - Dire merci à mes parents, tout ça ... C'est vrai que depuis tout à l'heure c'est un chapelet de compliments mais je ne me suis entouré que de gens que j'aime beaucoup.

TFTC - ... pour m'intéresser à une habitude que tu as : celle d'insérer des samples de voix de films dans tes productions ou en introduction de tes DJ sets. Quelle importance cette influence un peu cartoon ou cinéma de quartier a-t-elle dans ton travail ?

DJ Prosper - Ça a une importance essentielle ! Vois-tu j'ai eu des aspirations de réalisateurs. En travaillant un peu dans le milieu du cinéma en France, je me suis vite rendu compte que j'étais plus cinéphile que cinéaste. Mais c'est vrai que j'ai grandi avec cet amour de la série B : John Carpenter, Brian De Palma, Scorsese ... de tout ce cinéma un peu pop-corn. J'aime de temps en temps ressortir quelques images à travers des dialogues. Du coup il y a des films que je cite volontiers dans mes mixs : ''Flash Gordon'' par exemple ...

TFTC - (j'éclate de rire) Le plus grand film du monde !!

DJ Prosper - Tout à fait (rires) ! Sûrement le meilleur rôle d'Ornella Muti. Avec Timothy Dalton aussi ... C'est vraiment un film à mourir de rire. En plus il date de 1980 et il a pris un coup de kitsch incroyable. Mais paradoxalement, c'est la première cassette VHS que j'ai eu à la maison, étant gosse, et certains dialogues resteront à jamais gravés dans mon cerveau. C'est un peu perturbant. Il faut voir le film en version française pour comprendre.

Prosper's first album : "The Great Conjunction" - Still available

  Merci à DJ Prosper pour son temps, son sourire et son talent ...

Interview by Reverend D, by phone, August 14th 2012.