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jeudi 9 avril 2015

Tales From The Crate is BACK !! Episode #01 w/ Netik

Welcome les gens !! Voilà un cri qui n'avait pas retenti depuis bien (trop) longtemps ! Presque deux ans se sont écoulés depuis nos derniers échanges radiophoniques et nous n'avons pas donné grand signe de vie depuis ... un abandon que vous nous pardonnerez je l'espère aujourd'hui que sort le (nouveau) premier épisode de Tales From The Crate : nouvelle formule, nouveau format, bref, une recette enrichie avec de gros morceaux de groove et d'interview dedans.
En 2015, l'équipe ose même quitter le confort de ses sous-sols puisque chaque numéro de ces capsules sera l'occasion d'aller rencontrer un DJ / producteur / scratcheur dans son milieu naturel : studio ou domicile. Pour cette première, on ne s'est pas moqué du monde en invitant "ze ouane ande onlie" DJ Netik à se confier à nous. Rendez-vous le mois prochain pour l'épisode deux ; Nous, on sait déjà avec qui on le passera, vous, il vous faudra patienter encore un peu et d'ici là ... "abonne-toi" comme disent les jeunes !


mercredi 12 juin 2013

#165 - JS-One & DJ Spinbad

Oyez, oyez, j'annonce l'avant dernier Tales From The Crate de la saison. Quatre heures à peine nous séparent du fatidique instant où regagnant la surface nous partirons exposer nos teints blafards en offrande à un soleil timide mais déjà éblouissant (à nos yeux). Une pause estivale certes bien méritée, pourtant loin de nous l'idée de nous ramollir dans la dernière ligne droite, vous le savez, on est pas du genre à s'essouffler ...
Ainsi cette semaine les sous-sols résonnaient d'une mixtape majeure - que dis-je ? Magistrale - j'ai nommé le "Coldcutz Remixes" de DJ JS-One (du Rocksteady Crew) et DJ Spinbad, datant de 1997 (1995 selon JS-One). Le principe est simple mais jouissif : ne malaxer ici qu'instrumentaux et acappellas afin de créer des versions inédites des tubes Hip Hop les plus célèbres des décennies 80's et 90's. En plus d'expliquer le terme de "remixes" utilisé dans le titre, la démarche offre un monstrueux travail de DJ's et un mix parmi les plus importants de l'histoire platinesque.
En 2010, JS-One cette fois en solo a donné une suite à cette pépite avec la bien nommée mixtape "Sound Waves : Coldcutz Remixes 2" qui prenait le parti d'effectuer un travail proche de celui du premier opus mais avec le Hip Hop New School d'une décennie plus tard, tordant volontairement le cou des adorateurs du "c'était mieux avant" ...



Can I have attention please ? It's almost the end of this fourth season. Only four hours are still separating us from the time when we have to get out from our crypt and expose our pale skins to the sun. We deserve this summer break, that's ok, but that's not a reason to weaken during the last lap ! It's not our style ...
So this week, we were coming with one of the most importante (and brillant) mixtape ever : please welcome "Coldcutz Remixes" by DJ JS-One (Rocksteady Crew) and DJ Spinbad, a tape from 1997 (1995 if you listen to JS-One). The principle is simple : only play instrumentals and a cappellas to create new versions of the 80's & 90's Hip Hop hits (that's why they said "remixes" in the title). This work is really crazy, for me on of the most important in the turntables history.
In 2010, JS-One did want to make a sequel, this time by himself, and came the mixtape "Sound Waves : Coldcutz Remixes 2" (available for free) that purpose same kind of work with 2000's new school Hip Hop, a good way to discredit people who are saying that it was better before ...

mardi 4 juin 2013

#164 - Cuts of Culture & Mr. Thing

A l'approche de la déjà fin de saison, Tales From The Crate dégainait de la cartouche (très) haut de gamme cette semaine puisqu'on vous donnait rendez-vous dans les sous-sols avec une petite tranche d'histoire turntabliste, la bien nommée compilation "Cuts of Culture" sortie en Novembre 2005 sur le label Eclectic Breaks (structure liée à la société qui développa le Pro-X-Fade, peut-être le plus célèbre crossfader de notre univers platinesque) et doublement parrainée par l'excellent DJ 2Tall et Turntable Radio.
Référence indispensable de votre discothèque, ce "Cuts of Culture" est un instantané du paysage tabliste de son époque et un résumé de la longue liste d'invités de 2Tall sur Turntable Radio. Inutile de vous dire qu'elle vous vendra du rêve : A-Trak, C2C, Grazzhoppa, D-Styles, Daredevil, 2Tall, Damented, Lamont et j'en passe ...
Sans transition aucune, nous plongions ensuite dans de vieux mixs signés Mr. Thing des Scratch Perverts, l'un réalisé pour l'émission de John Peel sur la BBC et datant de 1997, l'autre célébrant en 2004 l'anniversaire d'un illustre équipementier sportif à trois bandes.



A few weeks only before the end of our fourth season, we dropped a legendary cartridge, a part of the turntablist history called "Cuts of Culture" and released in November 2005 on Eclectic Breaks (linked to the society which gave us the Pro-X-Fade crossfader), a project sponsored by both DJ 2Tall and Turntable Radio.
Absolute must have in your collection, this "Cuts of Culture" is a landscape of turntablism from the first half of the 2000 decade and a summary of the biggest guests came in the 2Tall's show on Turntable Radio. So many men so little time ! Have a look : A-Trak, C2C, Grazzhoppa, D-Styles, Daredevil, 2Tall, Damented, Lamont and many more ...
Without transition, we dove into two old mixes by Mr. Thing (from the Scratch Perverts) that I listenned a lot these days : one for the John Peel's BBC show from 1997 and the other to celebrate in 2004 the birthday of a famous sportwear brand (with a three lines logo).

lundi 27 mai 2013

#163 - Something something Summertime !!

En levant les yeux au ciel cette semaine, on s'est dit qu'on avait urgemment besoin de tenter quelque chose. Plus qu'une seule émission, Tales From the Crate jouait la carte du rituel, presque de l'invocation d'un soleil qui joue les feignasses depuis un peu trop longtemps. Pour nous aider, deux pointures dont au moins une légende : Jazzy Jeff et Mick Boogie avec leur annuelle mixtape à quatre mains "Summertime". On s'offrait ainsi les deux et troisième volets de cette série, simplement parce que ce sont mes préférés (c'est comme ça, c'est tout), mais pour s'excuser de notre absence de la semaine passée (un contretemps idiot qui nous a empêcher d'assurer notre hebdomadaire rendez-vous), vous trouverez en bas de cet article le tout premier opus de ces platinesques travaux à déguster en terrasse, un verre à la main et un sourire accroché au visage ...



This week we were looking at the sky (at the strong black clouds actually) and it appears that we had to try something ! More than a show, it was a ritual, almost an invocation to the sun and the summertime, at last. To help us, we brought you two big names, one of wich is a legend, nothing less : Jazzy Jeff and Mick Boogie and their yearly shared serie "Summertime mixtape". We were discovering the second and third volume, just because that's the ones I prefer (so what ?), but to apologize to let you down without news last week (a stupid hitch and we weren't able to be there), here is the very first one of these pretty sunny works to enjoy, sunglasses on your nose, a drink at your fingertips and a smile on your face ...


jeudi 9 mai 2013

#161 - John Doe, Mr Dibbs & Chinn Chilla from 1200 Hobos

Chose promise chose due comme le veut l'adage ; Cette semaine nous tenions enfin l'auteur de la grosse claque Hip Hop avec laquelle on vous bassine depuis déjà quelques semaines (mais c'est pour votre bien) : John Doe était virtuellement dans les sous-sols (ouais par téléphone quoi) !! On s'offrait donc des extraits de la compilation "Return From Tomorow (Beyond and Back)" avant de retrouver notre américain en interview puis de profiter de la tape "Abduction Of The Times 6.66" signée Mr Dibbs et d'un mini mix par Chinn Chilla pour finir, tous deux membres du collectif de Cincinnati 1200 Hobos (dont son fondateur) ...



At last !! As we promised earlier, we finally got an interview of our biggest Hip Hop slap these days : the one and only (and unfortunately quite unknown) John Doe !! We listenned a few tracks from his oldies compilation "Return From Tomorow (Beyond and Back)" and had a phone chit chat with him before to enjoy in the second part Mr Dibbs' "Abduction Of The Times 6.66" and a pretty crazy mini mix by Chinn Chilla, both from the crew from Cincinnati 1200 Hobos ...

lundi 6 mai 2013

John Doe's interview (Tales From The Crate #161)

DJ Hip Hop remarquable et remarqué par Mr. Dibbs dès 1995, il aura fallu presque deux décennies à John Doe - et deux mixtapes catégorie Premium - pour faire enfin parler de lui. Normal me direz-vous avec un blase à ce point synonyme d'anonymat. Il était donc plus que temps pour Tales From The Crate de se pencher sur le cas de ce soldat inconnu de la culture turntabliste made in USA. Entretien.


(see below for english version)

Tales From The Crate - Tu es l'auteur des mixtapes « Popular Fallacies » et « The Last Amateur » , deux des meilleurs mixs Hip Hop que j'ai entendu ces derniers mois, et pourtant tu restes relativement inconnu. Comment l'expliques-tu ?

John Doe - Beaucoup de gens ne connaissent pas mon travail en effet, mais c'est dû en grande partie au fait que je me considère comme le Dernier Amateur ! Je ne suis pas du tout un professionnel du deejaying. Je n'ai jamais bénéficié du soutien d'un label et je ne suis associé à aucun groupe sinon le collectif 1200 Hobos de Mr. Dibbs. Dans ces conditions, je ne suis pas étonné que peu de gens me connaissent.

TFTC - Pourquoi ce surnom « The Last Amateur » ?

John Doe - C'est un nom qui me va bien. J'ai commencé à me faire appeler ainsi dès mes débuts et je continue. C'est une bonne définition de moi. C'est vrai que je suis le dernier amateur : aujourd'hui, tout le monde semble s'être professionnalisé sauf moi (rires) ! Je ne joue pas très souvent, j'ai peu de dates, je ne pars pas en tournée et j'ai un autre emploi - crois-le ou nom mais je suis chimiste. Comme je l'ai dit, je ne suis pas très connu, mais les gens qui s'intéressent vraiment aux mixtapes Hip Hop, au Turntablism ou au Scratch, ceux-là me connaissent.

TFTC - Quelles sont tes racines musicales ? Qui t'a donné envie de passer derrière les platines ?

John Doe - Le premier DJ à m'avoir influencé a probablement été Mr. Mixx du 2 Live Crew. J'ai vécu en Floride à l'époque du lycée. Tu sais peut-être que c'est en Floride que le courant Miami Bass a connu son plus fort succès et tous les DJ's là-bas avaient une manière de scratcher extrêmement rapide, c'est vraiment ce qui m'a plu. Bien sûr j'adore Jazzy Jeff, Mix Master Ice, Premier ... mais la première influence, ce sont ces DJ's scratcheurs de Miami.
C'est peut-être difficile à croire mais je n'étais pas tellement impliqué dans la culture Hip Hop avant la sortie du « Paid In Full » de Eric B & Rakim. C'est là que j'ai vraiment commencé à m'intéresser au Hip Hop, au deejaying et à la manière d'associer des morceaux.

TFTC - Le tracklist de tes mixtapes est si riche et complexe qu'il me paraît évident que tu édites les morceaux que tu joues, pour les jouer ensuite sur un système DVS ... et en même temps j'ai un doute : alors comment travailles-tu ?

John Doe - Je n'ai même pas d'ordinateur dans mon studio. « The Last Amateur » et « Popullar Fallacies » ont été enregistrés sans l'aide d'aucun logiciel. J'enregistre en analogique, uniquement à l'aide de disques vinyle. J'ai peut-être samplé ce qui me manquait depuis quelques cassettes mais pour l'essentiel, j'utilise disons 98% de vinyles.
En fait je ne possède même pas de Serato. Je n'en ai jamais utilisé. Et c'est peut-être là un point important : pas le fait que j'utilise ou non un Serato, mais c'est la raison pour laquelle je me fais appeler le dernier amateur : la plupart des gens avaient l'habitude de mixer sur support analogique, puis ont découvert le Serato est ses possibilités mais moi je ne jouait pas vraiment de toute façon ! Je n'avais vraiment pas besoin de changer pour le DVS. C'est peut-être aussi pour cela que la mixtape « The Last Amateur » n'a pas reçu beaucoup d'attention, les gens s'intéressaient plus aux trucs genre mash up, moins au turntablism comme moi je l'aime et le pratique.


TFTC - Veux-tu dire que ton travail est moins apprécié aux États-Unis ?

John Doe - J'ai entendu dire qu'outre Atlantique, vous aimiez le Hip Hop d'une manière différente, comme moi je l'aime. Je commence à croire que c'est vrai.

TFTC - A l'écoute de ton travail, on constate la vitesse à laquelle tu rentres et sors les morceaux. Est-ce important pour toi ? Pourquoi ?

John Doe - De mon point de vue, si tu laisses les morceaux trop longtemps, ça donne l'impression que ça se traîne, c'est ennuyeux, alors je préfère jouer très vite, dire ce que j'ai à dire, montrer ce que j'ai à montrer, et passer au chapitre suivant.

TFTC - A ce rythme là n'as-tu pas peur de manquer de morceaux (rires) ?

John Doe
- J'ai essayé de faire les comptes une fois, je me suis arrêté aux alentours de 250 morceaux. Je n'ai pas la patience de m'asseoir ici et de compter combien de disques j'utilise mais je ne crois pas qu'il faille s'inquiéter ! J'ai assez de matériel inédit pour m'attaquer à de nouveaux mixtapes comme mes deux précédentes, pourtant parfois j'ai la sensation que le public s'en moque, que ça n'intéressera personne. J'aimerai beaucoup m'atteler à un nouveau projet mais ma manière de travailler est vraiment chronophage vu que j'ai un emploi régulier. Ça prend du temps de sortir un CD.

TFTC - Le deejaying est-il toujours une sorte de loisirs ? C'est difficile à croire ...

John Doe - Et pourtant oui, il y a de ça (rires) ! Même si ces derniers mois, j'ai été pas mal contacté à propos de « The Last Amateur » et de « Popular Fallacies ». C'est étrange parce que « The Last Amateur » a plu de six ans !! Je l'ai créé tout seul et j'ai fait du mieux que je pouvais. Je ne comprends vraiment pas pourquoi ces derniers mois les gens s'y sont intéressé à ce point. Parfois j'ai l'impression que j'ai fait cette mixtape pour genre, cinq personnes dans le monde (rires).

TFTC - Ta biographie officielle débute avec ta rencontre avec Mr. Dibbs et le collectif 1200 Hobos. Peux-tu nous en parler ?

John Doe - Étant donné que j'aime le Hip Hop, j'avais bien entendu parlé de Mr. Dibbs et par chance, je l'ai rencontré. Il vit dans la même ville que moi et je n'en avais même pas idée ! Il m'a invité chez lui - j'avais du mal à y croire ! Je savais un peu scratcher, il m'a vu faire, m'a écouter puis il m'a dit « ça y est, tu es des nôtres, tu es un Hobo ». Moi j'étais genre « Wahou ! Je fais partie du truc maintenant ». C'était en 1995.

TFTC - Peux-tu nous parler aussi de l'émission de radio que vous avez ensuite eu ensemble ?

John Doe - C'était une émission sur une radio associative. Nous jouions du Hip Hop indépendant et parfois, on prenait les platines pour scratcher. Nous avons fait ce show pendant trois ans et j'ai adoré voir Dibbs derrière les platines, être au contact d'un bon DJ te rend meilleur.

TFTC - C'était un genre de camp d'entraînement pour toi (rires) !?

John Doe - Oui (rires) ! Il y a du vrai dans ce que tu dis !! Beaucoup de gens sont venus au studio, ça m'a appris à gérer le stress en face d'un public et j'y ai amélioré mon scratch. Quand tu te retrouves à coté d'un DJ doué, tu peux ressentir son énergie dans tes propres scratchs.

TFTC - Je crois savoir que tu as aussi tenté l'aventure DMC ... c'est exact ?

John Doe
- Oui, j'ai participé au championnat DMC ici, à Cincinnati en 1999. C'était ma première battle. Je n'ai pas gagné mais c'était une bonne expérience. J'ai rencontré des gens, j'ai pu me présenter, certaines personnes se sont souvenues de moi par la suite. Ça m'a beaucoup aidé.

 
TFTC - As-tu des vidéos de tes routines, en live ou à la maison ?

John Doe
- Je pense que j'ai une cassette vidéo quelque part mais il faudrait la numériser. Mais j'en ai une : mon deux minutes et mon six minutes. C'est là quelque part au studio, attendant d'être numériser. Je le ferai peut-être, je n'ai pas honte de mes routines même si c'était il y a longtemps. Mais d'abord il faut retrouver la cassette (rires).



TFTC - Toujours à propos de vidéo, j'ai découvert le clip de ton morceau « Nowhere To Run » ...

John Doe - Non ! Tu as vu ça aussi (rires) !? C'est moi à l'usine. J'avais cette vidéo en tête depuis longtemps, je l'avais imaginé dans le détail alors quand j'ai eu l'occasion de la réaliser, je n'ai pas hésité. Et voilà le résultat.

TFTC - On a déjà évoqué la vitesse à laquelle tu mixes mais il y a autre chose qui m'a frappé dans tes travaux : c'est le souci d'offrir une narration. Pourquoi est-ce important pour toi ?

John Doe - Bien sûr que c'est important. Si je peux revenir sur quelque chose dont nous parlions plus tôt, j'aimerai ajouter qu'outre les DJ's, c'est le fait d'écouter des mixtapes, tout spécialement celles qui fonctionnaient pour moi. J'écoutais et je me demandais pourquoi le DJ faisait ci ou ça, pourquoi il mixaient tel morceau avec tel autre. Quand j'ai eu la chance d'enregistrer ma propre mixtape, j'ai repris toutes ces idées que j'avais eu. J'ai lu quelque part qu'un bon DJ doit être capable de raconter une histoire avec les disques qu'il joue. Ce n'est pas tout à fait vrai. Je pense que si tu joues 25 morceaux, tu ne racontes rien, si tu mixe comme j’essaie de le faire, là tu racontes une histoire. Ça fait une grosse différence.

TFTC - Qu'est-ce qu'une performance live par John Doe ?

John Doe - Just turntables and records. Des platines et des vinyles. Ces deux dernières années, ma seule date a été une sorte de mini showcase que j'ai fait pour mon anniversaire. J'ai décidé de proposer un mix de vingt minutes où je n'ai utiliser que du vinyle, j'y ai mis du beatjuggling, j'y ai mis du scratch, j'y ai mis des body-tricks ... c'est comme ça que je vois un DJ set live.
Le truc c'est que si tu joues pour du public, j'aime quand mon set ressemble à ce que je propose dans mes mixtapes. Je n'aurai jamais la patience de simplement jouer des morceaux quatre heures durant. C'est une particularité bizarre mais quand je propose un showcase, je veux retrouver les sensations d'une routine DMC : les disques sur les platines, des stickers
(repères autocollant servant de repères permettant au DJ de retrouver certains sons sur le disque -ndlr), pas besoin d'utiliser ton casque ... c'est comme ça que j'aime ça !
Et si tu as bien écouter ma façon de mixer, cette rapidité dans l'enchaînement des morceaux, c'est ce que j'attends d'un DJ set.
Tu sais, je fais peu de dates, j'ai mon emploi quotidien même si j'essaye de consacrer le plus de temps possible au deejaying, et puis parfois tu te dis que tu n'intéresses personne. Peut-être que l'attention que j'ai reçu ces derniers mois m'encouragera à persévérer.

 
TFTC - Peux-tu me donner des nouvelles des autres Hobos ?

John Doe - Dibbs vit à Cincinnati comme moi mais je le vois rarement. Les autres vivent tous aux États-Unis je crois mais j'en connais en fait très peu. J'ai presque toujours travaillé seul, c'est pourquoi on ne trouve pas de collaborations avec les autres membres du collectif. Dibbs vit à quelque chose comme vingt kilomètres et pourtant nous nous voyons très peu.
 
TFTC - Quelle est la suite pour toi ? Des dates, des mixtapes, des projets ? Et où peut-on suivre tout ça ?

John Doe - Je suis sur Bandcamp, je suis sur Facebook, vous pouvez me suivre sur ces sites. Le prochain projet est une compilation de quelques productions personnelles avec des rappeurs ou des scratchs que je crois personne n'a encore entendu.
Je commence à savoir ce que je veux pour la prochaine mixtape, presque une « Popular Fallacies » volume deux. Mais je n'ai pas travaillé dessus ces derniers mois. J'ai toujours beaucoup de matière première pas encore utilisée, beaucoup de choses que je n'ai pas pu inclure dans les mixtapes précédentes.


TFTC - Merci du temps que tu nous a accordé ...

John Doe - Pas de problème, j’apprécie tous les soutiens. Vraiment. Je veux dire : jamais je n'aurai imaginé ... sérieusement, quand « The Last Amateur » est sorti, personne n'a semblé s'y intéresser.
Je me disais : « Ok, c'était marrant » et pas plus. Et maintenant, je reçois des messages de partout à propos de mes travaux, du coup je suppose que les gens me sont passé à coté lors de la sortie des mixtapes et qu'ils y reviennent. Je suis heureux que les gens s'y intéressent et j'aime bien me dire que c'est peut-être mérité. Quoiqu'il en soit c'est une bonne leçon de vie.




Tales From The Crate - You're the guy who made two amazing mixtapes called « Popular Fallacies » and « The Last Amateur » but you're still pretty anonymous. How do you explain that ?

John Doe - A lot of people are unfamiliar with my material most likely because I am the « Last Amateur » ! I'm not a professional DJ by any means. I didn't get a big push because I wasn't signed on any label, I wasn't associated with any groups, except for Mr. Dibbs' 1200 Hobos so I'm not kind of surprised that a lot of people are not familiar with me.

TFTC - Why this nick name you gave yourself, « The Last Amateur » which is also the name of one of your mixtapes ?

John Doe - I felt that the last amateur was a good title for myself, I used it when I started and I kept it. It's a good way to describe myself. It's true that I'm The Last Amateur : everyone these days seems to have gone professional in some sense, except for me (laughs) ! I'm really not deejaying that much, I don't have a lot of gigs, I don't go on tour and I have a regular job - believe it or not, I'm a chemist. As I said, a lot of people aren't familiar with my work but people who really are into Hip Hop mixtapes, Turntablism, scratch and everything, they know me.

TFTC
- What's your musical roots ? Your first influence ? Who pushed you behind the decks ?

John Doe - I would say my very first influences as a DJ was probably Mr. Mixx from 2 Live Crew. I used to live in Florida when I was in high school. You maybe know that Florida was the place the Miami Bass became really big and all the DJ's down there were scratching really fast and that what cought me. Of course I love Jazzy Jeff, Mix Master Ice, Premier ... but my main influence is Miami's DJ's.
Believe it or not, I wasn't really involved into Hip Hop culture before, I mean I was definitely interested in Hip Hop but probably not until Eric B & Rakim's « Paid In Full » came out. That was when I really started to get interested in Hip Hop, in deejaying and thinking how I can put things together.

TFTC - Your mixtapes' tracklist is so rich and complex that it's sounding like you obviously make edits, playing it with digital vinyl system but ... I don't know, how are you working ?

John Doe - No, I don't even have a computer in my studio. « The Last Amateur » and « Popullar Fallacies » were recorded without using any kind of computer software. I recorded in analog, only with vinyl records. If I don't have something, I probably sampled it from a cassette but for the most part, I used maybe 98% vinyls.
I don't even own a Serato or something. I never used it. And that's the thing ! It's not about the fact I want use a Serato or not, but that's why I'm calling myself the last amateur : people used to play analog and then they discovered new way to play with Serato but I wasn't playing at all ! There were no need to me to move over to Serato. That's maybe a reason why « The Last Amateur » mixtape didn't get that much attention, because people are more intersted by mash up and things like that, than turntablism and things like I was doing.

TFTC - Do you mean that your work isn't appreciate so much in the US ?

John Doe - I heard someone saying that overseas, people like Hip Hop the way I like Hip Hop. And I think that's true, I really do.

TFTC - It seems very important for you to blend tracks in and out really fast. Why ?

John Doe - In my opinion, if you let anyone go too long, it just seems like it might be dragging, it's boring, so I want to play pretty fast, say what I wanna, show what I wanna show and move to the next chapter.

TFTC - Aren't you afraid to not have enough tracks to make the next mixtape (laughs) !

John Doe - I tried to count my records once, and I stopped before the end around 250 tracks, I won't have patience enough to sit here and count how many records I use but I think you don't have to be scared ! I still have enough material to do another project like those two mixtapes but sometimes I'm not really sure there are people who are looking for it. I would love to make another mixtape but the way I do things is so time consuming because it's not my regular job. It takes me quite a while to put a CD out.

TFTC
- Is deejaying still a kind of hobby ? It's hard to believe ...

John Doe - Yes, there is still a part of it (laughs) ! Even if whitin the last two or three months, people are really been contacted me about « The Last Amateur » and « Popular Fallacies ». It strange because « The Last Amateur » is six years old !! I putted it out by myself and I did the best I could. I don't really know why in the past few months, people asked me to speak about and seemed very intersted in. Sometimes I feel that I made that CD's for maybe five people in the wolrd (laughs).

TFTC - Your official biography begins by your meeting with Mr Dibbs and the crew 1200 Hobos. Could you tell us about ?

John Doe - Because I like Hip Hop, I heard about Mr. Dibbs of course and by chance I met him. He lives in the same city as me and I have no idea ! I was invited to his house - I couldn't believe it ! I knew how to scratch a little bit, he saw me scratching and said « you're in, you're a hobo ». I was like « Wah ! I'm part of it now ». I met him in 1995.

TFTC - Could you speak me about the radio show you did run with Mr. Dibbs and the other Hobos ?

John Doe
- It was a community radio show. Basically we played underground Hip Hop and sometimes we took the turntables to scratch. We did the show together for three years and I loved to see Dibbs on turntables because when you scratch with a good DJ, it makes you better.

TFTC - Could I say this show was a kind of training camp for you ?

John Doe - Yeah (laughs) ! I guess you're right !! Many people who were coming to the studio, it teached me to not being nervous in front of people and made my scratch better. When you're with another skilled DJ, you can feel his energy when you're scratching too.

TFTC - Is that right that you participated to the DMC world championship ?

John Doe - Yes, I did the DMC here in Cincinnati in 1999. That was my first big battle. I didn't win but it was a good experience. I met people and introduced myself, then people knew who I was. It helped me a lot.

TFTC
- Do you have some video from then or did you record your routine ?

John Doe -
I think I have a VHS video tape somewhere but I still have to digitise it. But I do have it : my two minutes and my six minutes. It's here in the studio, somewhere, waiting to be digitise. Maybe I'll do it, I'm not ashamed of my routines even if it was years ago, but I have to find the tape first (laughs).

TFTC - Speaking about video, I also found a clip for your track « Nowhere To Run » ...

John Doe - No ! You saw that too (laughs) !? That's me at my job. I had the idea for this video, I planned it out in my head for a long time so when I had time and everything I didn't hesitate. And that's the result.

TFTC
- We aready spoke about how fast you are to blend tracks in and out but there is something else I felt in your mixtapes, it is the will of narration. Is that important for you to tell stories in your works ?

John Doe - Of course yes. If I can back up a little bit, I would like to say that aside from DJ's, the biggest influence for me to make mixtapes was listenning mixtapes that worked very good. I mean when I was listenning mixtapes I asked myself « why did he do this ? Why did he do that ? Why did he mix this with that ? » When it was my chance to record mixtapes, I putted all these ideas I got before. I also read somewhere that a good DJ is able to tell a story with the records he plays. That's kind of true, that's kind of not true. I think that if you play twenty-five songs, that's really not telling a story, if you do the way I do, that's telling a story. There's a huge difference, you know.

TFTC - What is a live performance by John Doe ?


John Doe - Just turntables and records. In the last couple of years, the only thing I did is a kind of short showcase for my birthday. I decided to do a twenty minutes set and I used only vinyls, I did juggle, I did scratch, I did body tricks ... that's the way I do live DJ set.
The thing is if I play out live, I like it to sound a little bit like my mixtapes. I don't think I have the patience to playing songs for four hours. I know it's a weird thing of mine but if I'm doing a showcase, I want to have the feel of a DMC routine : records on turntables, everything is marked, you don't use headphones ... that's what I like to do ! And if you listen my mixtapes and the way I play songs in and out so fast, that's the way I want to play a DJ set.
You know, I really don't do a lot of gigs, I have a regular job and even if I try to dedicate as much time as I can to deejaying, and sometimes I feel that the audience isn't there. Maybe all this attention I got the last couple of months will change how I feel about it.

TFTC
- Can I have some news from other Hobos ?

John Doe - Dibbs lives here in Cincinnati also but I see him very rarely. The other Hobos are living in the United States but I don't really know a lot of them. I pretty much record by myself all the time, that's why my mixtapes are most often just about me. Dibbs even live in the same city than me, there maybe only twenty miles between us but I don't see him very often.

TFTC - What's next ? Gigs ? Project ? Next mixtapes ? And of course where could we find you on internet ?


John Doe - I'm on Bandcamp, I'm on Facebook, check me out there. Next project is a compilation of some things I did by myself, I actually produced a few songs with different MC's from here and with scratches I think people never heard me do. I have a kind of concept for another CD, almost a kind of « Popular Fallacies » number two. But I haven't really progressed with that in the last past months. There is still a lot of material I never used in my mixtapes, a lot of outtakes too.

TFTC - Thank you to give us a little bit of your time ...

John Doe - No problem, I appreciate all the support. Really I do. I mean, I wouldn't never tought ... Ok seriously, when « The Last Amateur » came out, no one seemed to be interested. I was like : « Ok, it was fun » nothing more. And now, I receive a lot of emails and a lot of contacts about it so I guess a lot of people missed it the first time around. It's amazing, I'm happy that people checked me out and I like to think it's maybe deserved. Anyway it's a lesson.


Thanks to John Doe for his smile, time and skillz.

Interview by Reverend D, by phone, April 21st 2013.

mercredi 1 mai 2013

#160 - DJ Grazzhoppa's Big Band 10th Anniversary

Une émission entièrement consacrée au DJ Grazzhoppa's DJ Big Band histoire de célébrer le dixième anniversaire du plus recommandable collectif de DJ's belges !! Nous prenions alors le temps de vous présenter le crew (pour peu que ce soit encore nécessaire) avec leur bien nommé "10 Yearz Anniversary mix" aux commandes duquel on trouve Boula One, Courtasock, Yzerbeat, Mix Monster Menno, J To The C et Optimus. Pour la suite, on jetait une oreille attentive à l'album "Back 2 Scratch", dernière pépite du collectif sortie en Février 2013.




A 100% DJ Grazzhoppa's DJ Big Band to celebrate the 10th anniversary of the most recommendable belgian DJ crew !! We took time to introduce you this project (in case you need it) with their "10 Yearz Anniversary mix" featuring Boula One, Courtasock, Yzerbeat, Mix Monster Menno, J To The C and Optimus. Then we get an earful of the brand new "Back 2 Scratch" album, released in February 2013.

jeudi 25 avril 2013

#159 - John Doe & Joey Beats

C'est avec un plaisir non dissimulé que nous revenions cette semaine sur un DJ ricain dont nous avions parlé il y a quelques mois déjà, un anonyme bourré de talent qui mériterait de se faire un nom, j'ai nommé l'excellent John Doe et son "The Last Amateur", mixtape vieille de six ans - nous l'apprendrions plus tard lors d'une interview du garçon - et cascade Hip Hop à l'efficacité pourtant incroyable !
La suite s'inspirait de l'émission de la semaine passée avec un retour sur le label Strange Famous Records, tout spécialement le "Reverse Discourse" d'un autre américain, Joey Beats, ici sous pseudo The Joe Beats Conspiracy ...



What a pleasure to speak you about an american DJ we already introduced you a few months ago, the unfairly unknown John Doe. This week we talked about "The Last Amateur", a six years old mixtape - that's something we didn't know before to catch him in interview - and a so tasty Hip Hop storm !
Next stop was about chill out grooves with Strange Famous Records and Joey Beats' "Reverse Discourse", here under the name The Joe Beats Conspiracy ...

jeudi 18 avril 2013

#158 - 100% Buddy Peace

Cette semaine, Tales From The Crate s'intéressait à un artiste anglais passablement inclassable, un DJ, producteur et scratcheur qui n'a pas oublié que la platine vinyle est (surtout) un instrument de musique : j'ai nommé le surprenant Buddy Peace. L'exploration de son univers méritait largement qu'on s'y colle deux heures durant, d'abord avec la beat-tape "Hot Pudding" parue l'année passée, ensuite avec un boulot un peu plus ancien et un poil plus orienté mixouille, "Wolf Diesel Mountain" datant de 2007.

Tales From The Crate focused on a british artist pretty hard to classify, a DJ, a producer and a scratcheur who knows that a turntable is first a music instrument and a way to create sound landscape : Buddy Peace. Two hours weren't too much to discover his universe, first with his "Hot Pudding" beat-tape released last year, then with a older work called "Wolf Diesel Mountain" from 2007.

mercredi 10 avril 2013

#157 - Funk On Wax & Cut Chemist

Fort d'un week-end passé à envoyer du gros Funk jusqu'aux petites heures du jour dans l'un des hauts lieux de la nuit bruxelloise aux cotés de notre camarade de jeu (et néanmoins gradé) Colonel Sweetback, le Tales From The Crate de cette semaine s'ouvrait sous l'influence des envies d'encore que nous avait laissé tout ça ... c'était donc funky funky style dans les sous-sols en première partie avec un set aussi jouissif que sa source est mal définie : "Funkastic mix vol.01", un nom un peu cliché pour une mixtape où personne ne semble manquer à l'appel, de James à Lyn et de Sharon à Marvin en passant par pas mal de petits nouveaux sur le marché du groove auquel on ne résiste pas. Tout ceci est vraisemblablement à attribuer à un certain Funk On Wax ... dont on n'a toujours pas compris s'il s'agissait d'un DJ ou d'une quelconque structure (si vous avez des infos).
Pour la suite, nous changions de décennie mais pas d'état d'esprit avec un excellent DJ set du magistral Cut Chemist, "Hip Hop lives (1985-1996)", performance live offerte à l'occasion d'une soirée Afex, organisateur parmi les plus réputés de la côte Ouest des États-Unis.



After having spent our week-end to drop Funk bombs alongside our friend Colonel Sweetback in a pretty well known night place in Brussels, we opened Tales From The Crate this week with a taste of a wishful come-back ... so let's get funky funky style to begin with a crazy Funk mix called "Funkastic mix vol.01". No one is missing and you'll meet there James, Lyn, Sharon, Frank, Marvin and some others legends but also many really cool newbies. This meeting seems to be organised by Funk On Wax but we still ignore if this is a DJ, a label or something (if you have any information, we're interested).
Then, we changed the decade but not the groovy style when we played a pretty cool DJ set by the legendary Cut Chemist, "Hip Hop lives (1985-1996)" played live for an Apex party, one of the best Hip Hop parties in the west coast of the United States.

mercredi 3 avril 2013

#156 - Acrylik, DJ Turbulence & DJ P

Depuis la nuit des temps du marketing vestimentaire, le bon moyen d'en économiser (du moyen) est de coller vos frusques sur le dos d'un pékin plus ou moins populaire pour vous associer à ses valeurs et donc, faire paraître vos textiles complètement sains, bios, voire contre la guerre et bons pour la santé. Ça marche toujours très fort avec le sportif ; faut dire qu'il est honnête le gars, pas le genre à gruger ni à vous refourguer de la sape made in China sous prétexte qu'on lui a collé un chèque à cinq zéros sous le nez.
Beaucoup plus récemment, le statut (relativement nouveau) du DJ star a fait du pousseur de galettes une cible privilégiée des marketeux. Le hic, c'est que s'offrir papa Guetta équivaut à allonger le PIB des deux Corée, et qu'avec tous ses détracteurs, on n'est même pas sûr de son retour sur investissement. Du coup des gros malins se sont intéressés à la culture de la Street - ouaich - et sont naturellement tombés sur un animal étrange qui acceptait d'être payé en tee-shirts : le DJ turntalist.
C'est le cas de Dephect ou de Redbull par exemple qui se sont historiquement acoquinés avec le milieu Hip Hop indépendant (entre autres), en n'offrant d'ailleurs que leur produit en échange de visibilité (un sacré bon calcul, réfléchissez). Cette semaine dans Tales From The Crate, on s'intéressait à un nouveau sur le marché du DJ Street Wear : Acrylik.
Le truc de ces californiens, c'est le turntablist pur et dur avec l'organisation de concerts, de battles et même d'une session scratch une fois l'an histoire de définitivement s'acheter une crédibilité. Normal donc que leur site web propose de la mixtape, et c'est là que ça devient intéressant parce que pas mal de bonnes choses se dissimulent dans le tas, et pas seulement des inconnus (on y croise tout de même J.Rocc, Spinna ou DJ Revolution). Dans les sous-sols, notre choix s’arrêtait sur le californien DJ Turbulence qui offrait avec son "Lissen Up" une rétrospective menée à bon rythme et bourrée ras la gueule de classiques Hip Hop.
La suite c'est le français DJ P qui nous l'offrait avec la deuxième partie de sa mixtape "You Must Learn", la bien nommé "Face B". On trouve d'ailleurs sur le soundcloud du garçon un mix démo pour un contest organisé par une marque de fringues américaine : Acrylik ! La boucle est bouclée, on est vraiment trop fort ...



You're a marketing guy who want to save his money ? The easiest way is to put your product on someone who's going to wear it everywhere, a kind of living advertisement. Choose a popular sport player for example, and your bullshit (clothes, drink, travel, anything) will become healthy and will work for worldwide peace. Nothing but magic.
For a few years, the brand new successful status of Star DJ's brought a new target in town. The only problem is that having daddy Guetta needs to spend twice the korean GPD. Not a very good deal. That's why a few brands looked to the Street Culture and found a crazy animal that nobody even expected : turntablist DJ. Dephect and Redbull were some kind of pioneers this way, associating themselves with the obviously incoruptible Hip Hop Culture. But some newbies still enter the game and this week, here was a new challenger : Acrylik.
The credo of this californian street wear brand is turntablism, real one, with lives, battles, even a yearly scratch session for the street credibility. So obviously, the website is full of mixtapes, and that's why all this marketing shit began to be interesting ! We found a lot of good stuffs there with works by J.Rocc, Spinna or DJ Revolution. In Tales From The Crate, we stopped to DJ Turbulence's "Lissen Up", a good classic mix, fast, well played and full of Hip Hop hits.
Our next destination this week was France to listen (at last) DJ P's "You Must Learn" second part, called "Face B". By the way, the french DJ participated to a contest by an american clothes company called ... Acrylik ! You can find the mix on his soundcloud.

mardi 26 mars 2013

#155 - DJ Woody, Chubby Grooves & Chopped Herring Records

Un Tales From The Crate tout comme on aime cette semaine avec une plongée dans l'histoire (et le catalogue) de Chopped Herring Records à l'occasion de la sortie du mix de DJ Woody "Fly Fishing", tout entier consacré à la structure de Manchester.
Nous revenions ainsi sur les faits d'armes de Chubby Grooves alias Pro-Celebrity Golf, DJ mancunien, véritable célébrité locale et fondateur du label anglais ; Un trop bref historique avec en point d'orgue le génial "Three Sinister Syllabes", DJ set à quatre mains réalisé aux cotés de Jay Glaze dans la plus pure tradition du Cut-Up ...



What a lovely Tales From The Crate this week ! We dived into the history (and the library) of Chopped Heering Records in connection with the release of DJ Woody's mix called "Fly Fishing" and all composed with tracks from this british label.
It was also time to speak about Chubby Grooves aka Pro-Celebrity Golf, DJ from Manchester, local Hip Hop celebrity and founder of Chopped Herring ; A too short history and a DJ Set to conclude the show, "Three Sinister Syllabes" by Chubby Grooves and Jay Glaze, amazing Cut-Up mix that we just had to share with you ...

jeudi 21 mars 2013

#154 - DJ Duke & DJ Daredevil

Vous auriez tort de croire qu'il est forcément nécessaire de cavaler outre-Atlantique pour satisfaire vos besoin de mixtapes Hip Hop US tendance productions sombres et Rap velu ; Le vieux continent s'en sort très bien aussi !! Nouvelle démonstration cette semaine dans Tales From The Crate avec le dernier set de DJ Duke, soutient platines historique du groupe Assassin et manipulateur de microsillons plus que productif à en juger par sa page Bandcamp. "Winterz Hell" - c'est le nom de la bête - est sortie mi-Février en free download et colle 22 cartouches made in USA dans les gencives des amateurs de flots énervés ... dont nous sommes évidemment !
Histoire d'enfoncer le clou, nous partions ensuite à la découverte de DJ Daredevil, londonien s'étant brièvement illustré en championnat début 2000 qui nous offrait ici avec ses "The Classix vol.01 et 02" un aperçu hautement groove de son catalogue d'influences persos ...

Some people uses to believe that you have to across the ocean to find serious US Hip Hop mixtapes, with fat production and heavy lyrics. That's a wrong answer and our old Europe is pretty fully loaded with real Hip Hop DJ's. Our new proof is the last tape by DJ Duke, DJ for french Hip Hop group called Assassin and a pretty busy guy considering his Bandcamp profil. Released on February (it's a free download fellas), "Winterz Hell" - that's the name - is a 22 tracks bomb that you have to check if you like strong flow made in USA.
Then we gone to London to focus on DJ Daredevil, a british DJ and producer that we seen a little bit on ITF and DMC championships around 2001, alone or with his team. Here was about his two "The Classix" mixes, personnal testimony of his own classic influences ...

mercredi 13 mars 2013

#153 - DJ Lu Chisz & DJ Panic (from the Bomb Collectors) and DJ Renegade

Cette semaine, Tales From The Crate faisait le plein de cartouches BBoy Funk grâce à DJ Lu-Chisz et DJ Panic du collectif néerlandais Bomb Collectors et leur mixtape à quatre mains, "Hearing is Believing" parue en Mai 2012. La suite on la devait à DJ Renegade, l’excellent anglais, lui-même ancien danseur (dont vous pouvez retrouvez une interview datant du Battle Of The Year International 2011 ICI) et grand adepte d'un groove tout spécialement orienté vers le Lockin' et autre Poppin', les danses debout qui ont la classe quoi ...



A fully loaded BBoy show this week !! First with two pretty cool neighbours from Nederlands : DJ Lu-Chisz and DJ Panic - from the Bomb Collectors crew - with their "Hearing is Believing" Mixtape released in May 2012 ; Next with the excellent DJ Renegade from UK, who was a dancer in the early 80's (you could check his interview from the International Battle Of The Year 2011 HERE) and is now one of the worldwide DJ's playing for Lockin' and Poppin' lovers ...

lundi 4 mars 2013

#152 - Mr. Brown, Kingundergroung & Unlog

Histoire de saluer (et de découvrir) comme il se doit la sortie du nouvel EP instrumental de Mr. Brown - "The Hub Wish" - on filait outre Manche prendre des nouvelles du très recommandable label anglais King Underground à qui l'on doit la dite plaque. Concrètement, on s'offrait deux podcasts par deux artistes de l'écurie britannique : Mr. Brown tout d'abord, Simiah ensuite, tous deux datant de l'année passée.
Après ces émotions Hip Hop tout en nuances de Jazz, on s'intéressait à la dernière (free) release du wablabel Unlog, "A Tribute to Ravi Shankar", douze titres à la gloire (électronique) du plus célèbre joueur de sitar que le monde de la Pop ait connu ...


This week, we wanted to salute (and let you discover) the last instrumental EP by Mr. Brown - "The Hub Wish" - so we crossed the Channel to get some news from the really good label King Underground with two podcast : Mr. Brown first, Simiah then, both from 2012 and the partnership between them and Dephect (a clothing brand).
After these so Jazzy Hip Hop emotions, we spoke about the last (free) release by the weblabel Unlog, "A Tribute to Ravi Shakar", twelve (electronic) titles in glory to the most famous sitar player that the world of Pop Culture ever knew ...

mercredi 27 février 2013

#151 - Golden Era Records & DJ Jaytee

Cette semaine, direction les antipodes puisque c'est en terre australienne qu'on allait vous chercher de quoi se nourrir les esgourdes, en l’occurrence le Hip Hop du label Golden Era Records, chapelle australienne consacrée à la défense de son exception culturelle dans le domaine du lyric anglophone et à l'excellent catalogue, que l'on parle MC's ou producteurs. On s'intéressait particulièrement à la dernière mixtape de ces jeunes gens, la "Golden Era Records Mixtape 2013" qui comme son nom l'indique joue les teasers des sorties à venir ou des artistes fraîchement signés (dont l'excellent K21). En charge de cette grosse heure de musique (dont nous n'avions hélas pas le temps de nous régaler en entier) on trouvait un certain DJ Jaytee sur lequel nous nous penchions en seconde partie d'émission, avec la diffusion de la très bonne "Yes I Used a Computer mixtape vol.01" parue en 2010.


This week we headed for Australia where we found our musical food, and it will be about the Hip Hop from Golden Era Records, australian label working for a few pretty promising newbies, no matter if they're MC's or producers. We were listenning the last (and free) mixtape from there : "Golden Era Records Mixtape 2013", a kind of teaser for upcoming releases or artists (check out the excellent K21). Behind the decks for this set (that we didn't have time enough to listen fully and for free on the Golden Era website), there was DJ Jaytee that we were curious about. And this guy is good ! Demonstration with his "Yes I Used a Computer vol.01" released in 2010.

lundi 18 février 2013

#150 - A certain kind of anniversary : DJ Melo-D & Rob Swift

Tales From The Crate 150ème du nom !! 300 heures de programmes, les interviews de DJ's parmi les meilleurs du monde, des mixtapes de légende et des exclusivités plus souvent qu'à notre tour ... cette semaine aurait donc dû être celle des l'auto-satisfaction et des tapes dans le dos. Mais ce n'est pas le genre de la maison ! Nous préférions donc insister sur le symbole numéraire à grands renforts de chefs d’œuvre turntablistes : d'abord les "Classic Sounds" de DJ Melo-D (original world famous Beat Junkies) et le génial "War Games", septième album du maître X-Ecutioners en personne, Rob Swift ... après cela serez-vous prêts pour nous suivre jusqu'à la 200ème émission ?



150th Tales From The Crate !! 300 hours of broadcasting, interviews of some of the best DJ's around the world, exclusive or classic mixtapes, report from international events ... it should be time for self congrats in the undergroud this week I guess. But it's not our kind ! We prefered to enjoy it with two tablist masterpieces, bringing you the "Classic Sounds" by DJ Melo-D (original world famous Beat Junkies) and the legendary Rob Swift's "War Games", the amazing seventh album by the master X-Ecutioners ... are you ready to go to the 200th show !?

mercredi 13 février 2013

Speech Debelle's interview

De passage à Bruxelles pour défendre son album "Freedom of Speech" (2012, Big Dada) sur la scène du Botanique, Speech Debelle nous accordait quelques minutes le temps d'une pause tabagisme à vocation digestive. Rencontre avec une MC qui en a ... (du talent. Vous pensiez à autre chose ?)


(see below for english version)

Tales From The Crate - Tu as commencé à écrire à l'âge de neuf ans et tu rappais à treize. Comment expliques-tu cette vocation précoce ?

SpeechDebelle
- Je ne sais pas vraiment ... c'est jute venu naturellement, ça avait du sens pour moi. Mais c'est vrai que c'est inhabituel. Il y a un souvenir qui m'a marqué, cela date de l'école primaire : l'institutrice nous avait demandé d'inventer une histoire à propos de Noël. Je l'ai écrite comme un poème et j'ai tout de suite su qu'il y avait un problème avec ça parce que quand la professeure l'a vu, elle m'a regardé comme si ... j'étais une chose bizarre ! Je me souviens de ses yeux. Ce que j'avais fait ne figurait clairement pas dans les livres scolaires (rires). J'ai remarqué sa réaction j'ai pensé que j'avais vraiment fait quelque chose de spécial. Je ne savais pas exactement quoi mais j'avais fait quelque chose de spécial.

TFTC - Personne ne sait vraiment ce qu'il s'est passé pendant les quatre ou cinq ans qui ont précédé la sortie de ton premier album sinon que tu as quitté le domicile familial à dix-neuf ans ... est-ce à cette période que tu es devenue l'artiste que l'on connaît aujourd'hui ?

Speech Debelle
- Non, ce n'était pas une période pour devenir quoique ce soit. J'ai passé ces années à fumer, boire et à ne rien faire, il n'y a rien de remarquable à signaler à cette période. J'ai vraiment passé ces années à ne rien faire et ce serait une erreur de faire croire que c'est ce qui m'a construit en tant qu'artiste parce que peu de choses m'ont été bénéfiques dans la vie et que traîner pendant quatre ans n'aidera jamais personne. C'est une peu comme quand des gens sortent de prison en disant qu'ils y ont obtenu un diplôme, tu leur réponds : hey, tu étais en prison, tu vois ce que je veux dire (rires) !? Ce n'est pas quelque chose dont j'aime parler de toute façon.
 


TFTC - Crois-tu qu'il y ait un lien entre la précocité de ton talent et le fait que tu aies ressenti le besoin de souffler pendant ces quelques années ? Étais-tu finalement trop jeune pour faire des trucs d'adulte ?

Speech Debelle
- Oui, peut-être. Mais commencer si jeune avait du sens pour moi, j'étais sûr qu'écrire était mon rôle en tant qu'être humain, en tant que Corynne Elliot (son vrai nom -ndlr). Mais ça s'est peut-être manifesté un peu trop tôt.

TFTC
- Ta musique est empreinte de mélancolie, à la fois dans les instrumentaux et dans tes textes, d'où cela vient-il d'après toi ?

Speech Debelle
- Je crois qu'il y a toujours une chanson ou une période particulière de la vie d'un artiste où il se sent connecté avec la musique, créant un lien original qui l'aide à avancer dans son art. Pour moi ce sont les chansons "Human Nature" de Michael Jackson et "Slippin" de DMX. Ces morceaux sont pleins de batteries, de violons et de guitares. Ce sont trois éléments musicaux sur lesquels je ressens le besoin d'écrire. Ces chansons m'ont profondément touché et je pense qu'elles influencent toujours ma façon de travailler. La musique est un échappatoire et j'aime créer des morceaux dans lesquels je peux m'évader. Mais je crois savoir ce que tu as en tête et je dois donc préciser qu'il ne s'agit que d'un choix musical.

TFTC
- Ton premier album, sorti en 2009, n'a pas rencontré le succès qu'il méritait et tu n'as alors pas été tendre avec ton label, Big Dada (label Hip Hop lié à Ninja Tune -ndlr). Pourtant tu es de retour sur Big Dada avec ton second long format, peux-tu expliquer pourquoi ?
Speech Debelle - Les gens n'ont pas interprété correctement ce qu'il s'est passé entre le label et moi autour du premier album. Ce que l'on appelle « succès » dans notre société est biaisé. Ça n'a rien à voir avec le fait d'être riche. Le succès c'est être heureux. Voilà ma conception. J'ai été très heureuse lorsque mon album est sorti, je le suis toujours et pour moi, presque quatre ans de bonheur c'est un sacré succès (rires) ! Je gagne plus d'argent que si j'avais un emploi régulier, même si on peut toujours en gagner plus, et je réalise à présent qu'à mes yeux l'argent n'est pas synonyme de succès dans le sens où plus tu en as, plus tu en veux. Suis cette voix et tu ne seras jamais en accord avec toi-même.

TFTC
- Je peux comprendre cela mais tu as vraiment eu des mots très durs à l'égard de Big Dada à propos de leur gestion du premier album. Des excuses ont-elles été nécessaires pour continuer à travailler ensemble ?

Speech Debelle
- Non, non, non, je ne suis pas du genre à m'excuser, je n'ai jamais été douée pour ça honnêtement (rires). Quoiqu'il en soit, il ne s'agit que d'une relation professionnelle, la seule différence entre eux et moi étant que je suis mon propre business. Et quand tu travailles avec des gens du métier, tu dois parler aussi fort qu'eux, tu dois être aussi déterminé qu'eux, et j'ai constaté que ça pouvait être très difficile parce que tu es seul face à toute une équipe. Et d'un autre coté, c'est beaucoup plus facile pour eux de te faire passer pour la méchante de l'histoire. Si je veux être entendue, il faut parfois être dure. Il n'y a que comme ça que je pourrai créer quelque chose.



TFTC - Je profite que tu sois londonienne pour te demander ton avis sur l'explosion de l'énorme génération montante de MC's britanniques aussi à l'aise sur le Dubstep, le Grime, le Hip Hop ... Est-ce un phénomène que tu surveilles ?

Speech Debelle
- Je crois que c'est une période bénéfique pour la musique noire en Angleterre. Ce n'est pas spécialement nouveau puisqu'il y a toujours eu des artistes noirs qui connaissaient le succès mais la grosse différence à présent c'est qu'il ne s'agit plus de nous faire passer un à la fois, c'est tout une vague qui monte ! Je pense que c'est la première fois dans l'histoire musicale anglaise qu'on assiste au succès simultané de plusieurs artistes noirs. C'est à croire que jusque là, il y avaient des types qui attendaient qu'un chanteur black disparaisse pour en faire monter un autre (rires) ! Il faut savoir que la culture noire a une grande influence au Royaume-Uni et en même temps on voit émerger une nouvelle culture actuellement, mélangeant les influences des blancs, des noirs etc. C'est en train de changer notre façon de créer. Quand j'observe ça, je me dis que c'est mon devoir de faire en sorte que de plus en plus de gens puissent s'infiltrer dans cette brèche. C'est peut-être la meilleure période qu'ait connu la musique noire en Angleterre.

TFTC
- ... est-ce vrai aussi pour des jeunes MC's comme Kozzie qui sont presque exclusivement préoccupés par les fêtes et l'exercice de l'ego trip (et bien que ce soit un excellent rappeur) ?

Speech Debelle - Ça a toujours été comme ça ! Les rappeurs ont toujours joué la carte du Je suis meilleur que toi ... Pense à LL Cool J ou au Wu Tang Clan. Le Wu Tang faisait des chansons pour montrer qu'ils étaient plus intelligents que les autres et c'est en suivant cette voix que RZA a écrit à propos de spiritualité, de dimensions parallèles et de tout un tas d'autres trucs que personne n'avait entendu jusque là. Et pourtant, au départ, l'intention est juste d'asseoir ta prétendue supériorité ! Il n'y a rien de mal à cela.
Même si ce n'est pas mon approche du Rap, c'est quelque chose que j'apprécie.

TFTC - Pour finir, que puis-je te souhaiter pour la suite ?

Speech Debelle - Plus de bonheur ! C'est le plus important et c'est ce que je suis en train d'apprendre. J'ai presque 30 ans à présent, les choses sont en train de changer pour moi. Je rentre dans un nouveau cycle de ma vie et je souhaite juste en profiter au maximum !


Tales From The Crate - You were nine years old when you start to write, and thirteen when you start to rap. How do you explain this very early vocation with words ?

Speech Debelle - I don't really know ... it was just something that just came naturally, something that was meant for me.Yes, it was unusual. I remember something in primary school : the teacher gave us a story to write about Christmas. I wrote it as a poem and I knew something was wrong because when the teacher saw it, she looked at me like ... what the hell are you !? I remember her eyes. What I did was definitely not in her teacher's handbook (laughs). I were noticing her reaction and I remember that I thought to myself : I've done something here, I'm not sure what it is but I've done something.

TFTC
- Nobody really knows what happened during the four or five years before your first album release except that you has quit your family place at nineteen ... was it the time for you to become the artist you're today ?

Speech Debelle
- No, it wasn't really time of anything. It was a time for smoking, drinking and not doing anything, it was nothing memorable during these years neither really much to talk about. I had a couple of years of not doing anything and it would be wrong of me to say that is what made me an artist because there is only a few things that happened in my life that benefited me and I don't think running around for four years really helps anyone. You know, when people go to jail, they're always explain they got a certificate or something there ... yeah, but you were in jail, you know what I mean (laughs) !? It's not something I really like to speak about anyway.


TFTC
- Do you think there is a link between your early vocation and this time when you seemed to need to take a breath ? Were you too young to make adult's stuffs ?

Speech Debelle
- Yes, maybe. But I started so young because it was meant for me, I just knew to write was my job as a human being, as Corynne Elliot (her real name -ed). But it maybe came too early.

TFTC
- Your music is full of melancholia, I mean both in the sound and the lyrics, where does it come from ?

Speech Debelle - I think that every kind of artist has a link to music which means there was a particular song or a particular time in his life where he was connected to it and that's why they always go to. For me, it was a song by Michael Jackson called "Human Nature" and another one by DMX called "Slippin". These songs are all about drums and strings and guitars. These are the three musical elements that I must draw on to. These songs affected me the most and I think it still influences my way to create. Music is escapism and I like create music that I can espace to. But I know what's in your mind and I have to say it's nothing but a musical choice.

TFTC
- Your first album, released in 2009, didn't meet the success it deserved and you weren't kind with your label, Big Dada (A Hip Hop label linked to Ninja Tune -ed). Now, you're back on Big Dada for the second one, could you explain why ?

Speech Debelle - No, that's a misconception. I think what we call success in our society is fuzzy. Success isn't being rich. Success is being happy. That's my opinion. When my album came out, I was happy, I'm still happy now and nearly four years being happy is a success to me (laughs) ! I have more money than if I have a day job, even if you can always have more, and I realize now that money doesn't mean success to me because the more money you have, the more money you need. Follow this way and you won't ever be cool with yourself.

TFTC
- I can understand that but you really had words with Big Dada over the management of your first album. Did you apologize or something ?

Speech Debelle
- No, no, no, I'm not really into apologize to be honnest, I'm not really good for that (laughs). Anyway, it's all about a business relationship, the only difference between I and them is that I am my business. And when you have to deal with business guys, you have to speak as loud as them, you have to be as determined as they are, and I saw it's more difficult for you because you're just one person in front of a team. And in the other hand it's easier for them to pose you as a bitch. If I want to be heard, I have to be hard. And I have to be because I'm building something.

TFTC
- You come from London so what do you think about this upcoming massive british new generation of MC's rapping on any kind of sound : Dubstep, Grime, Hip Hop ... Is it something you're keeping an eye on ?

Speech Debelle
- I think right now is a good time for black music in England. It's not something really new, there always were good black artists in charts or something but the main difference is that it's not one at a time anymore, it's a wave ! I think that's the first time in british music that there is more than one black success at a time. I mean until now it seemed like there was some guy waiting for one artist to leave to remplace him with another black (laughs) ! You know, black culture is so influential in the UK that it's creating a brand new mixed culture which is rising there, changing our way to create. I'm part of that and it's my job to make easier for more people to come through. It's probably the best time ever for black music in England.

TFTC
- ... including young guys like Kozzie which is exclusively about partying and ego trippin' ?

Speech Debelle
- That's always been ! Rappers have always been about I'm better than you ... Look at LL Cool J or Wu Tang Clan. Wu Tang made songs about saying I'm more intelligent than you. Following this way RZA did verses about spirituality, others dimensions and many stuffs that nobody heard before in Hip Hop. And yet, it was only about I'm superior ! I don't see anything wrong with that.
Even if I don't really rap like that, it's something I appreciate.


TFTC
- What can I wish you for next months ?

Speech Debelle
- You can wish me more happiness. It's the most important, that's what I come to learn. I'm almost 30 now, things are changing for me. I'm in a new row in my life and I just want being happy the most !



"Speech Therapy" and "Freedom of Speech" are both available on Big Dada.


Thanks to Speech Debelle for her smile, time and talent.

Interview by Reverend D, Junuary 31st 2013.