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mercredi 12 juin 2013

#165 - JS-One & DJ Spinbad

Oyez, oyez, j'annonce l'avant dernier Tales From The Crate de la saison. Quatre heures à peine nous séparent du fatidique instant où regagnant la surface nous partirons exposer nos teints blafards en offrande à un soleil timide mais déjà éblouissant (à nos yeux). Une pause estivale certes bien méritée, pourtant loin de nous l'idée de nous ramollir dans la dernière ligne droite, vous le savez, on est pas du genre à s'essouffler ...
Ainsi cette semaine les sous-sols résonnaient d'une mixtape majeure - que dis-je ? Magistrale - j'ai nommé le "Coldcutz Remixes" de DJ JS-One (du Rocksteady Crew) et DJ Spinbad, datant de 1997 (1995 selon JS-One). Le principe est simple mais jouissif : ne malaxer ici qu'instrumentaux et acappellas afin de créer des versions inédites des tubes Hip Hop les plus célèbres des décennies 80's et 90's. En plus d'expliquer le terme de "remixes" utilisé dans le titre, la démarche offre un monstrueux travail de DJ's et un mix parmi les plus importants de l'histoire platinesque.
En 2010, JS-One cette fois en solo a donné une suite à cette pépite avec la bien nommée mixtape "Sound Waves : Coldcutz Remixes 2" qui prenait le parti d'effectuer un travail proche de celui du premier opus mais avec le Hip Hop New School d'une décennie plus tard, tordant volontairement le cou des adorateurs du "c'était mieux avant" ...



Can I have attention please ? It's almost the end of this fourth season. Only four hours are still separating us from the time when we have to get out from our crypt and expose our pale skins to the sun. We deserve this summer break, that's ok, but that's not a reason to weaken during the last lap ! It's not our style ...
So this week, we were coming with one of the most importante (and brillant) mixtape ever : please welcome "Coldcutz Remixes" by DJ JS-One (Rocksteady Crew) and DJ Spinbad, a tape from 1997 (1995 if you listen to JS-One). The principle is simple : only play instrumentals and a cappellas to create new versions of the 80's & 90's Hip Hop hits (that's why they said "remixes" in the title). This work is really crazy, for me on of the most important in the turntables history.
In 2010, JS-One did want to make a sequel, this time by himself, and came the mixtape "Sound Waves : Coldcutz Remixes 2" (available for free) that purpose same kind of work with 2000's new school Hip Hop, a good way to discredit people who are saying that it was better before ...

mardi 4 juin 2013

#164 - Cuts of Culture & Mr. Thing

A l'approche de la déjà fin de saison, Tales From The Crate dégainait de la cartouche (très) haut de gamme cette semaine puisqu'on vous donnait rendez-vous dans les sous-sols avec une petite tranche d'histoire turntabliste, la bien nommée compilation "Cuts of Culture" sortie en Novembre 2005 sur le label Eclectic Breaks (structure liée à la société qui développa le Pro-X-Fade, peut-être le plus célèbre crossfader de notre univers platinesque) et doublement parrainée par l'excellent DJ 2Tall et Turntable Radio.
Référence indispensable de votre discothèque, ce "Cuts of Culture" est un instantané du paysage tabliste de son époque et un résumé de la longue liste d'invités de 2Tall sur Turntable Radio. Inutile de vous dire qu'elle vous vendra du rêve : A-Trak, C2C, Grazzhoppa, D-Styles, Daredevil, 2Tall, Damented, Lamont et j'en passe ...
Sans transition aucune, nous plongions ensuite dans de vieux mixs signés Mr. Thing des Scratch Perverts, l'un réalisé pour l'émission de John Peel sur la BBC et datant de 1997, l'autre célébrant en 2004 l'anniversaire d'un illustre équipementier sportif à trois bandes.



A few weeks only before the end of our fourth season, we dropped a legendary cartridge, a part of the turntablist history called "Cuts of Culture" and released in November 2005 on Eclectic Breaks (linked to the society which gave us the Pro-X-Fade crossfader), a project sponsored by both DJ 2Tall and Turntable Radio.
Absolute must have in your collection, this "Cuts of Culture" is a landscape of turntablism from the first half of the 2000 decade and a summary of the biggest guests came in the 2Tall's show on Turntable Radio. So many men so little time ! Have a look : A-Trak, C2C, Grazzhoppa, D-Styles, Daredevil, 2Tall, Damented, Lamont and many more ...
Without transition, we dove into two old mixes by Mr. Thing (from the Scratch Perverts) that I listenned a lot these days : one for the John Peel's BBC show from 1997 and the other to celebrate in 2004 the birthday of a famous sportwear brand (with a three lines logo).

lundi 27 mai 2013

#163 - Something something Summertime !!

En levant les yeux au ciel cette semaine, on s'est dit qu'on avait urgemment besoin de tenter quelque chose. Plus qu'une seule émission, Tales From the Crate jouait la carte du rituel, presque de l'invocation d'un soleil qui joue les feignasses depuis un peu trop longtemps. Pour nous aider, deux pointures dont au moins une légende : Jazzy Jeff et Mick Boogie avec leur annuelle mixtape à quatre mains "Summertime". On s'offrait ainsi les deux et troisième volets de cette série, simplement parce que ce sont mes préférés (c'est comme ça, c'est tout), mais pour s'excuser de notre absence de la semaine passée (un contretemps idiot qui nous a empêcher d'assurer notre hebdomadaire rendez-vous), vous trouverez en bas de cet article le tout premier opus de ces platinesques travaux à déguster en terrasse, un verre à la main et un sourire accroché au visage ...



This week we were looking at the sky (at the strong black clouds actually) and it appears that we had to try something ! More than a show, it was a ritual, almost an invocation to the sun and the summertime, at last. To help us, we brought you two big names, one of wich is a legend, nothing less : Jazzy Jeff and Mick Boogie and their yearly shared serie "Summertime mixtape". We were discovering the second and third volume, just because that's the ones I prefer (so what ?), but to apologize to let you down without news last week (a stupid hitch and we weren't able to be there), here is the very first one of these pretty sunny works to enjoy, sunglasses on your nose, a drink at your fingertips and a smile on your face ...


jeudi 9 mai 2013

#161 - John Doe, Mr Dibbs & Chinn Chilla from 1200 Hobos

Chose promise chose due comme le veut l'adage ; Cette semaine nous tenions enfin l'auteur de la grosse claque Hip Hop avec laquelle on vous bassine depuis déjà quelques semaines (mais c'est pour votre bien) : John Doe était virtuellement dans les sous-sols (ouais par téléphone quoi) !! On s'offrait donc des extraits de la compilation "Return From Tomorow (Beyond and Back)" avant de retrouver notre américain en interview puis de profiter de la tape "Abduction Of The Times 6.66" signée Mr Dibbs et d'un mini mix par Chinn Chilla pour finir, tous deux membres du collectif de Cincinnati 1200 Hobos (dont son fondateur) ...



At last !! As we promised earlier, we finally got an interview of our biggest Hip Hop slap these days : the one and only (and unfortunately quite unknown) John Doe !! We listenned a few tracks from his oldies compilation "Return From Tomorow (Beyond and Back)" and had a phone chit chat with him before to enjoy in the second part Mr Dibbs' "Abduction Of The Times 6.66" and a pretty crazy mini mix by Chinn Chilla, both from the crew from Cincinnati 1200 Hobos ...

lundi 6 mai 2013

John Doe's interview (Tales From The Crate #161)

DJ Hip Hop remarquable et remarqué par Mr. Dibbs dès 1995, il aura fallu presque deux décennies à John Doe - et deux mixtapes catégorie Premium - pour faire enfin parler de lui. Normal me direz-vous avec un blase à ce point synonyme d'anonymat. Il était donc plus que temps pour Tales From The Crate de se pencher sur le cas de ce soldat inconnu de la culture turntabliste made in USA. Entretien.


(see below for english version)

Tales From The Crate - Tu es l'auteur des mixtapes « Popular Fallacies » et « The Last Amateur » , deux des meilleurs mixs Hip Hop que j'ai entendu ces derniers mois, et pourtant tu restes relativement inconnu. Comment l'expliques-tu ?

John Doe - Beaucoup de gens ne connaissent pas mon travail en effet, mais c'est dû en grande partie au fait que je me considère comme le Dernier Amateur ! Je ne suis pas du tout un professionnel du deejaying. Je n'ai jamais bénéficié du soutien d'un label et je ne suis associé à aucun groupe sinon le collectif 1200 Hobos de Mr. Dibbs. Dans ces conditions, je ne suis pas étonné que peu de gens me connaissent.

TFTC - Pourquoi ce surnom « The Last Amateur » ?

John Doe - C'est un nom qui me va bien. J'ai commencé à me faire appeler ainsi dès mes débuts et je continue. C'est une bonne définition de moi. C'est vrai que je suis le dernier amateur : aujourd'hui, tout le monde semble s'être professionnalisé sauf moi (rires) ! Je ne joue pas très souvent, j'ai peu de dates, je ne pars pas en tournée et j'ai un autre emploi - crois-le ou nom mais je suis chimiste. Comme je l'ai dit, je ne suis pas très connu, mais les gens qui s'intéressent vraiment aux mixtapes Hip Hop, au Turntablism ou au Scratch, ceux-là me connaissent.

TFTC - Quelles sont tes racines musicales ? Qui t'a donné envie de passer derrière les platines ?

John Doe - Le premier DJ à m'avoir influencé a probablement été Mr. Mixx du 2 Live Crew. J'ai vécu en Floride à l'époque du lycée. Tu sais peut-être que c'est en Floride que le courant Miami Bass a connu son plus fort succès et tous les DJ's là-bas avaient une manière de scratcher extrêmement rapide, c'est vraiment ce qui m'a plu. Bien sûr j'adore Jazzy Jeff, Mix Master Ice, Premier ... mais la première influence, ce sont ces DJ's scratcheurs de Miami.
C'est peut-être difficile à croire mais je n'étais pas tellement impliqué dans la culture Hip Hop avant la sortie du « Paid In Full » de Eric B & Rakim. C'est là que j'ai vraiment commencé à m'intéresser au Hip Hop, au deejaying et à la manière d'associer des morceaux.

TFTC - Le tracklist de tes mixtapes est si riche et complexe qu'il me paraît évident que tu édites les morceaux que tu joues, pour les jouer ensuite sur un système DVS ... et en même temps j'ai un doute : alors comment travailles-tu ?

John Doe - Je n'ai même pas d'ordinateur dans mon studio. « The Last Amateur » et « Popullar Fallacies » ont été enregistrés sans l'aide d'aucun logiciel. J'enregistre en analogique, uniquement à l'aide de disques vinyle. J'ai peut-être samplé ce qui me manquait depuis quelques cassettes mais pour l'essentiel, j'utilise disons 98% de vinyles.
En fait je ne possède même pas de Serato. Je n'en ai jamais utilisé. Et c'est peut-être là un point important : pas le fait que j'utilise ou non un Serato, mais c'est la raison pour laquelle je me fais appeler le dernier amateur : la plupart des gens avaient l'habitude de mixer sur support analogique, puis ont découvert le Serato est ses possibilités mais moi je ne jouait pas vraiment de toute façon ! Je n'avais vraiment pas besoin de changer pour le DVS. C'est peut-être aussi pour cela que la mixtape « The Last Amateur » n'a pas reçu beaucoup d'attention, les gens s'intéressaient plus aux trucs genre mash up, moins au turntablism comme moi je l'aime et le pratique.


TFTC - Veux-tu dire que ton travail est moins apprécié aux États-Unis ?

John Doe - J'ai entendu dire qu'outre Atlantique, vous aimiez le Hip Hop d'une manière différente, comme moi je l'aime. Je commence à croire que c'est vrai.

TFTC - A l'écoute de ton travail, on constate la vitesse à laquelle tu rentres et sors les morceaux. Est-ce important pour toi ? Pourquoi ?

John Doe - De mon point de vue, si tu laisses les morceaux trop longtemps, ça donne l'impression que ça se traîne, c'est ennuyeux, alors je préfère jouer très vite, dire ce que j'ai à dire, montrer ce que j'ai à montrer, et passer au chapitre suivant.

TFTC - A ce rythme là n'as-tu pas peur de manquer de morceaux (rires) ?

John Doe
- J'ai essayé de faire les comptes une fois, je me suis arrêté aux alentours de 250 morceaux. Je n'ai pas la patience de m'asseoir ici et de compter combien de disques j'utilise mais je ne crois pas qu'il faille s'inquiéter ! J'ai assez de matériel inédit pour m'attaquer à de nouveaux mixtapes comme mes deux précédentes, pourtant parfois j'ai la sensation que le public s'en moque, que ça n'intéressera personne. J'aimerai beaucoup m'atteler à un nouveau projet mais ma manière de travailler est vraiment chronophage vu que j'ai un emploi régulier. Ça prend du temps de sortir un CD.

TFTC - Le deejaying est-il toujours une sorte de loisirs ? C'est difficile à croire ...

John Doe - Et pourtant oui, il y a de ça (rires) ! Même si ces derniers mois, j'ai été pas mal contacté à propos de « The Last Amateur » et de « Popular Fallacies ». C'est étrange parce que « The Last Amateur » a plu de six ans !! Je l'ai créé tout seul et j'ai fait du mieux que je pouvais. Je ne comprends vraiment pas pourquoi ces derniers mois les gens s'y sont intéressé à ce point. Parfois j'ai l'impression que j'ai fait cette mixtape pour genre, cinq personnes dans le monde (rires).

TFTC - Ta biographie officielle débute avec ta rencontre avec Mr. Dibbs et le collectif 1200 Hobos. Peux-tu nous en parler ?

John Doe - Étant donné que j'aime le Hip Hop, j'avais bien entendu parlé de Mr. Dibbs et par chance, je l'ai rencontré. Il vit dans la même ville que moi et je n'en avais même pas idée ! Il m'a invité chez lui - j'avais du mal à y croire ! Je savais un peu scratcher, il m'a vu faire, m'a écouter puis il m'a dit « ça y est, tu es des nôtres, tu es un Hobo ». Moi j'étais genre « Wahou ! Je fais partie du truc maintenant ». C'était en 1995.

TFTC - Peux-tu nous parler aussi de l'émission de radio que vous avez ensuite eu ensemble ?

John Doe - C'était une émission sur une radio associative. Nous jouions du Hip Hop indépendant et parfois, on prenait les platines pour scratcher. Nous avons fait ce show pendant trois ans et j'ai adoré voir Dibbs derrière les platines, être au contact d'un bon DJ te rend meilleur.

TFTC - C'était un genre de camp d'entraînement pour toi (rires) !?

John Doe - Oui (rires) ! Il y a du vrai dans ce que tu dis !! Beaucoup de gens sont venus au studio, ça m'a appris à gérer le stress en face d'un public et j'y ai amélioré mon scratch. Quand tu te retrouves à coté d'un DJ doué, tu peux ressentir son énergie dans tes propres scratchs.

TFTC - Je crois savoir que tu as aussi tenté l'aventure DMC ... c'est exact ?

John Doe
- Oui, j'ai participé au championnat DMC ici, à Cincinnati en 1999. C'était ma première battle. Je n'ai pas gagné mais c'était une bonne expérience. J'ai rencontré des gens, j'ai pu me présenter, certaines personnes se sont souvenues de moi par la suite. Ça m'a beaucoup aidé.

 
TFTC - As-tu des vidéos de tes routines, en live ou à la maison ?

John Doe
- Je pense que j'ai une cassette vidéo quelque part mais il faudrait la numériser. Mais j'en ai une : mon deux minutes et mon six minutes. C'est là quelque part au studio, attendant d'être numériser. Je le ferai peut-être, je n'ai pas honte de mes routines même si c'était il y a longtemps. Mais d'abord il faut retrouver la cassette (rires).



TFTC - Toujours à propos de vidéo, j'ai découvert le clip de ton morceau « Nowhere To Run » ...

John Doe - Non ! Tu as vu ça aussi (rires) !? C'est moi à l'usine. J'avais cette vidéo en tête depuis longtemps, je l'avais imaginé dans le détail alors quand j'ai eu l'occasion de la réaliser, je n'ai pas hésité. Et voilà le résultat.

TFTC - On a déjà évoqué la vitesse à laquelle tu mixes mais il y a autre chose qui m'a frappé dans tes travaux : c'est le souci d'offrir une narration. Pourquoi est-ce important pour toi ?

John Doe - Bien sûr que c'est important. Si je peux revenir sur quelque chose dont nous parlions plus tôt, j'aimerai ajouter qu'outre les DJ's, c'est le fait d'écouter des mixtapes, tout spécialement celles qui fonctionnaient pour moi. J'écoutais et je me demandais pourquoi le DJ faisait ci ou ça, pourquoi il mixaient tel morceau avec tel autre. Quand j'ai eu la chance d'enregistrer ma propre mixtape, j'ai repris toutes ces idées que j'avais eu. J'ai lu quelque part qu'un bon DJ doit être capable de raconter une histoire avec les disques qu'il joue. Ce n'est pas tout à fait vrai. Je pense que si tu joues 25 morceaux, tu ne racontes rien, si tu mixe comme j’essaie de le faire, là tu racontes une histoire. Ça fait une grosse différence.

TFTC - Qu'est-ce qu'une performance live par John Doe ?

John Doe - Just turntables and records. Des platines et des vinyles. Ces deux dernières années, ma seule date a été une sorte de mini showcase que j'ai fait pour mon anniversaire. J'ai décidé de proposer un mix de vingt minutes où je n'ai utiliser que du vinyle, j'y ai mis du beatjuggling, j'y ai mis du scratch, j'y ai mis des body-tricks ... c'est comme ça que je vois un DJ set live.
Le truc c'est que si tu joues pour du public, j'aime quand mon set ressemble à ce que je propose dans mes mixtapes. Je n'aurai jamais la patience de simplement jouer des morceaux quatre heures durant. C'est une particularité bizarre mais quand je propose un showcase, je veux retrouver les sensations d'une routine DMC : les disques sur les platines, des stickers
(repères autocollant servant de repères permettant au DJ de retrouver certains sons sur le disque -ndlr), pas besoin d'utiliser ton casque ... c'est comme ça que j'aime ça !
Et si tu as bien écouter ma façon de mixer, cette rapidité dans l'enchaînement des morceaux, c'est ce que j'attends d'un DJ set.
Tu sais, je fais peu de dates, j'ai mon emploi quotidien même si j'essaye de consacrer le plus de temps possible au deejaying, et puis parfois tu te dis que tu n'intéresses personne. Peut-être que l'attention que j'ai reçu ces derniers mois m'encouragera à persévérer.

 
TFTC - Peux-tu me donner des nouvelles des autres Hobos ?

John Doe - Dibbs vit à Cincinnati comme moi mais je le vois rarement. Les autres vivent tous aux États-Unis je crois mais j'en connais en fait très peu. J'ai presque toujours travaillé seul, c'est pourquoi on ne trouve pas de collaborations avec les autres membres du collectif. Dibbs vit à quelque chose comme vingt kilomètres et pourtant nous nous voyons très peu.
 
TFTC - Quelle est la suite pour toi ? Des dates, des mixtapes, des projets ? Et où peut-on suivre tout ça ?

John Doe - Je suis sur Bandcamp, je suis sur Facebook, vous pouvez me suivre sur ces sites. Le prochain projet est une compilation de quelques productions personnelles avec des rappeurs ou des scratchs que je crois personne n'a encore entendu.
Je commence à savoir ce que je veux pour la prochaine mixtape, presque une « Popular Fallacies » volume deux. Mais je n'ai pas travaillé dessus ces derniers mois. J'ai toujours beaucoup de matière première pas encore utilisée, beaucoup de choses que je n'ai pas pu inclure dans les mixtapes précédentes.


TFTC - Merci du temps que tu nous a accordé ...

John Doe - Pas de problème, j’apprécie tous les soutiens. Vraiment. Je veux dire : jamais je n'aurai imaginé ... sérieusement, quand « The Last Amateur » est sorti, personne n'a semblé s'y intéresser.
Je me disais : « Ok, c'était marrant » et pas plus. Et maintenant, je reçois des messages de partout à propos de mes travaux, du coup je suppose que les gens me sont passé à coté lors de la sortie des mixtapes et qu'ils y reviennent. Je suis heureux que les gens s'y intéressent et j'aime bien me dire que c'est peut-être mérité. Quoiqu'il en soit c'est une bonne leçon de vie.




Tales From The Crate - You're the guy who made two amazing mixtapes called « Popular Fallacies » and « The Last Amateur » but you're still pretty anonymous. How do you explain that ?

John Doe - A lot of people are unfamiliar with my material most likely because I am the « Last Amateur » ! I'm not a professional DJ by any means. I didn't get a big push because I wasn't signed on any label, I wasn't associated with any groups, except for Mr. Dibbs' 1200 Hobos so I'm not kind of surprised that a lot of people are not familiar with me.

TFTC - Why this nick name you gave yourself, « The Last Amateur » which is also the name of one of your mixtapes ?

John Doe - I felt that the last amateur was a good title for myself, I used it when I started and I kept it. It's a good way to describe myself. It's true that I'm The Last Amateur : everyone these days seems to have gone professional in some sense, except for me (laughs) ! I'm really not deejaying that much, I don't have a lot of gigs, I don't go on tour and I have a regular job - believe it or not, I'm a chemist. As I said, a lot of people aren't familiar with my work but people who really are into Hip Hop mixtapes, Turntablism, scratch and everything, they know me.

TFTC
- What's your musical roots ? Your first influence ? Who pushed you behind the decks ?

John Doe - I would say my very first influences as a DJ was probably Mr. Mixx from 2 Live Crew. I used to live in Florida when I was in high school. You maybe know that Florida was the place the Miami Bass became really big and all the DJ's down there were scratching really fast and that what cought me. Of course I love Jazzy Jeff, Mix Master Ice, Premier ... but my main influence is Miami's DJ's.
Believe it or not, I wasn't really involved into Hip Hop culture before, I mean I was definitely interested in Hip Hop but probably not until Eric B & Rakim's « Paid In Full » came out. That was when I really started to get interested in Hip Hop, in deejaying and thinking how I can put things together.

TFTC - Your mixtapes' tracklist is so rich and complex that it's sounding like you obviously make edits, playing it with digital vinyl system but ... I don't know, how are you working ?

John Doe - No, I don't even have a computer in my studio. « The Last Amateur » and « Popullar Fallacies » were recorded without using any kind of computer software. I recorded in analog, only with vinyl records. If I don't have something, I probably sampled it from a cassette but for the most part, I used maybe 98% vinyls.
I don't even own a Serato or something. I never used it. And that's the thing ! It's not about the fact I want use a Serato or not, but that's why I'm calling myself the last amateur : people used to play analog and then they discovered new way to play with Serato but I wasn't playing at all ! There were no need to me to move over to Serato. That's maybe a reason why « The Last Amateur » mixtape didn't get that much attention, because people are more intersted by mash up and things like that, than turntablism and things like I was doing.

TFTC - Do you mean that your work isn't appreciate so much in the US ?

John Doe - I heard someone saying that overseas, people like Hip Hop the way I like Hip Hop. And I think that's true, I really do.

TFTC - It seems very important for you to blend tracks in and out really fast. Why ?

John Doe - In my opinion, if you let anyone go too long, it just seems like it might be dragging, it's boring, so I want to play pretty fast, say what I wanna, show what I wanna show and move to the next chapter.

TFTC - Aren't you afraid to not have enough tracks to make the next mixtape (laughs) !

John Doe - I tried to count my records once, and I stopped before the end around 250 tracks, I won't have patience enough to sit here and count how many records I use but I think you don't have to be scared ! I still have enough material to do another project like those two mixtapes but sometimes I'm not really sure there are people who are looking for it. I would love to make another mixtape but the way I do things is so time consuming because it's not my regular job. It takes me quite a while to put a CD out.

TFTC
- Is deejaying still a kind of hobby ? It's hard to believe ...

John Doe - Yes, there is still a part of it (laughs) ! Even if whitin the last two or three months, people are really been contacted me about « The Last Amateur » and « Popular Fallacies ». It strange because « The Last Amateur » is six years old !! I putted it out by myself and I did the best I could. I don't really know why in the past few months, people asked me to speak about and seemed very intersted in. Sometimes I feel that I made that CD's for maybe five people in the wolrd (laughs).

TFTC - Your official biography begins by your meeting with Mr Dibbs and the crew 1200 Hobos. Could you tell us about ?

John Doe - Because I like Hip Hop, I heard about Mr. Dibbs of course and by chance I met him. He lives in the same city as me and I have no idea ! I was invited to his house - I couldn't believe it ! I knew how to scratch a little bit, he saw me scratching and said « you're in, you're a hobo ». I was like « Wah ! I'm part of it now ». I met him in 1995.

TFTC - Could you speak me about the radio show you did run with Mr. Dibbs and the other Hobos ?

John Doe
- It was a community radio show. Basically we played underground Hip Hop and sometimes we took the turntables to scratch. We did the show together for three years and I loved to see Dibbs on turntables because when you scratch with a good DJ, it makes you better.

TFTC - Could I say this show was a kind of training camp for you ?

John Doe - Yeah (laughs) ! I guess you're right !! Many people who were coming to the studio, it teached me to not being nervous in front of people and made my scratch better. When you're with another skilled DJ, you can feel his energy when you're scratching too.

TFTC - Is that right that you participated to the DMC world championship ?

John Doe - Yes, I did the DMC here in Cincinnati in 1999. That was my first big battle. I didn't win but it was a good experience. I met people and introduced myself, then people knew who I was. It helped me a lot.

TFTC
- Do you have some video from then or did you record your routine ?

John Doe -
I think I have a VHS video tape somewhere but I still have to digitise it. But I do have it : my two minutes and my six minutes. It's here in the studio, somewhere, waiting to be digitise. Maybe I'll do it, I'm not ashamed of my routines even if it was years ago, but I have to find the tape first (laughs).

TFTC - Speaking about video, I also found a clip for your track « Nowhere To Run » ...

John Doe - No ! You saw that too (laughs) !? That's me at my job. I had the idea for this video, I planned it out in my head for a long time so when I had time and everything I didn't hesitate. And that's the result.

TFTC
- We aready spoke about how fast you are to blend tracks in and out but there is something else I felt in your mixtapes, it is the will of narration. Is that important for you to tell stories in your works ?

John Doe - Of course yes. If I can back up a little bit, I would like to say that aside from DJ's, the biggest influence for me to make mixtapes was listenning mixtapes that worked very good. I mean when I was listenning mixtapes I asked myself « why did he do this ? Why did he do that ? Why did he mix this with that ? » When it was my chance to record mixtapes, I putted all these ideas I got before. I also read somewhere that a good DJ is able to tell a story with the records he plays. That's kind of true, that's kind of not true. I think that if you play twenty-five songs, that's really not telling a story, if you do the way I do, that's telling a story. There's a huge difference, you know.

TFTC - What is a live performance by John Doe ?


John Doe - Just turntables and records. In the last couple of years, the only thing I did is a kind of short showcase for my birthday. I decided to do a twenty minutes set and I used only vinyls, I did juggle, I did scratch, I did body tricks ... that's the way I do live DJ set.
The thing is if I play out live, I like it to sound a little bit like my mixtapes. I don't think I have the patience to playing songs for four hours. I know it's a weird thing of mine but if I'm doing a showcase, I want to have the feel of a DMC routine : records on turntables, everything is marked, you don't use headphones ... that's what I like to do ! And if you listen my mixtapes and the way I play songs in and out so fast, that's the way I want to play a DJ set.
You know, I really don't do a lot of gigs, I have a regular job and even if I try to dedicate as much time as I can to deejaying, and sometimes I feel that the audience isn't there. Maybe all this attention I got the last couple of months will change how I feel about it.

TFTC
- Can I have some news from other Hobos ?

John Doe - Dibbs lives here in Cincinnati also but I see him very rarely. The other Hobos are living in the United States but I don't really know a lot of them. I pretty much record by myself all the time, that's why my mixtapes are most often just about me. Dibbs even live in the same city than me, there maybe only twenty miles between us but I don't see him very often.

TFTC - What's next ? Gigs ? Project ? Next mixtapes ? And of course where could we find you on internet ?


John Doe - I'm on Bandcamp, I'm on Facebook, check me out there. Next project is a compilation of some things I did by myself, I actually produced a few songs with different MC's from here and with scratches I think people never heard me do. I have a kind of concept for another CD, almost a kind of « Popular Fallacies » number two. But I haven't really progressed with that in the last past months. There is still a lot of material I never used in my mixtapes, a lot of outtakes too.

TFTC - Thank you to give us a little bit of your time ...

John Doe - No problem, I appreciate all the support. Really I do. I mean, I wouldn't never tought ... Ok seriously, when « The Last Amateur » came out, no one seemed to be interested. I was like : « Ok, it was fun » nothing more. And now, I receive a lot of emails and a lot of contacts about it so I guess a lot of people missed it the first time around. It's amazing, I'm happy that people checked me out and I like to think it's maybe deserved. Anyway it's a lesson.


Thanks to John Doe for his smile, time and skillz.

Interview by Reverend D, by phone, April 21st 2013.

mercredi 1 mai 2013

#160 - DJ Grazzhoppa's Big Band 10th Anniversary

Une émission entièrement consacrée au DJ Grazzhoppa's DJ Big Band histoire de célébrer le dixième anniversaire du plus recommandable collectif de DJ's belges !! Nous prenions alors le temps de vous présenter le crew (pour peu que ce soit encore nécessaire) avec leur bien nommé "10 Yearz Anniversary mix" aux commandes duquel on trouve Boula One, Courtasock, Yzerbeat, Mix Monster Menno, J To The C et Optimus. Pour la suite, on jetait une oreille attentive à l'album "Back 2 Scratch", dernière pépite du collectif sortie en Février 2013.




A 100% DJ Grazzhoppa's DJ Big Band to celebrate the 10th anniversary of the most recommendable belgian DJ crew !! We took time to introduce you this project (in case you need it) with their "10 Yearz Anniversary mix" featuring Boula One, Courtasock, Yzerbeat, Mix Monster Menno, J To The C and Optimus. Then we get an earful of the brand new "Back 2 Scratch" album, released in February 2013.

jeudi 18 avril 2013

#158 - 100% Buddy Peace

Cette semaine, Tales From The Crate s'intéressait à un artiste anglais passablement inclassable, un DJ, producteur et scratcheur qui n'a pas oublié que la platine vinyle est (surtout) un instrument de musique : j'ai nommé le surprenant Buddy Peace. L'exploration de son univers méritait largement qu'on s'y colle deux heures durant, d'abord avec la beat-tape "Hot Pudding" parue l'année passée, ensuite avec un boulot un peu plus ancien et un poil plus orienté mixouille, "Wolf Diesel Mountain" datant de 2007.

Tales From The Crate focused on a british artist pretty hard to classify, a DJ, a producer and a scratcheur who knows that a turntable is first a music instrument and a way to create sound landscape : Buddy Peace. Two hours weren't too much to discover his universe, first with his "Hot Pudding" beat-tape released last year, then with a older work called "Wolf Diesel Mountain" from 2007.

mercredi 10 avril 2013

#157 - Funk On Wax & Cut Chemist

Fort d'un week-end passé à envoyer du gros Funk jusqu'aux petites heures du jour dans l'un des hauts lieux de la nuit bruxelloise aux cotés de notre camarade de jeu (et néanmoins gradé) Colonel Sweetback, le Tales From The Crate de cette semaine s'ouvrait sous l'influence des envies d'encore que nous avait laissé tout ça ... c'était donc funky funky style dans les sous-sols en première partie avec un set aussi jouissif que sa source est mal définie : "Funkastic mix vol.01", un nom un peu cliché pour une mixtape où personne ne semble manquer à l'appel, de James à Lyn et de Sharon à Marvin en passant par pas mal de petits nouveaux sur le marché du groove auquel on ne résiste pas. Tout ceci est vraisemblablement à attribuer à un certain Funk On Wax ... dont on n'a toujours pas compris s'il s'agissait d'un DJ ou d'une quelconque structure (si vous avez des infos).
Pour la suite, nous changions de décennie mais pas d'état d'esprit avec un excellent DJ set du magistral Cut Chemist, "Hip Hop lives (1985-1996)", performance live offerte à l'occasion d'une soirée Afex, organisateur parmi les plus réputés de la côte Ouest des États-Unis.



After having spent our week-end to drop Funk bombs alongside our friend Colonel Sweetback in a pretty well known night place in Brussels, we opened Tales From The Crate this week with a taste of a wishful come-back ... so let's get funky funky style to begin with a crazy Funk mix called "Funkastic mix vol.01". No one is missing and you'll meet there James, Lyn, Sharon, Frank, Marvin and some others legends but also many really cool newbies. This meeting seems to be organised by Funk On Wax but we still ignore if this is a DJ, a label or something (if you have any information, we're interested).
Then, we changed the decade but not the groovy style when we played a pretty cool DJ set by the legendary Cut Chemist, "Hip Hop lives (1985-1996)" played live for an Apex party, one of the best Hip Hop parties in the west coast of the United States.

mercredi 13 mars 2013

#153 - DJ Lu Chisz & DJ Panic (from the Bomb Collectors) and DJ Renegade

Cette semaine, Tales From The Crate faisait le plein de cartouches BBoy Funk grâce à DJ Lu-Chisz et DJ Panic du collectif néerlandais Bomb Collectors et leur mixtape à quatre mains, "Hearing is Believing" parue en Mai 2012. La suite on la devait à DJ Renegade, l’excellent anglais, lui-même ancien danseur (dont vous pouvez retrouvez une interview datant du Battle Of The Year International 2011 ICI) et grand adepte d'un groove tout spécialement orienté vers le Lockin' et autre Poppin', les danses debout qui ont la classe quoi ...



A fully loaded BBoy show this week !! First with two pretty cool neighbours from Nederlands : DJ Lu-Chisz and DJ Panic - from the Bomb Collectors crew - with their "Hearing is Believing" Mixtape released in May 2012 ; Next with the excellent DJ Renegade from UK, who was a dancer in the early 80's (you could check his interview from the International Battle Of The Year 2011 HERE) and is now one of the worldwide DJ's playing for Lockin' and Poppin' lovers ...

lundi 18 février 2013

#150 - A certain kind of anniversary : DJ Melo-D & Rob Swift

Tales From The Crate 150ème du nom !! 300 heures de programmes, les interviews de DJ's parmi les meilleurs du monde, des mixtapes de légende et des exclusivités plus souvent qu'à notre tour ... cette semaine aurait donc dû être celle des l'auto-satisfaction et des tapes dans le dos. Mais ce n'est pas le genre de la maison ! Nous préférions donc insister sur le symbole numéraire à grands renforts de chefs d’œuvre turntablistes : d'abord les "Classic Sounds" de DJ Melo-D (original world famous Beat Junkies) et le génial "War Games", septième album du maître X-Ecutioners en personne, Rob Swift ... après cela serez-vous prêts pour nous suivre jusqu'à la 200ème émission ?



150th Tales From The Crate !! 300 hours of broadcasting, interviews of some of the best DJ's around the world, exclusive or classic mixtapes, report from international events ... it should be time for self congrats in the undergroud this week I guess. But it's not our kind ! We prefered to enjoy it with two tablist masterpieces, bringing you the "Classic Sounds" by DJ Melo-D (original world famous Beat Junkies) and the legendary Rob Swift's "War Games", the amazing seventh album by the master X-Ecutioners ... are you ready to go to the 200th show !?

lundi 4 février 2013

#148 - Mr And7 & Skeme Richards' wonderful "The Sound of film" serie

Cette semaine, nous ouvrions notre hebdomadaire rendez-vous avec le tout frais set "Back 2 Basics" signé du russe Mr. And7, soit une heure de 45 tours Funk et Soul à écouter en s'échauffant les rotules, puisque coté platines, le garçon est un acteur régulier des évènements B-Boy de son grand et lointain pays (BOTY, Red Bull BC One, Top9) ...
Ensuite c'était l'explosion de plaisir platinesque pour votre serviteur avec l'un des plus sérieux digger du circuit des battle de danse(s) Hip Hop, j'ai nommé l'excellent Skeme Richards (bientôt en Belgique pour la Raw Circles et à Paris pour la Just4Rockers - voir l'Agenda) !! On s'intéressait tout spécialement à sa série intitulée "The Sound of Film", recherches passionnantes mêlant musique de film, extraits de voix, trailers et Turntablism dans des boulots de très haut vol ... à mes yeux au moins !




This week, we began our weekly rendez-vous with the brand new "Back 2 Basics" mix by Mr. And7 from Russia : sixty minutes of Soul and Funk 7" only you should listen warming up your knees, Mr. And7 took part (behind the decks) of many international B-Boy events (BOTY Russia, Red Bull BC One World finals in Moscow, Top9) ...
Then, it was really something in the second part when we spoke about one of the most impressive digger on the Hip Hop dance scene : Skeme Richards (soon in Belgium for the Raw Circles and in Paris for the Just4Rockers - Check our Agenda) !! We were especially interested by his "The Sound of Film" mix serie, a work about soundtracks, samples of voice, trailers and Turntablism ... and one of the most fascinating stuffs we ever played here, in my opinion.

mardi 8 janvier 2013

#144 - DJ Format and DJ Philly from UK

Dans Tales From The Crate, les serments inutiles lancés sous l'influence massive de liqueur d'orange, ça nous palpite moyen. Nulle résolution donc pour cette nouvelle année sinon celle de vous soigner les feuilles - mais là, rien de nouveau - tout particulièrement en cette première semaine de 2013 avec une émission garantie tout en douceur histoire de vous réveiller le neurone après les excès annuels de gras et de bulles.
D'abord grâce à la phénoménale collection de disques de DJ Format dans laquelle le maître anglais a plongé récemment pour offrir son volume six à la série des "Love Message" ; Une sublime sélection de rares grooves qui te soulage mieux qu'un machin effervescent tout en t'offrant ton premier orgasme de l'ère post-fin du monde en kit.
Nous restions en Angleterre ensuite en compagnie de DJ Philly, quelque chose comme un collègue qui s'ignore puisqu'il est la taulier de l'émission Trackside Burners de l'autre coté du ferry et proposait il y a quelques jours un mix tout à fait intéressant malgré l'exercice souvent casse gueule du tribute to, l'hommage s'attaquant ici au légendaire label Stone Throws, ce qui ne gâche rien.




We're not the kind to swear you that we'll stop do sports, try to smoke again or anything. The only New Year's resolution that we took is to take care of your ears ... still. And it's begun this week with a wonderful selection of rare grooves by DJ Format for the "Love Message" mix serie ; Maybe the perfect first aid kit to forget the abuses of the end of the past year and the first hearing orgasm of the new one.
We stayed in UK then to focus on DJ Philly, almost a kind of co-worker (even if he doesn't know) and head of the "Trackside Burners" radio show. A few days ago he tried to play the tricky game of the tribute mix and succeed with something really interesting about the legendary label Stone Throws that helped us to open a pretty tasty 2013.

mardi 1 janvier 2013

#143 - The very first mixtape of RJD2 and the last one of Mr. Freeze

Pour la dernière émission de 2012, c'est une véritable pépite qu'a exhumé Tales From The Crate ! Bien qu'il semble que la fin du monde ait finalement été ajournée, nous ne pouvions pas risquer une catastrophe sans vous avoir joué "Your Face or Your Kneecaps", toute première mixtape signée RJD2, sortie en 2001 mais plus probablement enregistrée aux alentours de 1997 et plongée dans les influences Funk et Jazz de celui qui se cache derrière "Deadringer".
Mais le changement d'année nous poussait aussi à regarder vers l'avenir, un futur où nous trouvions le dernier mix de l'ami Mr. Freeze alias Freezy The Beats qui offre avec ce "Just the time for a quick smuck" un voyage électronique étrange mais chaleureux comme il est semble-t-il l'un des rares à connaître la recette.
Enfin nous terminions avec une poignée de tracks signés Fabot, par copinage, oui, mais aussi parce qu'ils sont juste terribles.




For the last show of 2012, Tales From The Crate dug you nothing but a gems ! Even if the doomsday seemed to be put off, we had to play "Your Face or Your Kneecaps", the very first mixtape by RJD2 released in 2001 but most likely recorded around 1997, an incredible dive in the Funk and Soul influences behind "Deadringer".
The upcoming change of year also made us look to the future, where we found the last mix by our belgian friend Mr. Freeze aka Freezy The Beats who give with this "Just the time for a quick smuck" a moving and hot electronic journey as he seems to be the only one to drive to ...
Still electronic stuffs to end the show with a few tracks by Fabot that we wanted to make you listen.

lundi 24 décembre 2012

#142 - Waiting for the holy baby ...

Nous en conviendrons sans mal : la période de Noël présente un danger majeur pour la qualité de l'ouïe et la santé de vos tympans. Chaque année, nous observons des dizaines d'accidents dans les grands magasins, les galeries marchandes ou simplement chez le téléspectateur lambda. La faute à Wham!, Mariah Carey, Michael Bublé et à la bouillie de Noël diffusée partout sous prétexte que ça fait ambiance. Et c'est pas bien.
Dans Tales From The Crate au contraire, nous prenons soin de nos auditeurs, avec des mixtapes artisanales sélectionnées pour leur qualité et leur saveur, et s'il faut passer par la case Santa Claus, alors ce sera avec le meilleur, rien que le meilleur. Ici avec la bien nommée "Christmas Mixtape" par les amércains DJ JS-1 (du Rocksteady Crew) et Mix Greens. Puis à l'heure des cadeaux, avec la légendaire série de compilations "Return of the DJ", véritable tranche d'Histoire ou la première occasion de découvrir le travail de nombreux turntablistes (certains déjà célèbres, d'autres encore en devenir à l'époque) en format "chansons".
Parce qu'une once de bon vaudra toujours mieux qu'une orgie de médiocre. Joyeux Noël.




I'm pretty sure you'll agree : December presents a big danger for your ears. Each year, we've seeing many accidents in supermarkets, shopping mails or because of television. The guilty ones ? Wham!, Mariah Carey, Michael Bublé and all the Christmas bullshit that everybody plays because it's cool and it's the good atmosphere. That is seriously wrong.
In Tales From The Crate, we use to take care of our audience, with traditional mixtapes selected for their quality and flavour. And if we have to make our own Santa shit, it will be the best one, here with the "Christmas Mixtape" by DJ JS-1 (from the Rocksteady Crew) and Mix Greens. Then, at the time to share our presents, dive with us in the classical compilations serie called "Return of the DJ", a piece of History and the very first time that people could discover on CD the work of many turntablist DJ's (some already famous, some newbies) with something we could called "songs".
Merry Xmas.

lundi 3 décembre 2012

#139 - 100% DJ Perplex

Tout est dans le titre ! Direction les antipodes à la rencontre de l'australien DJ Perplex en mix et en interview (dont la version texte se retrouve ICI).


We headed to Australia this week to discover DJ Perplex both in the mix and in interview (that you can find in a text version HERE).

mercredi 28 novembre 2012

DJ Perplex's interview (Tales From The Crate #139)

Tales From The Crate plus fort que Thomas Cook ou comment effleurer les dancefloors australiens sans décoller ses miches du canapé : interview garantie 100% steak de kangourou en compagnie de DJ Perplex, l’une des paires de mains les plus titrées des antipodes …


(see below for english version)

Tales From The Crate - Commençons par le commencement : peux-tu nous parler de tes débuts en tant que DJ : quand, comment, les raisons, les influences ?

DJ Perplex - Bien sûr, je suis très doué pour parler de moi, tout comme la plupart des gens (rires) ! Je mixais déjà vers la fin des années 90 mais j'ai vraiment commencé en tant que turntabliste, je veux dire avec une vraie installation pour le Turntablism, en 2001. Le deejaying connaissait alors un succès sans précédent, un genre de super explosion de la discipline, c'était énorme à l'époque. Ce phénomène a eu une très grande influence sur moi. J'étais assez jeune à ce moment-là et affamé de rentrer dans ce cercle, en particulier dans l'univers Hip Hop. J'étais passionné par le graffiti jusqu'à ce que je passe au deejaying, il faut dire que pour être un DJ turntabliste, il faut s'impliquer 24 heures par jour et 7 jours sur 7. Dès le début c'est devenu une passion, j'étais totalement concentré sur l'aspect battle de la discipline, plus que sur le mix en clubs ou n'importe quel autre cadre. Je dois dire aussi que j'ai eu de la chance dans la ville d'où je viens, Melbourne en Australie, nous avons eu énormément de très bons DJ's, tout spécialement à l'époque. Tu as peut-être entendu parler de DJ Dexter, il vient de Melbourne et a beaucoup influencé la scène locale. DJ J Red, Select, Ransom, tous ces gens ont été autant de sources d'inspiration pour moi. Quand tu es jeune, le petit nouveau de cette scène, tu passes ton temps dans les clubs où ils se produisent pour écouter leurs techniques sur de vrais disques vinyle. Ils font tous partie de la forte culture Hip Hop qui baignait la ville où j'ai grandi et ce sont eux qui m'ont influencés quand j'ai commencé le deejaying.

Tales From The Crate - La question peut te paraître étrange mais c'est quelque chose dont il est difficile de se rendre compte depuis l'autre coté du monde ; Qu'en est-il de la culture Hip Hop en Australie ?

DJ Perplex - Il y a une très forte culture Hip Hop en Australie, au présent et par le passé. L'aspect historique est très important car nous avons connu une belle scene Hip Hop old school. Certains pays ont eu la leur, d'autres pas, pourtant c'est très important dans la mesure où c'est cette scène old school qui construit année après année une culture moderne plus forte. Le breakdance était particulièrement important autour de 1984 - ce qui date de bien avant mon époque : je suis né en 1983. Le milieu des années 80 a été un tournant majeur pour le Hip Hop australien, en particulier concernant le breakdance et le graffiti. Il y avait beaucoup de DJ's qui baignaient également dans les autres disciplines de la culture Hip Hop : ils rappaient, graffaient, dansaient et mixaient. Et j'adore cet esprit B-Boy hérité des 80's. Comme je le disais, il y avait quelques gars vraiment doués comme DJ Ransom, une grosse influence à Melbourne. C'était un roi, une pointure en graffiti qui peignait des trains et s'impliquait dans tout un tas de projets avant de devenir un DJ Hip Hop génial en clubs. Ce n'est pas le seul bien sûr mais il y a trop de noms à citer.

Melbourne est un peu le carrefour culturel de l'Australie. C'est un peu le New York australien je suppose (rires), à cause de l'atmosphère qui y règne et la richesse de son histoire culturelle. Il a fallu qu'on se construise au sommet de tout cet héritage, c'est peut-être ça qui explique l'émergence d'autant de bons DJ's quand moi-même je commençais, bien avant Youtube et Internet. Nous n'avions que les cassettes et n'entendions des DJ's que sur quelques radios ou sur les disques. C'est comme ça que ça marchait. Et dans le même temps, voir tout ça en vrai est une toute autre expérience, assister aux prestations de tous ces DJ's live, en chair et en os, les voir faire tous ces trucs de dingue en direct alors que je n'étais encore qu'un gosse, c'était grandiose pour moi et c'est sans doute ce qui m'a donné le feu sacré pour m'y mettre moi aussi et devenir le meilleur derrière les platines.


Tales From The Crate - Puis vinrent les premières battles ... avec un certain succès d'ailleurs !

DJ Perplex - C'est ça, j'ai participé à ma première battle en 2004, après quelques années à m'entraîner sur mon installation maison. J'ai attendu d'être suffisamment bon aux platines. Pour prétendre directement au titre de champion, il fallait que je sois vraiment prêt et ma première compétition a été le DMC ... que j'ai remporté ce qui m'a donné assez d'énergie pour continuer à concourir à la fois sur le circuit DMC et ITF. En 2005 j'ai gagné le championnat ITF dans les catégories équipe et beat juggling ainsi que le championnat DMC australien. J'ai représenté mon pays à Londres pour les finales internationales du DMC en 2006, 2007 et 2008. J'ai également participé à l'IDA world en Pologne en 2009. Il y a eu quelques autres battles ici et là, le Redbull Thre3 Styles plus récemment ... donc oui, j'ai obtenu quelques uns de ces titres magiques (rires) !

Tales From The Crate - Je suis toujours assez curieux concernant le Redbull Thre3 Styles que j'ai un peu découvert grâce à toi pour être honnête. Peux-tu nous en dire un peu plus sur cette compétition ? Comment est-ce que ça fonctionne et quelles sont les différences avec les championnats classiques que sont le DMC et l'IDA, coté compétition autant que concernant tes sensations en tant que participant ?

DJ Perplex - La principale différence entre les battles Hip Hop traditionnelles, le DMC et autres, et le Redbull Thre3 Styles réside dans le fait que le Thre3 Styles est orienté vers le club, c'est plus comme une soirée. Je suppose que toutes les compétitions de DJ peuvent être considérée comme des soirées mais là il s'agit vraiment de mettre le feu au public avec un format dancefloor. Les prestations sont aussi plus longues que dans les autres championnats puisque tu as quinze minutes pour faire tes preuves. Concrètement, tu dois être le meilleur à faire décoller la soirée, le jugement est très largement axé sur la réaction de la foule. Il y a aussi d'autres critères proches de ceux du DMC : la technique, l'attitude derrière les platines, la sélection des morceaux ... mais tu dois foutre le feu avant tout ! Tu ne peux pas parier que sur tes capacités techniques ce qui offre une dynamique très différente. J'y ai participé trois fois et j'ai gagné en 2010 et 2011. Le Thre3 Styles est vraiment différent du DMC. On y rencontre des DJ's aux styles plus variés qui pour beaucoup ne viennent pas du tout de l'univers Hip Hop. C'est plus une compétition sur le thème du mash-up pour sacrer le roi du mélange d'influences. Tu enrichis ton set d'un peu de scratch - même si la plupart des gens que j'y ai vu ne savent pas poser un scratch ou un beat juggling - un peu comme si tu intégrais l'approche du DMC à l'optique d'un mix en club ce qui ressemble assez à ma façon de faire : fusionner mes capacités aux platines avec l'idée de secouer le public, de maintenir l'attention de la foule. Je me suis donc bien éclaté avec le Redbull Thre3 Style, en particulier lors de la finale internationale à Vancouver l'année dernière, j'avais ramené de grosses influences Hip Hop mélangées à des grands classiques. J'ai sans doute intégré trop de scratch pour mon propre bien (rires), mais je me devais de représenter les scratcheurs de la compétition et plus largement tous les turntablistes.

C'est une toute jeune compétition, à peine trois ou quatre ans maintenant. Le DMC est 25 plus vieux et le Thre3 Styles doit encore trouver sa voie, se développer et définir une identité propre. Je pense que ça va devenir encore meilleur avec les années, ce n'est que le début. Mais ce sera de toute façon très différent des battles Hip Hop traditionnelles.
 



Tales From The Crate - A ton avis, ce genre de compétition plus orientée vers le club apporte-t-il un vent nouveau sur le monde des battles DJ ?

DJ Perplex - Oui, c'est bien de vouloir mélanger ainsi ces deux univers. C'est déjà la direction que j'essayais de prendre de toute façon : moins focalisée sur les routines super techniques. Je travaille toujours sur des routines mais je cherche à les rendre plus accessibles pour le public avec des éléments sur lesquels on puisse vraiment danser, même si tout ça reste très découpé et travaillé. Il faut tendre vers le mix de ces deux composantes - le scratch hardcore et les choses plus orientées vers les pistes de danses - et peut-être revenir quelques étapes en arrière. Si tu regardes les images des DMC de ces deux dernières années, tu verras des trucs d'un niveau jamais atteint, le scratch de la planète Mars. Le Thre3 Styles revient sur Terre et tente de rendre tout ça plus accessible pour la foule. Il ne s'agit plus d’assommer les gens avec des compétences techniques qu'ils ne sont pas capables de seulement comprendre, c'est un genre de battle plus fun, les gens dansent, suivent le battle ou passent juste une bonne soirée sans se soucier de la compétition. Il y en a pour tout le monde.

Au départ, les DJ's Hip Hop au sein de la scène turntabliste, les gars qui faisaient des battles dans les années 80 ou 90, c'étaient des DJ's scratcheurs et des gens à la technique formidable mais ils étaient tout autant capable d'animer une soirée avec des sets géniaux. Je pense aux Beat Junkies et à toutes les stars américaines dans le même genre. Ils participaient aux battles mais ils proposaient des mix de dingues en soirées ! Ils étaient des DJ's absolus. Ça a été comme ça jusqu'à la fin des années 90 mais au cours de la dernière décennie, on a vu des gars qui ne savaient que scratcher, même pas fichus d’enchaîner deux disques. Je crois que ça dévie franchement de ce qu'on devrait appeler un DJ. C'est important de savoir gérer une fête en jouant de la bonne musique dans laquelle les gens peuvent plonger. C'est ça le deejaying. Tu ne peux pas ignorer le fait que le deejaying c'est avant tout l'art de distraire le public. Aujourd'hui, le DJ doit se diversifier. Tu ne peux plus proposer des shows purement turntablistes dans les clubs, je ne pense pas que tu puisses survivre ainsi en tant que DJ contemporain, même si tu es au top niveau, champion du monde ou quoique ce soit. Tu dois pouvoir faire sérieusement bouger le public. C'est primordial d'aller vers la fusion de ces deux approches. Aujourd'hui plus que jamais.


Tales From The Crate - Y a-t-il une position que tu préfères malgré tout ?

DJ Perplex - J'adore la battle, mec ! Juste ... boum (rires) ! Il y a quelques années je t'aurais sans doute dit que c'est ce que je préférais mais aujourd'hui, j'aime la combinaison des deux. Tu peux vérifier dans mes mixtapes ou lors de mes dates en clubs : il y a toujours de gros éléments turntablistes qui surgissent soudainement, pour accompagner ou souligner le mix. C'est la fusion un peu sournoise d'un style club et du Turntablism. Je travaille de cette façon depuis longtemps maintenant. Tout ce que je fais dois être funky, les gens doivent pouvoir danser dessus.


Tales From The Crate - Depuis quelques mois tu travailles sur une série de mixtapes appelées Fatape. Il en sort un nouveau volume presque tous les mois, était-ce un challenge pour toi de te contraindre ainsi à sortir quelque chose une fois par mois ? Est-ce une question de visibilité en ligne, de nécessite à avoir une actualité aussi régulière que possible ?

DJ Perplex - Je ne joue pas les marathoniens avec ce projet (rires), l'idée est plus de me fixer un but, de me structurer et de travailler au moins un mix par mois. Mais oui, c'était un genre de défi de sortir ainsi une nouvelle mixtapes tous les mois, pour les congés scolaires, les jours de fêtes ou les célébrations internationales : la Saint Valentin, la fête de l'indépendance, l'anniversaire de la reine d'Angleterre - c'était quelque chose d'important ici, Halloween ... Il faut le prendre comme un showcase qui contiendrait tous les genres de musique que j'aime, beaucoup de vieux disques que j'écoute à la recherche de samples, des trucs Hip Hop et un mélange d'influences modernes. Ça a été un voyage intéressant pour moi. Tu sais, ce ne sont pas des mix live, enregistrés en une prise et c'est bon. Ces mixtapes me demandent beaucoup de travail : edits, multipistes, effets, ce genre de choses. C'est un bon processus dont on peut écouter le résultat sur le site de Fat Kids : www.iamfatterthanyou.com
J'en suis au numéro 33
(au moment de l'interview, le 34ème vient de sortir -ndlr), ça commence à devenir sérieux !

Tales From The Crate - Est-ce que le choix de ces jours de fêtes était un moyen de donner un sens supplémentaire à ton travail de DJ ? Certaines limites ou un cadre thématique avec lequel jouer ?

DJ Perplex - Je vois ce que tu veux dire mais ... non, pas vraiment. Évidemment, pour la mixtape de la Saint Patrick, j'ai utilisé pas mal de musique irlandaise (rires). Pour certaines, j'ai travaillé avec le thème. La tape du jour de l'indépendance américaine ne contenait que de la musique américaine, des trucs Trap et du scratch. J'essaye de jouer avec les thèmes mais ce n'est pas un priorité. Il s'agit plus de proposer un show avec mes différents goûts musicaux.  



Tales From The Crate - Comme tu l'as évoqué, la quasi totalité des morceaux que tu utilises sont édités, remontés. Qu'en est-il de la production originale ? Est-ce quelque chose que tu as déjà envisagé ? Quelque chose qui t'intéresse ? 

DJ Perplex - Oui, je travaille sur ma production propre depuis des années. Ce n'est pas quelque chose de facile pour moi. C'est de plus en plus dur de devenir producteur, le niveau est toujours plus haut et il me faut sans cesse améliorer la qualité de ma production, je me trouve dix fois moins bon que la plupart des gens. J'ai lentement développé mon propre style mais avant de proposer quoique ce soit de ce coté, je dois rester concentrer sur mes edits, remixs et autres. Je n'ai presque jamais sorti ce que j'ai fait jusqu'à aujourd'hui. Je travaille actuellement sur des gros trucs que j'aime bien et je pense que ça sortira sous un format tel que la beat tape, quelque chose dans ce goût-là. C'est le bon espace pour moi : pas vraiment un album, juste une compilation de beats ou de brouillons, de bonnes instus qui tapent bien, avec bien sûr de nombreux scratchs. J'ai aussi produit des beats pour des MC's australiens. En tant que DJ, je pense que la production est un peu l'ultime destination. Jouer la musique des autres te pousse forcément à vouloir réaliser la tienne.  

Tales From The Crate - Tout à l'heure tu parlais du site internet de Fat Kids, y a-t-il d'autres adresses où on peut te retrouver en ligne ?

DJ Perplex - Bien sûr, on me retrouve sur Soundcloud, c'est la bonne adresse pour écouter mes mixes ou mes beats. L'autre bon coin c'est comme tu l'as dit le site de Fat Kids. Après, Google est ton ami (rires) ! 

Tales From The Crate - Quelle est la suite pour toi ? Des dates ? Des battles ? Peut-être un peu de production ? 

DJ Perplex - Je ne crois pas que je participerai à nouveau à des compétitions dans l'immédiat. Je tiens à me focaliser sur ma musique. Il y a aussi des collaborations à venir avec d'autres artistes : des rappeurs ou des DJ's. Un des mes amis proches, DJ B2, vient tout juste de remporter le DMC en Australie cette année et je l'ai aidé à mettre son set en place, j'ai adoré ça. C'était comme si j'utilisais des choses que j'aurai voulu faire moi-même mais parce que je suis un peu retiré de la compétition, je les lui ai proposé. Et il a tout tué ! C'était super de l'aider à monter son set. Je ne participerai pas à un battle de sitôt mais je continuerai à travailler sur des routines, plus axées sur la musicalité, afin de continuer à creuser mon sillon, à approfondir ce que le DMC m'a appris et à pousser ma musique aux platines plus loin. Ce qui est sûr c'est qu'il y aura de la vidéo dans les mois qui viennent, gardez un œil sur cette perspective.





Tales From The Crate - Let's begin at the beginning : could you tell us how you started, when, why and maybe influenced by who ?

DJ Perplex - For sure man, I'm really good talking about myself, as most of the people are (laughs) ! I was deejaying since the late 90's but I started to be a turntablist DJ, I mean with a real turntablist set up, in 2001. Deejaying was really at a peak, a kind of super blow up, it was so big back then. This phenomena had a huge influence on me, I was pretty young at this time and really hungry to get into it, into the Hip Hop stuff especially. I was enjoying graffiti a lot until I switched up for deejaying because for a good turntablist DJ, it's about 24/7. It's a real passion from the beginning, really focused on the battling aspect, more than on the club mix or any other situation you could know as a DJ. I'm also very lucky that in the city I'm living in, Melbourne in Australia, we have a bunch of amazing DJ's, especially back then. You may have heard a few about DJ Dexter, he's from Melbourne and he was a big influence on the local scene. DJ J Red, Select, Ransom, all this kind of guys, were big influence on me. When you're a young guy, just getting into this game, you go to see them in clubs all the time, to listen them cutting and using real records. They're all part of the strong Hip Hop culture of the city I'm from and they were my influences when I was coming up and starting deejaying.

Tales From The Crate - My question should seem strange for you but it's something kind of hard to realize from this side of the world ; So is there a Hip Hop culture in Australia ? And what about it ?

DJPerplex - There is a very strong Hip Hop culture in Australia, now and back in the days. The back in the days aspect is really important because we had an old school Hip Hop scene here. Some countries have and some countries haven't but having an old school listenning built years after years forge a stronger culture for the present day. Back in the days, people used to breakdance, it was a big thing around 1984 - which is a way before my time : I'm born in 1983. Mid 80's were huge in Hip Hop in Australia, especially for breakdancing and graffiti culture. There were a lot of crazy DJ's who were doing like everything from the Hip Hop culture : rapping, making graffiti, deejaying and breakdancing. And I love this B-Boy spirit from the 80's. As I said, there were a couple of really strong guys like DJ Ransom, an amazing influence in Melbourne. He was like a king, a graffiti ruler, painting trains and involved in all kind of crazy business. He became a really strong Hip Hop club DJ. He's not the only one but there are too many to name.

Melbourne use to be the cultural hub of Australia in general. It's like the New York of Australia, I guess (laughs), for the atmosphere you take from there and the rich cultural history. We had to build on the top of that over the years and a lot of talented DJ's came out from here, when I was coming up, before Youtube and before the Internet. We only had tapes and we were listenning DJ's on a few radios and records. That's how we did. But beside that, to see in the flesh is another thing and seeing a lot of DJ's doing a lot of crazy stuffs live when I was a kid basically, it was huge for me and gave me this mad fire to step up and want to be the best behind the turntables myself.


Tales From The Crate - And came your first DJ championships ... pretty succesfully !

DJ Perplex - Yeah, the first DJ battle I entered was in 2004, after having my DJ set up for a few years. I waited to be good on turntables. To be champion straight away I had to be real good and the first battle I entered was the DMC. I won that so it gave me a lot of passion to keep battling to both DMC and ITF. In 2005 I won ITF's beat juggling and team category and DMC australian finals. So I represented my country in London to the DMC world championship in 2006, 2007 and 2008. I also did the IDA world battles in Poland in 2009. I did some other battles here and there, the Redbull Thr3e Styles more recently ... so yes, I got some of these magic titles (laughs) ! 

Tales From The Crate - I'm still pretty curious about the Redbull Thre3 Styles that I discovered two years ago because of you to be honnest. Could you explain it a little bit ? How it's working and what are the differences between this newbie and the classical championnships which are DMC and ITF ? I mean both for the competition and the feelings you can have as a DJ ...

DJ Perplex - The most major difference between traditionnal Hip Hop battles, DMC or whatever, and the Redbull Thre3 Styles is that the Thre3 Styles is a party battle. I guess that you can call every DJ competition a party battle but this one is really judged by how you rock the crowd in a party format. It's also longer than the other battles because you have got fifteen minutes to do a set. Basically you have to rock the party the best and it's very heavily judged on the crowd response. There are some other judging criterion as well, similar to DMC's : technical ability, stage presence, tracks selection ... but you really have to rock it ! You can't bet only on technicality and it's a really different dynamic. I have done it three times now, I won in 2010 and 2011. Thre3 Styles is quiet a different battle. You get a lot more diverse Dj's entering, it's not only about Hip Hop cast and the music is also very diverse. It's basically like a mash-up battle to know who's the king of the blend. You just flavour the set with a little bit scratching - even if most of the guys I saw there couldn't juggle or scratch - as if you took the DMC's approach and brough to the party battle wich is kind of my thing in general : fusing turntables skills with party rocking, keeping your audience engaged. So the Thr3e Styles was kind of my thing, especially doing the world finals in Vancouver last year, bringing heavy Hip Hop elements and mashing up some classic stuffs. I probably brought in too much scrathing stuffs for my own good (laughs) but I had to represent my men who are really scratching in that competition, doing tricks and representing for all the turntablists there.

It's a very new competition, about three or four years old now. The DMC is 25 years older and the Redbull battle is still defining itself, developing and finding its own identity. I think it will get better because we're still in the early days of it. But it will be very different of the traditionnal Hip Hop battles.



Tales From The Crate - In your opinion, does this kind of mix competition, a little bit more club oriented, bring a fresh wind through the world of turntablist battles ?

DJ Perplex - Yes, it's good to fuse both worlds like that. I already was kind of moving that direction anyway, you know : less on the supertechnical battle routines. I still do routines but make them more accessible for the crowd, some stuffs you can really dance to even if it's still cutted up or something. It's good to fuse that worlds - I mean hardcore scratch and club oriented stuffs - and maybe take it back a couple of steps. If you watch the footages from the last couple of years, you'll see that's some next level business, it's like scratching from the planet Mars. The Thre3 Styles is bringing back a couple of steps, making it more acceptable for the crowd. It's not about drilling people's head with crazy skills that they can't understand, it's a pretty funnier kind of battle, people can dance, check the battle or just have a good party. It's something for everybody.

Originally, Hip Hop DJ's in Turntablism, guys who were doing battles in the 80's and 90's were scratch DJ's and technical guys but they can also rock a party. I think to the Beat Junkies and all the american stars DJ's like this. They were battling but they were able to make crazy sets for parties. They were well-rounded DJ's. It was true until the late 90's but in the last decade, there were dudes who were only scratch DJ's and don't even mix records. I think it can distract a little bit from what you call a DJ. It's important to rock a party and play cool music that people can get into. That's what deejaying is about. You can't never leave that fact behind : deejaying is about entertaining people. Nowadays, a DJ have to diversify himself, really. He can't just go into a strictly turntablist showcase in a club, I don't think you can survive as a modern DJ this way, even if you're at the top level, world champion or anything. You've got to be able to rock a crowd strongly. It's really important to fuse these two ways. More today than ever.


Tales From The Crate - Is there a situation that you prefer between being in a club and battling for a competition or do you feel that every Dj should make both ?

DJ Perplex - I love to battle, man ! Just ... boom (laughs) ! I used to love battling most of all a few years ago but now, I like the combination of both. You can check me up, with club gigs or with my mixtapes : there are always heavy turntablist elements which are coming like sudden stuffs, just to underline the mix. It's a fusion of club style and Turntablism in a very sneaky way ! I'm working this way for a long time now. Everything I do have to be pretty funky, people have to move on dancefloors.


Tales From The Crate - For a few months you're working on a mixtape serie called Fatape. There is a new one almost every month, was it a challenge for you to force you to produce something once a month ? Is it something about being present online, having some news as often as possible ?

DJ Perplex - I'm not like a marathon man about that (laughs), it's more about fixing myself a goal and drop a new mixtape every month. But, yes I think it's was a kind of challenge this year to make a new mixtape every month, for public holidays or celebration days around the world : valentine's day, independance day, queen's birthday - it was something big here, Halloween ... It's a showcase with all kind of music that I listen to, a lot of older records that I listen looking for sampling, Hip Hop stuffs and a bunch of modern music. It's been a fine journey I did. You know, I don't just drop tapes like live mixes, one take and it's done. I put a lot of work in my mixtapes : edits, multitracks, crazy FX, things like that. It was a cool process. You can listen it on the Fat Kids website : www.iamfatterthanyou.com
It's the number 33 now
(at the time we did the interview, now the 34th is released -ed), it begins to be strong !

Tales From The Crate - Are you choosing some public days to bring an additional meaning in your DJ work ? Maybe some limits and a background to play with ?

DJ Perplex - I know what you mean but ... no, not so much. Obviously for the mixtape I did for St Patrick's day, I used a lot of irish jig music (laughs). For some I work a little bit with the themes. The Independance day tape was all about american music, with Trap stuffs and scratching. I try to thematise but not heavily. It's more like a showcase of all the different musical taste I have. 

Tales From The Crate - As you said almost every tracks you're playing are edited. What about original production ? Did you already think to produce your own tracks ? Is it something you're interested by ? 

DJ Perplex - Yes, I've been working on my own production for years now. It's not something I find easy. The game is getting harder and harder and I have to improve my production skills, everybody else is like ten times better than I feel like. I've slowly been developing an original style but before I feel dropping original music I have to keep focus on edits, remixes, this kind of things. I haven't put out most of the stuffs I made yet. I'm actually working on some strong stuffs that I like and I think I'll put it out on a format like a beat tape or beat album, something like that. It's a cool situation : not like a full album, just a kind of showcase with some beat sketches, cool beats that knocking around, of course with some cuts, some blend of scratch tracks. I also produced a few beats for some rapper here, in Australia. As a DJ, I think production is like the ultimate destination, really. To play other people music naturally drives you to want make your own.

Tales From The Crate - You talked earlier about the Fat Kids website, are there other links to catch you online ?

DJ Perplex - Yes, check me out on Soundcloud, it's a good place to listen my mixes or my beats. Another good spot as you said is the Fat Kids website and ... just google me bitches (laughs) ! 

Tales From The Crate - What's next ? Some gigs ? Some battles ? Maybe some releases ?

DJ Perplex
- I don't think I'll do anymore competition in the forthcoming future. I really want to focus on doing my original music. There are also some collaborations with others artists coming : rappers or DJ's. A good friend of mine, DJ B2, just won the DMC this year in Australia and I helped him to work on his set, that was cool. It was like I used some stuffs I would like to do but because I'm kind of retired from battling, so I left it to him. And he killed it ! It was really fine helping him to make his set together.
I don't think I'll do any battling any time soon. I'll do some more routines but more focused on musicality, to continue down this path, to study with my DMC stuffs and push my turntablist music forward. I'll definitely put out some video in the next couple of months, just look out for that.


Thanks to DJ Perplex for his time, smile and skillz.

Interview by Reverend D, by phone, September 13th 2012.