mercredi 10 avril 2013

#157 - Funk On Wax & Cut Chemist

Fort d'un week-end passé à envoyer du gros Funk jusqu'aux petites heures du jour dans l'un des hauts lieux de la nuit bruxelloise aux cotés de notre camarade de jeu (et néanmoins gradé) Colonel Sweetback, le Tales From The Crate de cette semaine s'ouvrait sous l'influence des envies d'encore que nous avait laissé tout ça ... c'était donc funky funky style dans les sous-sols en première partie avec un set aussi jouissif que sa source est mal définie : "Funkastic mix vol.01", un nom un peu cliché pour une mixtape où personne ne semble manquer à l'appel, de James à Lyn et de Sharon à Marvin en passant par pas mal de petits nouveaux sur le marché du groove auquel on ne résiste pas. Tout ceci est vraisemblablement à attribuer à un certain Funk On Wax ... dont on n'a toujours pas compris s'il s'agissait d'un DJ ou d'une quelconque structure (si vous avez des infos).
Pour la suite, nous changions de décennie mais pas d'état d'esprit avec un excellent DJ set du magistral Cut Chemist, "Hip Hop lives (1985-1996)", performance live offerte à l'occasion d'une soirée Afex, organisateur parmi les plus réputés de la côte Ouest des États-Unis.



After having spent our week-end to drop Funk bombs alongside our friend Colonel Sweetback in a pretty well known night place in Brussels, we opened Tales From The Crate this week with a taste of a wishful come-back ... so let's get funky funky style to begin with a crazy Funk mix called "Funkastic mix vol.01". No one is missing and you'll meet there James, Lyn, Sharon, Frank, Marvin and some others legends but also many really cool newbies. This meeting seems to be organised by Funk On Wax but we still ignore if this is a DJ, a label or something (if you have any information, we're interested).
Then, we changed the decade but not the groovy style when we played a pretty cool DJ set by the legendary Cut Chemist, "Hip Hop lives (1985-1996)" played live for an Apex party, one of the best Hip Hop parties in the west coast of the United States.

mercredi 3 avril 2013

#156 - Acrylik, DJ Turbulence & DJ P

Depuis la nuit des temps du marketing vestimentaire, le bon moyen d'en économiser (du moyen) est de coller vos frusques sur le dos d'un pékin plus ou moins populaire pour vous associer à ses valeurs et donc, faire paraître vos textiles complètement sains, bios, voire contre la guerre et bons pour la santé. Ça marche toujours très fort avec le sportif ; faut dire qu'il est honnête le gars, pas le genre à gruger ni à vous refourguer de la sape made in China sous prétexte qu'on lui a collé un chèque à cinq zéros sous le nez.
Beaucoup plus récemment, le statut (relativement nouveau) du DJ star a fait du pousseur de galettes une cible privilégiée des marketeux. Le hic, c'est que s'offrir papa Guetta équivaut à allonger le PIB des deux Corée, et qu'avec tous ses détracteurs, on n'est même pas sûr de son retour sur investissement. Du coup des gros malins se sont intéressés à la culture de la Street - ouaich - et sont naturellement tombés sur un animal étrange qui acceptait d'être payé en tee-shirts : le DJ turntalist.
C'est le cas de Dephect ou de Redbull par exemple qui se sont historiquement acoquinés avec le milieu Hip Hop indépendant (entre autres), en n'offrant d'ailleurs que leur produit en échange de visibilité (un sacré bon calcul, réfléchissez). Cette semaine dans Tales From The Crate, on s'intéressait à un nouveau sur le marché du DJ Street Wear : Acrylik.
Le truc de ces californiens, c'est le turntablist pur et dur avec l'organisation de concerts, de battles et même d'une session scratch une fois l'an histoire de définitivement s'acheter une crédibilité. Normal donc que leur site web propose de la mixtape, et c'est là que ça devient intéressant parce que pas mal de bonnes choses se dissimulent dans le tas, et pas seulement des inconnus (on y croise tout de même J.Rocc, Spinna ou DJ Revolution). Dans les sous-sols, notre choix s’arrêtait sur le californien DJ Turbulence qui offrait avec son "Lissen Up" une rétrospective menée à bon rythme et bourrée ras la gueule de classiques Hip Hop.
La suite c'est le français DJ P qui nous l'offrait avec la deuxième partie de sa mixtape "You Must Learn", la bien nommé "Face B". On trouve d'ailleurs sur le soundcloud du garçon un mix démo pour un contest organisé par une marque de fringues américaine : Acrylik ! La boucle est bouclée, on est vraiment trop fort ...



You're a marketing guy who want to save his money ? The easiest way is to put your product on someone who's going to wear it everywhere, a kind of living advertisement. Choose a popular sport player for example, and your bullshit (clothes, drink, travel, anything) will become healthy and will work for worldwide peace. Nothing but magic.
For a few years, the brand new successful status of Star DJ's brought a new target in town. The only problem is that having daddy Guetta needs to spend twice the korean GPD. Not a very good deal. That's why a few brands looked to the Street Culture and found a crazy animal that nobody even expected : turntablist DJ. Dephect and Redbull were some kind of pioneers this way, associating themselves with the obviously incoruptible Hip Hop Culture. But some newbies still enter the game and this week, here was a new challenger : Acrylik.
The credo of this californian street wear brand is turntablism, real one, with lives, battles, even a yearly scratch session for the street credibility. So obviously, the website is full of mixtapes, and that's why all this marketing shit began to be interesting ! We found a lot of good stuffs there with works by J.Rocc, Spinna or DJ Revolution. In Tales From The Crate, we stopped to DJ Turbulence's "Lissen Up", a good classic mix, fast, well played and full of Hip Hop hits.
Our next destination this week was France to listen (at last) DJ P's "You Must Learn" second part, called "Face B". By the way, the french DJ participated to a contest by an american clothes company called ... Acrylik ! You can find the mix on his soundcloud.

mardi 26 mars 2013

#155 - DJ Woody, Chubby Grooves & Chopped Herring Records

Un Tales From The Crate tout comme on aime cette semaine avec une plongée dans l'histoire (et le catalogue) de Chopped Herring Records à l'occasion de la sortie du mix de DJ Woody "Fly Fishing", tout entier consacré à la structure de Manchester.
Nous revenions ainsi sur les faits d'armes de Chubby Grooves alias Pro-Celebrity Golf, DJ mancunien, véritable célébrité locale et fondateur du label anglais ; Un trop bref historique avec en point d'orgue le génial "Three Sinister Syllabes", DJ set à quatre mains réalisé aux cotés de Jay Glaze dans la plus pure tradition du Cut-Up ...



What a lovely Tales From The Crate this week ! We dived into the history (and the library) of Chopped Heering Records in connection with the release of DJ Woody's mix called "Fly Fishing" and all composed with tracks from this british label.
It was also time to speak about Chubby Grooves aka Pro-Celebrity Golf, DJ from Manchester, local Hip Hop celebrity and founder of Chopped Herring ; A too short history and a DJ Set to conclude the show, "Three Sinister Syllabes" by Chubby Grooves and Jay Glaze, amazing Cut-Up mix that we just had to share with you ...

jeudi 21 mars 2013

#154 - DJ Duke & DJ Daredevil

Vous auriez tort de croire qu'il est forcément nécessaire de cavaler outre-Atlantique pour satisfaire vos besoin de mixtapes Hip Hop US tendance productions sombres et Rap velu ; Le vieux continent s'en sort très bien aussi !! Nouvelle démonstration cette semaine dans Tales From The Crate avec le dernier set de DJ Duke, soutient platines historique du groupe Assassin et manipulateur de microsillons plus que productif à en juger par sa page Bandcamp. "Winterz Hell" - c'est le nom de la bête - est sortie mi-Février en free download et colle 22 cartouches made in USA dans les gencives des amateurs de flots énervés ... dont nous sommes évidemment !
Histoire d'enfoncer le clou, nous partions ensuite à la découverte de DJ Daredevil, londonien s'étant brièvement illustré en championnat début 2000 qui nous offrait ici avec ses "The Classix vol.01 et 02" un aperçu hautement groove de son catalogue d'influences persos ...

Some people uses to believe that you have to across the ocean to find serious US Hip Hop mixtapes, with fat production and heavy lyrics. That's a wrong answer and our old Europe is pretty fully loaded with real Hip Hop DJ's. Our new proof is the last tape by DJ Duke, DJ for french Hip Hop group called Assassin and a pretty busy guy considering his Bandcamp profil. Released on February (it's a free download fellas), "Winterz Hell" - that's the name - is a 22 tracks bomb that you have to check if you like strong flow made in USA.
Then we gone to London to focus on DJ Daredevil, a british DJ and producer that we seen a little bit on ITF and DMC championships around 2001, alone or with his team. Here was about his two "The Classix" mixes, personnal testimony of his own classic influences ...

mercredi 13 mars 2013

#153 - DJ Lu Chisz & DJ Panic (from the Bomb Collectors) and DJ Renegade

Cette semaine, Tales From The Crate faisait le plein de cartouches BBoy Funk grâce à DJ Lu-Chisz et DJ Panic du collectif néerlandais Bomb Collectors et leur mixtape à quatre mains, "Hearing is Believing" parue en Mai 2012. La suite on la devait à DJ Renegade, l’excellent anglais, lui-même ancien danseur (dont vous pouvez retrouvez une interview datant du Battle Of The Year International 2011 ICI) et grand adepte d'un groove tout spécialement orienté vers le Lockin' et autre Poppin', les danses debout qui ont la classe quoi ...



A fully loaded BBoy show this week !! First with two pretty cool neighbours from Nederlands : DJ Lu-Chisz and DJ Panic - from the Bomb Collectors crew - with their "Hearing is Believing" Mixtape released in May 2012 ; Next with the excellent DJ Renegade from UK, who was a dancer in the early 80's (you could check his interview from the International Battle Of The Year 2011 HERE) and is now one of the worldwide DJ's playing for Lockin' and Poppin' lovers ...

lundi 4 mars 2013

#152 - Mr. Brown, Kingundergroung & Unlog

Histoire de saluer (et de découvrir) comme il se doit la sortie du nouvel EP instrumental de Mr. Brown - "The Hub Wish" - on filait outre Manche prendre des nouvelles du très recommandable label anglais King Underground à qui l'on doit la dite plaque. Concrètement, on s'offrait deux podcasts par deux artistes de l'écurie britannique : Mr. Brown tout d'abord, Simiah ensuite, tous deux datant de l'année passée.
Après ces émotions Hip Hop tout en nuances de Jazz, on s'intéressait à la dernière (free) release du wablabel Unlog, "A Tribute to Ravi Shankar", douze titres à la gloire (électronique) du plus célèbre joueur de sitar que le monde de la Pop ait connu ...


This week, we wanted to salute (and let you discover) the last instrumental EP by Mr. Brown - "The Hub Wish" - so we crossed the Channel to get some news from the really good label King Underground with two podcast : Mr. Brown first, Simiah then, both from 2012 and the partnership between them and Dephect (a clothing brand).
After these so Jazzy Hip Hop emotions, we spoke about the last (free) release by the weblabel Unlog, "A Tribute to Ravi Shakar", twelve (electronic) titles in glory to the most famous sitar player that the world of Pop Culture ever knew ...

mercredi 27 février 2013

#151 - Golden Era Records & DJ Jaytee

Cette semaine, direction les antipodes puisque c'est en terre australienne qu'on allait vous chercher de quoi se nourrir les esgourdes, en l’occurrence le Hip Hop du label Golden Era Records, chapelle australienne consacrée à la défense de son exception culturelle dans le domaine du lyric anglophone et à l'excellent catalogue, que l'on parle MC's ou producteurs. On s'intéressait particulièrement à la dernière mixtape de ces jeunes gens, la "Golden Era Records Mixtape 2013" qui comme son nom l'indique joue les teasers des sorties à venir ou des artistes fraîchement signés (dont l'excellent K21). En charge de cette grosse heure de musique (dont nous n'avions hélas pas le temps de nous régaler en entier) on trouvait un certain DJ Jaytee sur lequel nous nous penchions en seconde partie d'émission, avec la diffusion de la très bonne "Yes I Used a Computer mixtape vol.01" parue en 2010.


This week we headed for Australia where we found our musical food, and it will be about the Hip Hop from Golden Era Records, australian label working for a few pretty promising newbies, no matter if they're MC's or producers. We were listenning the last (and free) mixtape from there : "Golden Era Records Mixtape 2013", a kind of teaser for upcoming releases or artists (check out the excellent K21). Behind the decks for this set (that we didn't have time enough to listen fully and for free on the Golden Era website), there was DJ Jaytee that we were curious about. And this guy is good ! Demonstration with his "Yes I Used a Computer vol.01" released in 2010.

lundi 18 février 2013

#150 - A certain kind of anniversary : DJ Melo-D & Rob Swift

Tales From The Crate 150ème du nom !! 300 heures de programmes, les interviews de DJ's parmi les meilleurs du monde, des mixtapes de légende et des exclusivités plus souvent qu'à notre tour ... cette semaine aurait donc dû être celle des l'auto-satisfaction et des tapes dans le dos. Mais ce n'est pas le genre de la maison ! Nous préférions donc insister sur le symbole numéraire à grands renforts de chefs d’œuvre turntablistes : d'abord les "Classic Sounds" de DJ Melo-D (original world famous Beat Junkies) et le génial "War Games", septième album du maître X-Ecutioners en personne, Rob Swift ... après cela serez-vous prêts pour nous suivre jusqu'à la 200ème émission ?



150th Tales From The Crate !! 300 hours of broadcasting, interviews of some of the best DJ's around the world, exclusive or classic mixtapes, report from international events ... it should be time for self congrats in the undergroud this week I guess. But it's not our kind ! We prefered to enjoy it with two tablist masterpieces, bringing you the "Classic Sounds" by DJ Melo-D (original world famous Beat Junkies) and the legendary Rob Swift's "War Games", the amazing seventh album by the master X-Ecutioners ... are you ready to go to the 200th show !?

mercredi 13 février 2013

Speech Debelle's interview

De passage à Bruxelles pour défendre son album "Freedom of Speech" (2012, Big Dada) sur la scène du Botanique, Speech Debelle nous accordait quelques minutes le temps d'une pause tabagisme à vocation digestive. Rencontre avec une MC qui en a ... (du talent. Vous pensiez à autre chose ?)


(see below for english version)

Tales From The Crate - Tu as commencé à écrire à l'âge de neuf ans et tu rappais à treize. Comment expliques-tu cette vocation précoce ?

SpeechDebelle
- Je ne sais pas vraiment ... c'est jute venu naturellement, ça avait du sens pour moi. Mais c'est vrai que c'est inhabituel. Il y a un souvenir qui m'a marqué, cela date de l'école primaire : l'institutrice nous avait demandé d'inventer une histoire à propos de Noël. Je l'ai écrite comme un poème et j'ai tout de suite su qu'il y avait un problème avec ça parce que quand la professeure l'a vu, elle m'a regardé comme si ... j'étais une chose bizarre ! Je me souviens de ses yeux. Ce que j'avais fait ne figurait clairement pas dans les livres scolaires (rires). J'ai remarqué sa réaction j'ai pensé que j'avais vraiment fait quelque chose de spécial. Je ne savais pas exactement quoi mais j'avais fait quelque chose de spécial.

TFTC - Personne ne sait vraiment ce qu'il s'est passé pendant les quatre ou cinq ans qui ont précédé la sortie de ton premier album sinon que tu as quitté le domicile familial à dix-neuf ans ... est-ce à cette période que tu es devenue l'artiste que l'on connaît aujourd'hui ?

Speech Debelle
- Non, ce n'était pas une période pour devenir quoique ce soit. J'ai passé ces années à fumer, boire et à ne rien faire, il n'y a rien de remarquable à signaler à cette période. J'ai vraiment passé ces années à ne rien faire et ce serait une erreur de faire croire que c'est ce qui m'a construit en tant qu'artiste parce que peu de choses m'ont été bénéfiques dans la vie et que traîner pendant quatre ans n'aidera jamais personne. C'est une peu comme quand des gens sortent de prison en disant qu'ils y ont obtenu un diplôme, tu leur réponds : hey, tu étais en prison, tu vois ce que je veux dire (rires) !? Ce n'est pas quelque chose dont j'aime parler de toute façon.
 


TFTC - Crois-tu qu'il y ait un lien entre la précocité de ton talent et le fait que tu aies ressenti le besoin de souffler pendant ces quelques années ? Étais-tu finalement trop jeune pour faire des trucs d'adulte ?

Speech Debelle
- Oui, peut-être. Mais commencer si jeune avait du sens pour moi, j'étais sûr qu'écrire était mon rôle en tant qu'être humain, en tant que Corynne Elliot (son vrai nom -ndlr). Mais ça s'est peut-être manifesté un peu trop tôt.

TFTC
- Ta musique est empreinte de mélancolie, à la fois dans les instrumentaux et dans tes textes, d'où cela vient-il d'après toi ?

Speech Debelle
- Je crois qu'il y a toujours une chanson ou une période particulière de la vie d'un artiste où il se sent connecté avec la musique, créant un lien original qui l'aide à avancer dans son art. Pour moi ce sont les chansons "Human Nature" de Michael Jackson et "Slippin" de DMX. Ces morceaux sont pleins de batteries, de violons et de guitares. Ce sont trois éléments musicaux sur lesquels je ressens le besoin d'écrire. Ces chansons m'ont profondément touché et je pense qu'elles influencent toujours ma façon de travailler. La musique est un échappatoire et j'aime créer des morceaux dans lesquels je peux m'évader. Mais je crois savoir ce que tu as en tête et je dois donc préciser qu'il ne s'agit que d'un choix musical.

TFTC
- Ton premier album, sorti en 2009, n'a pas rencontré le succès qu'il méritait et tu n'as alors pas été tendre avec ton label, Big Dada (label Hip Hop lié à Ninja Tune -ndlr). Pourtant tu es de retour sur Big Dada avec ton second long format, peux-tu expliquer pourquoi ?
Speech Debelle - Les gens n'ont pas interprété correctement ce qu'il s'est passé entre le label et moi autour du premier album. Ce que l'on appelle « succès » dans notre société est biaisé. Ça n'a rien à voir avec le fait d'être riche. Le succès c'est être heureux. Voilà ma conception. J'ai été très heureuse lorsque mon album est sorti, je le suis toujours et pour moi, presque quatre ans de bonheur c'est un sacré succès (rires) ! Je gagne plus d'argent que si j'avais un emploi régulier, même si on peut toujours en gagner plus, et je réalise à présent qu'à mes yeux l'argent n'est pas synonyme de succès dans le sens où plus tu en as, plus tu en veux. Suis cette voix et tu ne seras jamais en accord avec toi-même.

TFTC
- Je peux comprendre cela mais tu as vraiment eu des mots très durs à l'égard de Big Dada à propos de leur gestion du premier album. Des excuses ont-elles été nécessaires pour continuer à travailler ensemble ?

Speech Debelle
- Non, non, non, je ne suis pas du genre à m'excuser, je n'ai jamais été douée pour ça honnêtement (rires). Quoiqu'il en soit, il ne s'agit que d'une relation professionnelle, la seule différence entre eux et moi étant que je suis mon propre business. Et quand tu travailles avec des gens du métier, tu dois parler aussi fort qu'eux, tu dois être aussi déterminé qu'eux, et j'ai constaté que ça pouvait être très difficile parce que tu es seul face à toute une équipe. Et d'un autre coté, c'est beaucoup plus facile pour eux de te faire passer pour la méchante de l'histoire. Si je veux être entendue, il faut parfois être dure. Il n'y a que comme ça que je pourrai créer quelque chose.



TFTC - Je profite que tu sois londonienne pour te demander ton avis sur l'explosion de l'énorme génération montante de MC's britanniques aussi à l'aise sur le Dubstep, le Grime, le Hip Hop ... Est-ce un phénomène que tu surveilles ?

Speech Debelle
- Je crois que c'est une période bénéfique pour la musique noire en Angleterre. Ce n'est pas spécialement nouveau puisqu'il y a toujours eu des artistes noirs qui connaissaient le succès mais la grosse différence à présent c'est qu'il ne s'agit plus de nous faire passer un à la fois, c'est tout une vague qui monte ! Je pense que c'est la première fois dans l'histoire musicale anglaise qu'on assiste au succès simultané de plusieurs artistes noirs. C'est à croire que jusque là, il y avaient des types qui attendaient qu'un chanteur black disparaisse pour en faire monter un autre (rires) ! Il faut savoir que la culture noire a une grande influence au Royaume-Uni et en même temps on voit émerger une nouvelle culture actuellement, mélangeant les influences des blancs, des noirs etc. C'est en train de changer notre façon de créer. Quand j'observe ça, je me dis que c'est mon devoir de faire en sorte que de plus en plus de gens puissent s'infiltrer dans cette brèche. C'est peut-être la meilleure période qu'ait connu la musique noire en Angleterre.

TFTC
- ... est-ce vrai aussi pour des jeunes MC's comme Kozzie qui sont presque exclusivement préoccupés par les fêtes et l'exercice de l'ego trip (et bien que ce soit un excellent rappeur) ?

Speech Debelle - Ça a toujours été comme ça ! Les rappeurs ont toujours joué la carte du Je suis meilleur que toi ... Pense à LL Cool J ou au Wu Tang Clan. Le Wu Tang faisait des chansons pour montrer qu'ils étaient plus intelligents que les autres et c'est en suivant cette voix que RZA a écrit à propos de spiritualité, de dimensions parallèles et de tout un tas d'autres trucs que personne n'avait entendu jusque là. Et pourtant, au départ, l'intention est juste d'asseoir ta prétendue supériorité ! Il n'y a rien de mal à cela.
Même si ce n'est pas mon approche du Rap, c'est quelque chose que j'apprécie.

TFTC - Pour finir, que puis-je te souhaiter pour la suite ?

Speech Debelle - Plus de bonheur ! C'est le plus important et c'est ce que je suis en train d'apprendre. J'ai presque 30 ans à présent, les choses sont en train de changer pour moi. Je rentre dans un nouveau cycle de ma vie et je souhaite juste en profiter au maximum !


Tales From The Crate - You were nine years old when you start to write, and thirteen when you start to rap. How do you explain this very early vocation with words ?

Speech Debelle - I don't really know ... it was just something that just came naturally, something that was meant for me.Yes, it was unusual. I remember something in primary school : the teacher gave us a story to write about Christmas. I wrote it as a poem and I knew something was wrong because when the teacher saw it, she looked at me like ... what the hell are you !? I remember her eyes. What I did was definitely not in her teacher's handbook (laughs). I were noticing her reaction and I remember that I thought to myself : I've done something here, I'm not sure what it is but I've done something.

TFTC
- Nobody really knows what happened during the four or five years before your first album release except that you has quit your family place at nineteen ... was it the time for you to become the artist you're today ?

Speech Debelle
- No, it wasn't really time of anything. It was a time for smoking, drinking and not doing anything, it was nothing memorable during these years neither really much to talk about. I had a couple of years of not doing anything and it would be wrong of me to say that is what made me an artist because there is only a few things that happened in my life that benefited me and I don't think running around for four years really helps anyone. You know, when people go to jail, they're always explain they got a certificate or something there ... yeah, but you were in jail, you know what I mean (laughs) !? It's not something I really like to speak about anyway.


TFTC
- Do you think there is a link between your early vocation and this time when you seemed to need to take a breath ? Were you too young to make adult's stuffs ?

Speech Debelle
- Yes, maybe. But I started so young because it was meant for me, I just knew to write was my job as a human being, as Corynne Elliot (her real name -ed). But it maybe came too early.

TFTC
- Your music is full of melancholia, I mean both in the sound and the lyrics, where does it come from ?

Speech Debelle - I think that every kind of artist has a link to music which means there was a particular song or a particular time in his life where he was connected to it and that's why they always go to. For me, it was a song by Michael Jackson called "Human Nature" and another one by DMX called "Slippin". These songs are all about drums and strings and guitars. These are the three musical elements that I must draw on to. These songs affected me the most and I think it still influences my way to create. Music is escapism and I like create music that I can espace to. But I know what's in your mind and I have to say it's nothing but a musical choice.

TFTC
- Your first album, released in 2009, didn't meet the success it deserved and you weren't kind with your label, Big Dada (A Hip Hop label linked to Ninja Tune -ed). Now, you're back on Big Dada for the second one, could you explain why ?

Speech Debelle - No, that's a misconception. I think what we call success in our society is fuzzy. Success isn't being rich. Success is being happy. That's my opinion. When my album came out, I was happy, I'm still happy now and nearly four years being happy is a success to me (laughs) ! I have more money than if I have a day job, even if you can always have more, and I realize now that money doesn't mean success to me because the more money you have, the more money you need. Follow this way and you won't ever be cool with yourself.

TFTC
- I can understand that but you really had words with Big Dada over the management of your first album. Did you apologize or something ?

Speech Debelle
- No, no, no, I'm not really into apologize to be honnest, I'm not really good for that (laughs). Anyway, it's all about a business relationship, the only difference between I and them is that I am my business. And when you have to deal with business guys, you have to speak as loud as them, you have to be as determined as they are, and I saw it's more difficult for you because you're just one person in front of a team. And in the other hand it's easier for them to pose you as a bitch. If I want to be heard, I have to be hard. And I have to be because I'm building something.

TFTC
- You come from London so what do you think about this upcoming massive british new generation of MC's rapping on any kind of sound : Dubstep, Grime, Hip Hop ... Is it something you're keeping an eye on ?

Speech Debelle
- I think right now is a good time for black music in England. It's not something really new, there always were good black artists in charts or something but the main difference is that it's not one at a time anymore, it's a wave ! I think that's the first time in british music that there is more than one black success at a time. I mean until now it seemed like there was some guy waiting for one artist to leave to remplace him with another black (laughs) ! You know, black culture is so influential in the UK that it's creating a brand new mixed culture which is rising there, changing our way to create. I'm part of that and it's my job to make easier for more people to come through. It's probably the best time ever for black music in England.

TFTC
- ... including young guys like Kozzie which is exclusively about partying and ego trippin' ?

Speech Debelle
- That's always been ! Rappers have always been about I'm better than you ... Look at LL Cool J or Wu Tang Clan. Wu Tang made songs about saying I'm more intelligent than you. Following this way RZA did verses about spirituality, others dimensions and many stuffs that nobody heard before in Hip Hop. And yet, it was only about I'm superior ! I don't see anything wrong with that.
Even if I don't really rap like that, it's something I appreciate.


TFTC
- What can I wish you for next months ?

Speech Debelle
- You can wish me more happiness. It's the most important, that's what I come to learn. I'm almost 30 now, things are changing for me. I'm in a new row in my life and I just want being happy the most !



"Speech Therapy" and "Freedom of Speech" are both available on Big Dada.


Thanks to Speech Debelle for her smile, time and talent.

Interview by Reverend D, Junuary 31st 2013.

lundi 11 février 2013

#149 - 100% DJ Sonar

Un Tales From The Crate en mode Hip Hop canal historique cette semaine puisque notre invité n'était autre que DJ Sonar, sommité du deejaying made in Belgium depuis bientôt 25 ans !! C'était ainsi l'occasion de revenir sur sa vie, son œuvre (dont son projet "Escalators"), ses envies mais aussi sur ses - gros - coups de gueule lors d'une interview qui prend son temps, comme on sait les proposer dans nos sous-sols ...




A Tales From The Crate about belgian history this week with a pretty special guest : DJ Sonar, one of the leading light of Hip Hop deejaying in Belgium for almost 25 years !! It was time to speak about his life, his work, his "Escalators" serie, his projects and his rants in a pretty cool interview from the underground ...